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Coup de craie
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MathématiquesPremièreFiche de révision
Dérivation
Méthode
Rappel : la pente d'une droite, et celle d'une sécante
La pente (ou coefficient directeur) d'une droite indique de combien y augmente quand x avance de 1. Pour une droite passant par deux points A et B : 1. On repère les abscisses des deux points. 2. On calcule leurs ordonnées (avec f si les points sont sur la courbe). 3. On divise la différence des ordonnées par la différence des abscisses, dans le même ordre. Avec f(x)=x2 et les points d'abscisses 1 et 3 : f(1)=1 et f(3)=9. La sécante (la droite qui coupe la courbe en ces deux points) a pour pente 3−19−1=28=4. Ce quotient s'appelle le taux d'accroissement de f entre 1 et 3 ; on dit aussi taux de variation : c'est le même nombre. La carte « Taux d'accroissement et sécantes », un peu plus loin, l'écrit avec a=1 et h=2, car le second point a pour abscisse a+h=3. Sur la copie : la sécante passant par les points d'abscisses 1 et 3 a pour coefficient directeur 4.
m=xB−xAyB−yA
Vocabulaire
Lire à voix haute les notations du chapitre
Attention : f(a+h) n'est pasf(a)+h. Avec f(x)=x2, a=3 et h=1 : f(3+1)=f(4)=16, alors que f(3)+1=10. De même, xn+1 n'est pas xn+1. Pour la valeur absolue : si h>0, ∣h∣=h et h∣h∣=1 ; si h<0, ∣h∣=−h (par exemple ∣−0,1∣=0,1) et h∣h∣=−1.
Notation
On dit
Ce que cela veut dire
Cf
« C f »
la courbe de f
f(a+h)
« f de a plus h »
l'image du nombre a+h
f′(a)
« f prime de a »
le nombre dérivé de f en a
limh→0
« limite quand h tend vers 0 »
la valeur dont on se rapproche quand h devient de plus en plus proche de 0, sans jamais être égal à 0
ΔxΔy
« delta y sur delta x »
un taux de variation
∣x∣
« valeur absolue de x »
x sans son signe : ∣−3∣=∣3∣=3
xn+1
« x indice n plus 1 »
le nombre qui suit xn dans la liste
Vocabulaire
Taux d'accroissement et sécantes
Pour h=0, le taux d'accroissement de f entre a et a+h est la pente de la sécante qui joint les points de Cf d'abscisses a et a+h. Quand h se rapproche de 0, le second point glisse vers le premier et les sécantes se rapprochent d'une position limite : la tangente au point d'abscisse a. Le même taux s'écrit aussi avec deux abscisses a et x : les deux écritures donnent le même nombre dérivé.
Exemple
Voir les sécantes devenir la tangente : le carré en 1
On prend f(x)=x2 et a=1, et on calcule le taux d'accroissement hf(1+h)−f(1) pour des h de plus en plus proches de 0. Par exemple, pour h=0,1 : f(1,1)=1,21, donc le taux vaut 0,11,21−1=0,10,21=2,1.
h
2
1
0,1
0,01
−0,1
f(1+h)
9
4
1,21
1,0201
0,81
taux
4
3
2,1
2,01
1,9
La colonne h=2 est la sécante de pente 4 de la carte « Rappel : la pente d'une droite, et celle d'une sécante ». Plus h est proche de 0 (qu'il soit positif ou négatif), plus le taux est proche de 2 : les sécantes se rapprochent de la tangente au point d'abscisse 1, dont la pente vaut 2. Ce nombre s'appellera le nombre dérivéf′(1). En Python, la liste des pentes des sécantes pour des pas de plus en plus petits :
def f(x):
return x**2
for h in [1, 0.1, 0.01, 0.001]:
print(h, round((f(1 + h) - f(1)) / h, 6))
Définition
Nombre dérivé
Lorsque le taux d'accroissement de f entre a et a+h admet une limite finie quand h→0, on dit que f est dérivable en a, et cette limite est le nombre dérivéf′(a) ; c'est le coefficient directeur de la tangente à Cf au point d'abscisse a.
