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Coup de craie
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MathématiquesTerminaleFiche de révision
Suites numériques
Vocabulaire
Lire les notations des suites à voix haute
(un), avec parenthèses, désigne toute la suite ; un, sans parenthèses, désigne un seul terme, celui de rang n, et se lit « u indice n ». un+1 se lit « u indice n plus un » (le « plus un » est dans l'indice) : c'est le terme suivant, à ne pas confondre avec un+1. Pour l'obtenir, on remplace n par (n+1) partout : avec un=n2, on a un+1=(n+1)2=n2+2n+1, alors que un+1=n2+1. ∀n∈N se lit « pour tout entier naturel n ». un→ℓ se lit « un tend vers ℓ ». n→+∞limun se lit « limite de un quand n tend vers plus l'infini ».
un=n2⇒un+1=(n+1)2=n2+2n+1
Formulaire
Rappel : suites arithmétiques et géométriques
Une suite est arithmétique quand on ajoute toujours le même nombre r (la raison) pour passer d'un terme au suivant, et géométrique quand on multiplie toujours par le même nombre q (sa raison). La relation un+1=… s'appelle une relation de récurrence ; la formule qui donne un directement en fonction de n s'