Méthode
Lire un nombre dérivé sur un graphique, tracer une tangente
Le nombre dérivé f′(a) est la pente de la tangente au point d'abscisse a : on le lit sur la tangente, pas sur la courbe. 1. On repère deux points de la tangente dont les coordonnées se lisent bien (sur les nœuds du quadrillage). 2. On calcule ΔxΔy entre ces deux points (voir « Rappel : la pente d'une droite, et celle d'une sécante »). Si la tangente est horizontale, f′(a)=0. Exemple : la tangente au point A(1;2) passe aussi par B(3;6), donc f′(1)=3−16−2=24=2. Pour tracer la tangente au point C(2;5) sachant que f′(2)=−3 : depuis C, on avance de 1 vers la droite et on descend de 3, ce qui donne le point (3;2) ; on trace la droite qui passe par ces deux points. Sur la copie : « Par lecture graphique, la tangente passe par A(1;2) et B(3;6), donc f′(1)=2. »
Méthode
Calculer un nombre dérivé avec le taux
On veut f′(a) à partir de la définition, sans utiliser les formules de dérivation. 1. On calcule f(a+h) et on développe. 2. On retranche f(a) : les termes constants disparaissent. 3. On factorise par h, puis on simplifie le quotient par h. 4. On regarde ce qui reste quand h tend vers 0. Avec f(x)=x2 et a=3 : f(3+h)−f(3)=(9+6h+h2)−9=6h+h2, donc hf(3+h)−f(3)=hh(6+h)=6+h. On écrit sur la copie : ce taux tend vers 6 quand h tend vers 0, donc f est dérivable en 3 et f′(3)=6.
Exemple
Nombre dérivé de la fonction inverse en 2, par le taux
On cherche f′(2) pour f(x)=x1, avec la carte « Calculer un nombre dérivé avec le taux ». Remplacer h par 0 tout de suite donnerait 00, qui ne veut rien dire : on simplifie d'abord. 1. On écrit la différence : f(2+h)−f(2)=2+h1−21. 2. On réduit au même dénominateur2(2+h) : 2(2+h)2−2(2+h)2+h=2(2+h)2−2−h=2(2+h)−h. 3. Diviser par h, c'est multiplier par h1 : 2(2+h)−h×h1=2(2+h)−1. 4. Quand h tend vers 0, le dénominateur 2(2+h) tend vers 2×2=4. Sur la copie : le taux tend vers −41, donc f est dérivable en 2 et f′(2)=−41. On retrouvera ce résultat en une ligne avec la formule de dérivation de la fonction inverse.
Piège
Dérivable, ce n'est pas automatique
Une fonction peut être définie en a sans y être dérivable : il faut en plus que le taux d'accroissement admette une limite finie. Pour f(x)=∣x∣ en 0, ce taux vaut h∣h∣, c'est-à-dire 1 quand h>0 et −1 quand h<0 : il n'a pas de limite, et la courbe présente un point anguleux, avec deux demi-tangentes de pentes 1 et −1. La fonction racine carrée est définie en 0 mais n'y est pas dérivable non plus : sa tangente y est verticale, et la formule (x)′=2x1 ne vaut que sur ]0;+∞[.
Exemple
Pourquoi la racine carrée n'est pas dérivable en 0
Pour f(x)=x en a=0, on ne peut prendre que h>0 (la racine d'un nombre négatif n'existe pas). Comme h=h×h, le taux se simplifie : hh−0=h×hh=h1.
h
0,01
0,0001
0,000001
taux h1
10
100
1000
Le taux grandit sans fin : il n'a pas de limite finie, donc pas de nombre dérivé en 0. Sur le dessin, les sécantes se redressent jusqu'à la verticale : la tangente en 0 est l'axe des ordonnées. Or une droite verticale n'a pas de coefficient directeur : entre deux de ses points, x ne change pas, et on ne peut pas diviser par 0. Une demi-tangente est une tangente d'un seul côté du point. Pour ∣x∣ en 0 : à droite de 0, la courbe suit la droite y=x (pente 1) ; à gauche, la droite y=−x (pente −1). Sur la copie : le taux h1 n'a pas de limite finie quand h tend vers 0, donc la racine carrée n'est pas dérivable en 0.
Exemple
Du nombre dérivé à la fonction dérivée : le carré et l'inverse en tout point
On refait le calcul de « Calculer un nombre dérivé avec le taux » avec un nombre a quelconque au lieu de 3. Carré : (a+h)2−a2=a2+2ah+h2−a2=h(2a+h), donc le taux vaut 2a+h, qui tend vers 2a. Ainsi f′(a)=2a pour tout réel a : f′(3)=6, f′(1)=2, f′(−2)=−4. Inverse, pour a=0 : a+h1−a1=a(a+h)a−(a+h)=a(a+h)−h, donc le taux vaut a(a+h)−1, qui tend vers −a21. Avec a=2, on retrouve −41. À chaque nombre, on associe ainsi son nombre dérivé : c'est une nouvelle fonction, la fonction dérivée, notée x↦2x pour le carré (on lit « la fonction qui à x associe 2x ») et x↦−x21 pour l'inverse. Deux mots employés dans la carte « Fonction dérivée » : une fonction polynôme est une somme de termes de la forme nombre fois puissance de x, comme 4x3−5x+2 ; une fonction rationnelle est un quotient de deux polynômes, comme x−32x+1.
Définition
Fonction dérivée
Quand f est dérivable en tout point d'un intervalle I, on dit que f est dérivable sur I, et la fonction qui à chaque x de I associe le nombre f′(x) s'appelle la fonction dérivée de f. Il faut distinguer f′(a), qui est un nombre (la pente d'une tangente), et f′, qui est une fonction (celle dont on étudiera le signe). Une fonction polynôme est dérivable sur R ; une fonction rationnelle est dérivable sur tout intervalle où son dénominateur ne s'annule pas.
Formulaire
Dérivées usuelles
Dérivées des fonctions de référence ; la dérivée d'une constante est nulle.
(xn)′=nxn−1
(x)′=2x1
Formulaire
Dérivées des puissances entières
La formule (xn)′=nxn−1 vaut pour tout entier relatifn, exposants négatifs compris, sur un intervalle qui ne contient pas 0 lorsque n<0. Pour n=−1, on retrouve la dérivée de l'inverse. Le réflexe : réécrire xn1 sous la forme x−n avant de dériver.
Formulaire
Les dérivées usuelles écrites en clair, avec leur intervalle
Chaque ligne de puissance vient de (xn)′=nxn−1 : pour n=1, on obtient 1×x0=1 ; pour n=3, 3x2 ; pour x21=x−2, on obtient −2x−3=−x32.
f(x)
f′(x)
valable sur
k (constante)
0
R
x
1
R
mx+p
m
R
x2
2x
R
x3
3x2
R
x1
−x21
]−∞;0[ ou ]0;+∞[
x21
−x32
]−∞;0[ ou ]0;+∞[
x
2x1
]0;+∞[
Une fonction affinemx+p a pour dérivée m : sa courbe est une droite, qui a la même pente m en chacun de ses points. Par exemple, (5x−7)′=5.
Formulaire
Opérations sur les dérivées
Règles de dérivation d'une somme, d'un produit et d'un quotient.
(u+v)′=u′+v′
Exemple
Dériver une somme terme à terme, puis calculer f'(a)
On dérive f(x)=4x3−5x2+7x−2 en traitant chaque terme séparément : 4x3 donne 4×3x2=12x2 ; −5x2 donne −5×2x=−10x ; 7x donne 7 (la pente de la droite d'équation y=7x) ; −2 donne 0 (une constante ne varie pas). Donc f′(x)=12x2−10x+7, puis f′(1)=12−10+7=9. On dérive d'abord, on remplace ensuite. Remplacer d'abord donnerait f(1)=4−5+7−2=4, un simple nombre, dont la dérivée vaut 0 : c'est faux. Même geste avec racine et inverse : g(x)=6x+x3 donne g′(x)=2x6−x23=x3−x23 sur ]0;+∞[.
Méthode
Dériver un produit pas à pas
On dérive f(x)=(2x+1)x sur ]0;+∞[ (la racine carrée n'est pas dérivable en 0). 1. On pose u(x)=2x+1 et v(x)=x, donc u′(x)=2 et v′(x)=2x1. 2. On applique u′v+uv′ : f′(x)=2x+(2x+1)×2x1=2x+2x2x+1. 3. On met au même dénominateur2x, en utilisant x×x=x : 2x=2x2x×2x=2x4x. 4. On additionne les numérateurs : f′(x)=2x4x+2x+1=2x6x+1. Cette forme réduite sert à l'étude du signe : sur ]0;+∞[, numérateur et dénominateur sont strictement positifs, donc f′(x)>0. La carte « Dérivée et sens de variation », plus loin, dira ce que ce signe apprend sur f. Sur la copie : les lignes u, u′, v, v′, puis la formule, puis le calcul réduit.
Piège
Un produit ne se dérive pas terme à terme
La dérivée d'un produit n'est pas le produit des dérivées : avec f(x)=x×x=x2, la dérivée vaut 2x, alors que le produit des dérivées donnerait 1×1=1. Même avertissement pour le quotient : ce n'est pasv′u′. Dans la formule du quotient, l'ordre compte : le terme u′v vient en premier et le signe moins porte sur uv′ ; on divise par v2, jamais par v.
Méthode
Dériver un quotient pas à pas
On dérive f(x)=x−2x2−3 sur ]2;+∞[ (le dénominateur s'annule en 2). 1. On pose u(x)=x2−3 et v(x)=x−2, donc u′(x)=2x et v′(x)=1. 2. On remplace dans v2u′v−uv′ en gardant des parenthèses : f′(x)=(x−2)22x(x−2)−(x2−3)×1. 3. On développe le numérateur ; le signe moins porte sur toutu : 2x2−4x−x2+3=x2−4x+3. 4. On ne développe pas le dénominateur : (x−2)2 est un carré, donc positif, ce qui servira pour étudier le signe. Donc f′(x)=(x−2)2x2−4x+3. Sans parenthèses, on aurait écrit −x2−3 au lieu de −x2+3, et tout le résultat serait faux. Sur la copie : les lignes u, u′, v, v′, puis la formule remplacée avec ses parenthèses, puis le numérateur réduit.
Formulaire
Inverse d'une fonction, et un complément : la composée affine
Pour l'inverse, la fonction v ne doit pas s'annuler sur l'intervalle considéré. La règle de la composée affine n'est pas exigée en Première (elle l'est en Terminale), mais elle fait gagner du temps : on dérive la fonction extérieure en ax+b, puis on multiplie par le coefficient a placé devant x. Avec g(x)=x, la dérivée de x↦3x+1 vaut 23x+13 sur ]−31;+∞[. Sans cette règle, on développe d'abord quand c'est possible : (2x+1)2=4x2+4x+1 a pour dérivée 8x+4.
Méthode
Par où commencer : choisir la bonne formule de dérivation
1. On simplifie si c'est possible : x(x+1) se développe en x2+x, qui se dérive sans formule du produit. 2. On repère la dernière opération qu'on ferait pour calculer une image à la calculatrice : c'est elle qui choisit la formule (tableau ci-dessous). 3. On écrit u, v, u′ et v′ sur des lignes séparées, avant d'appliquer la formule. Avec f(x)=x2+11 : pour calculer f(2), on fait 22+1=5, puis on finit par 1 divisé par 5. C'est donc un inversev1 avec v(x)=x2+1 (qui ne s'annule jamais) et v′(x)=2x, d'où f′(x)=−(x2+1)22x. Sur la copie : « f est de la forme v1 avec v(x)=x2+1 », puis v′, puis la formule.
Forme de f(x)
Formule
Exemple
somme
u′+v′
x3+x
nombre fois fonction
ku′
5x2
produit de deux expressions en x
u′v+uv′
(2x+1)x
1 divisé par une expression
−v2v′
x2+11
quotient
v2u′v−uv′
x−32x+1
Exemple
Le nombre dérivé en contexte : vitesse et coût marginal
Un taux de variation est une variation moyenne ; le nombre dérivé est une variation instantanée. Vitesse : un objet a parcouru d(t)=5t2 mètres au bout de t secondes. Entre t=2 et t=4, sa vitesse moyenne vaut 4−2d(4)−d(2)=280−20=30 m/s. Sa vitesse instantanée à l'instant t=2 est d′(2) : comme d′(t)=10t, elle vaut 20 m/s (ce qu'afficherait un compteur à cet instant). Coût : fabriquer q objets coûte C(q)=q2+10q+50 euros. Le coût marginal pour q=20 est C′(20) : comme C′(q)=2q+10, il vaut 50 euros. Il donne une valeur approchée du coût du vingt et unième objet, qui vaut exactement C(21)−C(20)=701−650=51 euros. On répond toujours avec l'unité et une phrase qui replace le nombre dans le contexte.
Formulaire
Équation de la tangente
Équation de la tangente à Cf au point d'abscisse a.
y=f′(a)(x−a)+f(a)
Propriété
D'où vient l'équation de la tangente
La tangente au point A(a;f(a)) est la droite qui passe par A et dont le coefficient directeur est f′(a). Comme toute droite non verticale, elle a une équation y=mx+p, ici avec m=f′(a). 1. A est sur la droite, donc ses coordonnées vérifient l'équation : f(a)=f′(a)×a+p, d'où p=f(a)−f′(a)a. 2. On remplace p : y=f′(a)x+f(a)−f′(a)a. 3. On factorise par f′(a) : y=f′(a)(x−a)+f(a). Avec f(x)=x2 en a=3 : f(3)=9 et f′(3)=6, donc y=6(x−3)+9=6x−9. Contrôle : pour x=3, on trouve y=18−9=9, qui est bien f(3). À retenir : dans la formule, f′(a) est la pente et f(a) est l'ordonnée du point de contact.
Méthode
Écrire l'équation d'une tangente
On demande la tangente à Cf au point d'abscisse a. 1. On calcule f(a). 2. On calcule l'expression de f′(x) avec les formules de dérivation, puis f′(a). 3. On remplace dans la formule, puis on réduit. Avec f(x)=x2−3x+1 et a=2 : f(2)=4−6+1=−1, f′(x)=2x−3 donc f′(2)=4−3=1, d'où y=1×(x−2)+(−1)=x−3. On écrit sur la copie : la tangente au point d'abscisse 2 a pour équation y=x−3. Contrôle rapide : pour x=2, cette droite donne y=−1, qui est bien f(2).
Propriété
L'approximation affine
Près du point d'abscisse a, la courbe se confond presque avec sa tangente : pour h proche de 0, f(a+h) est proche de f(a)+f′(a)h. La fonction affine x↦f(a)+f′(a)(x−a) s'appelle l'approximation affine de f en a, et l'erreur commise devient négligeable devant h quand h se rapproche de 0. Avec f(x)=x en a=4 : f(4)=2 et f′(4)=41, donc 4,1≈2+41×0,1=2,025, pour une valeur exacte d'environ 2,0248.
Méthode
La méthode de Newton
Pour approcher une solution de f(x)=0, on remplace la courbe par sa tangente, et l'on prend le point où cette tangente coupe l'axe des abscisses ; puis on recommence à partir de ce point. 1. Choisir une valeur de départ x0 proche de la solution. 2. Calculer xn+1=xn−f′(xn)f(xn), l'abscisse où la tangente au point d'abscisse xn coupe l'axe. 3. Répéter : dans les cas favorables, le nombre de décimales exactes double presque à chaque étape. Avec f(x)=x2−2 et x0=1 : x1=1,5, x2≈1,4167 et x3≈1,41422, valeur approchée de 2≈1,41421.
Exemple
Pourquoi le signe de la dérivée donne les variations : la fonction carré
f′(x) est la pente de la tangente au point d'abscisse x. Si, sur un intervalle, toutes les tangentes ont une pente positive, la courbe monte, comme une route qui grimpe en chacun de ses points ; si elles ont toutes une pente négative, la courbe descend. Avec f(x)=x2 et f′(x)=2x :
x
−∞
0
+∞
signe de f′(x)
−
0
+
variations de f
↘
0
↗
On retrouve ce qu'on sait depuis la Seconde : la fonction carré décroît sur ]−∞;0] puis croît sur [0;+∞[. En 0, la courbe cesse de descendre et commence à monter : la tangente y est horizontale et f′(0)=0. C'est général : pour une fonction dérivable, en un extremum (maximum ou minimum) qui n'est pas une borne de l'intervalle, le nombre dérivé vaut 0. La phrase lue à l'envers, « si f′(c)=0, alors il y a un extremum en c », s'appelle la réciproque : elle est fausse (carte « Dérivée nulle ne veut pas dire extremum »).
Propriété
Dérivée et sens de variation
Sur un intervalle I : si f′≥0, f est croissante ; si f′≤0, f est décroissante. Si f′s'annule en changeant de signe en c, alors f admet un extremum local en c : un maximum ou un minimum sur un intervalle autour de c, pas forcément sur tout l'ensemble de définition.
Propriété
Signe strict, croissance stricte, fonction constante
Ces énoncés valent sur un intervalleI, jamais sur une réunion d'intervalles. Si f′ est strictement positive sur I, sauf éventuellement en quelques points isolés où elle s'annule, alors f est strictement croissante sur I ; si f′ est nulle sur I tout entier, alors f est constante sur I. La fonction inverse montre pourquoi l'hypothèse compte : sa dérivée −x21 est strictement négative en tout point où elle est définie, pourtant la fonction n'est pas décroissante sur R∗, mais seulement sur ]−∞;0[ et sur ]0;+∞[ séparément.
Méthode
Étudier une fonction du second degré avec la dérivée
On étudie f(x)=−2x2+8x−3 sur R. 1. On dérive : f′(x)=−4x+8, une expression affine. 2. On résout f′(x)>0 : −4x+8>0, puis −4x>−8, puis x<2 ; de même f′(x)<0 pour x>2. En divisant par −4, un nombre négatif, on change le sens de l'inégalité. 3. Donc f est croissante sur ]−∞;2] et décroissante sur [2;+∞[, avec un maximum en 2 égal à f(2)=−8+16−3=5. 4. On contrôle avec le signe de a : ici a=−2<0, la parabole est tournée vers le bas et son sommet est un maximum (avec a>0, elle serait tournée vers le haut, avec un minimum). L'abscisse du sommet vaut aussi −2ab=−−48=2. Sur la copie : f admet sur R un maximum égal à 5, atteint en x=2.
Méthode
Rappel : le tableau de signes d'un produit
On cherche le signe du produit x(x−1)(x+1), qu'on retrouvera dans la carte « Étudier la position relative de deux courbes ». 1. On cherche où chaque facteur s'annule : x=0, x=1, x=−1. On range ces valeurs dans l'ordre croissant sur la première ligne. 2. Une ligne par facteur. Un facteur affine mx+p a le signe de m à droite de la valeur où il s'annule, le signe contraire à gauche. Ici m=1 pour les trois facteurs : − puis +. 3. Dernière ligne : la règle des signes, colonne par colonne. Un nombre pair de signes − donne +, un nombre impair donne −.
x
−∞
−1
0
1
+∞
facteur x
−
−
0
+
+
x−1
−
−
−
0
+
x+1
−
0
+
+
+
produit
−
0
+
0
−
0
+
Sur la copie : le tableau, puis « le produit est strictement positif sur ]−1;0[ et sur ]1;+∞[ ».
Méthode
Dresser un tableau de variations
On veut les variations d'une fonction sur un intervalle. 1. On dérive, puis on factorisef′. 2. On étudie le signe de f′ dans un tableau. 3. On reporte les flèches et on calcule les valeurs remarquables aux points où le signe change. Avec f(x)=x3−3x2−9x+5 sur R : f′(x)=3x2−6x−9=3(x+1)(x−3), donc f′(x)>0 sur ]−∞;−1[ et sur ]3;+∞[, et f′(x)<0 sur ]−1;3[. Avec f(−1)=−1−3+9+5=10 et f(3)=27−27−27+5=−22, on écrit sur la copie : f est croissante sur ]−∞;−1], décroissante sur [−1;3], croissante sur [3;+∞[, avec un maximum local égal à 10 en −1 et un minimum local égal à −22 en 3.
Exemple
Le tableau de variations complet, de la dérivée aux flèches
On reprend f(x)=x3−3x2−9x+5 de la carte « Dresser un tableau de variations », avec f′(x)=3x2−6x−9. 1. Racines de f′ : Δ=(−6)2−4×3×(−9)=36+108=144=122, donc x1=66−12=−1 et x2=66+12=3. 2. Signe : un trinôme a le signe de a (ici 3, positif) à l'extérieur des racines, le signe contraire entre elles. 3. On remplit le tableau ci-dessous, avec f(−1)=10 et f(3)=−22 au bout des flèches. Un extremum est un maximum ou un minimum. Ici 10 est un maximum local : la plus grande valeur de f près de −1, mais pas sur tout R, puisque f(6)=59. De même, −22 est un minimum local.
x
−∞
−1
3
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
0
+
variations de f
↗
10
↘
−22
↗
Piège
Dérivée nulle ne veut pas dire extremum
Si une fonction dérivable admet un extremum local en c situé à l'intérieur de l'intervalle, alors f′(c)=0 : c'est une condition nécessaire, et sa réciproque est fausse. Avec f(x)=x3, on a f′(0)=0 et une tangente horizontale en 0, pourtant f est strictement croissante sur R et n'a aucun extremum. Ce qui fait l'extremum, c'est que f′change de signe en c, or ici f′(x)=3x2 reste positive de part et d'autre. Attention aussi aux bornes de l'intervalle : un maximum peut y être atteint sans que la dérivée s'y annule.
Méthode
Dériver un quotient et lire son signe
On veut les variations d'un quotient sur un intervalle où le dénominateur ne s'annule pas. 1. On pose u et v, puis on écrit u′ et v′. 2. On applique la formule du quotient et on réduit le numérateur. 3. Comme v2 est strictement positif, le signe de f′ est celui du numérateur seul. Avec f(x)=x−32x+1 sur ]3;+∞[ : u=2x+1 et u′=2, v=x−3 et v′=1, donc f′(x)=(x−3)22(x−3)−(2x+1)×1=(x−3)22x−6−2x−1=(x−3)2−7. On écrit sur la copie : f′(x)<0 sur ]3;+∞[, donc f est strictement décroissante sur cet intervalle.
Méthode
Étudier la position relative de deux courbes
Pour savoir quelle courbe est au-dessus de l'autre, on étudie le signe de la différenced(x)=f(x)−g(x). 1. Former d(x)=f(x)−g(x) et la simplifier. 2. Étudier son signe : par une factorisation, ou par les variations de d quand le signe ne se lit pas directement. 3. Conclure : là où d(x)>0, la courbe de f est au-dessus de celle de g ; là où d(x)=0, les courbes se coupent. Avec f(x)=x3 et g(x)=x : d(x)=x3−x=x(x−1)(x+1), positive sur ]−1;0[ et sur ]1;+∞[. Sur la copie : la courbe de f est au-dessus de celle de g sur ]−1;0[ et sur ]1;+∞[, en dessous ailleurs, et les courbes se coupent aux points d'abscisses −1, 0 et 1.
Méthode
Démontrer une inégalité par une étude de fonction
Pour prouver f(x)≥g(x) sur un intervalle, on étudie la fonction différence et l'on montre que son minimum est positif ou nul. 1. Poser d(x)=f(x)−g(x) et la dériver. 2. Dresser le tableau de variations de d et y lire son minimum. 3. Si ce minimum est positif ou nul, alors d(x)≥0 sur tout l'intervalle, donc f(x)≥g(x). Pour montrer que x3≥3x−2 pour tout x≥0 : d(x)=x3−3x+2 et d′(x)=3(x−1)(x+1), négative sur [0;1[ et positive ensuite, donc le minimum sur [0;+∞[ vaut d(1)=0. Sur la copie : pour tout x≥0, d(x)≥d(1)=0, donc x3≥3x−2.
Méthode
Résoudre un problème d'optimisation
1. Choisir la variablex et son intervalle de valeurs possibles, d'après les contraintes de l'énoncé. 2. Exprimer la grandeur à optimiser en fonction de x. 3. Étudier ses variations par la dérivée, et repérer l'extremum. 4. Répondre à la question posée, en revenant au contexte et aux unités. Dans une feuille carrée de 30 cm de côté, on découpe un carré de côté x à chaque coin pour plier une boîte sans couvercle : son volume est V(x)=x(30−2x)2 pour x∈[0;15]. On trouve V′(x)=(30−2x)(30−6x), qui s'annule en 5 en passant du positif au négatif. Sur la copie : le volume est maximal pour x=5 cm, et il vaut alors V(5)=5×202=2000 cm3.
Exemple
La dérivée du volume de la boîte, sans étape sautée
Dans la carte « Résoudre un problème d'optimisation », V(x)=x(30−2x)2 sur [0;15]. Le plus sûr est de développer avant de dériver. 1. Avec (a−b)2=a2−2ab+b2 : (30−2x)2=900−120x+4x2. 2. V(x)=x(900−120x+4x2)=4x3−120x2+900x. 3. V′(x)=12x2−240x+900. 4. On factorise par 12 : V′(x)=12(x2−20x+75). Le discriminant de x2−20x+75 vaut 400−300=100, d'où les racines 220−10=5 et 220+10=15, et V′(x)=12(x−5)(x−15). 5. En développant (30−2x)(30−6x), on retrouve 900−180x−60x+12x2 : c'est la même dérivée. Sur [0;15], le facteur x−15 est négatif ou nul ; V′(x) est donc positive sur [0;5] et négative sur [5;15], d'où le maximum en x=5.
Définition
Fonctions paires et impaires
Une fonction f définie sur un ensemble symétrique par rapport à 0 est paire si f(−x)=f(x) pour tout x : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Elle est impaire si f(−x)=−f(x) : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine du repère. La fonction carré est paire, les fonctions cube et inverse sont impaires, et la plupart des fonctions ne sont ni l'une ni l'autre. Pour le démontrer, on calcule f(−x), puis on le compare à f(x) et à −f(x).
Et pour vérifier que c'est acquis ?
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différence des ordonnées divisée par la différence des abscisses, dans le même ordre
3−1f(3)−f(1)=29−1=4
la pente de la sécante entre les points d'abscisses un et trois
f(3+1)=42=16=f(3)+1=10
on calcule d'abord le nombre entre parenthèses, puis son image
hf(a+h)−f(a)
la pente de la sécante qui joint les deux points de la courbe
f′(a)=x→alimx−af(x)−f(a)
l'autre écriture du nombre dérivé, avec une abscisse qui se rapproche du point étudié
0,1f(1,1)−f(1)=0,11,21−1=2,1
la pente de la sécante pour un pas de un dixième
f′(a)=h→0limhf(a+h)−f(a)
limite du taux d'accroissement
f′(1)=3−16−2=2
la pente lue entre deux points de la tangente
hf(3+h)−f(3)=6+h
le taux se simplifie d'abord, on ne fait tendre l'accroissement vers zéro qu'ensuite
f′(3)=6
le nombre dérivé est la valeur limite obtenue, une fois la simplification faite
hf(2+h)−f(2)=2(2+h)−1
le taux une fois simplifié : plus aucune division par l'accroissement
f′(2)=−41
la limite du taux simplifié
h∣0+h∣−∣0∣=h∣h∣
ce taux vaut un d'un côté de zéro et moins un de l'autre : aucun nombre dérivé en zéro
hh−0=h1
ce taux devient aussi grand qu'on veut quand l'accroissement se rapproche de zéro
h(a+h)2−a2=2a+h
le taux du carré pour un nombre quelconque, avant de faire tendre l'accroissement vers zéro
f′(a)=2a
le nombre dérivé du carré en n'importe quel point
f′:x↦f′(x)
la fonction dérivée associe à chaque abscisse la pente de la tangente en ce point
(x1)′=−x21
(xn)′=nxn−1(n∈Z)
valable aussi pour les exposants négatifs, en dehors de zéro
(xn1)′=−xn+1n
(x21)′=−x32
(mx+p)′=m
la dérivée d'une fonction affine est son coefficient directeur
(ku)′=ku′
(uv)′=u′v+uv′
(vu)′=v2u′v−uv′
f′(x)=12x2−10x+7
chaque terme dérivé séparément, la constante disparaît
f′(1)=12−10+7=9
on remplace seulement une fois la dérivée obtenue
f′(x)=2x+2x2x+1=2x6x+1
la formule du produit appliquée, puis réduite au même dénominateur
(x×x)′=2x
sur ce produit tout simple, multiplier les dérivées donnerait un, ce qui est faux
f′(x)=(x−2)22x(x−2)−(x2−3)=(x−2)2x2−4x+3
la formule du quotient remplacée, puis le numérateur développé et réduit
(v1)′=−v2v′
dérivée de l'inverse d'une fonction qui ne s'annule pas sur l'intervalle
(g(ax+b))′=ag′(ax+b)
(x2+11)′=−(x2+1)22x
la dérivée d'un inverse, une fois la forme reconnue
d′(t)=10t,d′(2)=20
la vitesse instantanée au bout de deux secondes, en mètres par seconde
C′(q)=2q+10,C′(20)=50
le coût marginal pour vingt objets, en euros
y=f′(a)(x−a)+f(a)
la droite de pente égale au nombre dérivé qui passe par le point de contact
y=6(x−3)+9=6x−9
la tangente à la courbe du carré au point d'abscisse trois
y=1×(x−2)+(−1)=x−3
la formule de la tangente une fois remplacée par les deux valeurs calculées, puis réduite
f(a+h)≈f(a)+f′(a)h
la tangente remplace la courbe pour un petit accroissement
4,1≈2+41×0,1=2,025
une racine estimée sans calculatrice, à quelques dix-millièmes près
xn+1=xn−f′(xn)f(xn)
l'abscisse où la tangente coupe l'axe devient le point suivant
x1=1,5,x2≈1,4167,x3≈1,41422
f′(x)=2x
négative avant zéro, positive après : la courbe du carré descend puis monte
f′>0 sur I⇒f strictement croissante sur I
valable à condition que le domaine soit un intervalle, et pas une réunion d'intervalles
f′=0 sur I⇒f constante sur I
une dérivée nulle sur tout un intervalle caractérise les fonctions constantes
−4x+8>0⟺x<2
diviser par un nombre négatif retourne le sens de l'inégalité
f(2)=−2×22+8×2−3=5
la valeur du maximum, au sommet de la parabole
f′(x)=3x2−6x−9=3(x+1)(x−3)
la dérivée factorisée : ses deux racines découpent le tableau de signes
Δ=b2−4ac=144
le discriminant donne les deux valeurs où la dérivée s'annule
x1=2a−b−Δ=−1,x2=2a−b+Δ=3
les deux racines de la dérivée, qui découpent le tableau
f′(x)=3x2≥0
la dérivée s'annule en zéro sans changer de signe, donc pas d'extremum en ce point
f′(x)=(x−3)2−7
un numérateur constant négatif suffit à conclure, sans tableau de signes
d(x)=f(x)−g(x)
la courbe de f est au-dessus là où cette différence est positive
x3−x=x(x−1)(x+1)
on factorise pour dresser le tableau de signes
d(x)≥d(1)=0⇒x3≥3x−2
un minimum positif ou nul suffit à conclure sur tout l'intervalle
d′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)
la dérivée factorisée situe le minimum
V(x)=x(30−2x)2,x∈[0;15]
la grandeur écrite en fonction de la variable, avec son intervalle
V′(x)=(30−2x)(30−6x)
la dérivée factorisée, dont le signe situe le maximum
V(x)=4x3−120x2+900x
le volume développé, prêt à être dérivé terme à terme
V′(x)=12(x−5)(x−15)
la dérivée factorisée, égale à celle de la carte d'optimisation
f(−x)=f(x)
paire : la courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées
f(−x)=−f(x)
impaire : la courbe est symétrique par rapport à l'origine
f(x)=x2+1:f(−x)=(−x)2+1=f(x)
on remplace la variable par son opposé, puis on compare
on passe par l'exposant négatif, puis on revient à une fraction
l'exemple qui revient le plus souvent
complément de Terminale : on dérive la fonction extérieure, puis on multiplie par le coefficient placé devant la variable
les approximations successives de la racine de deux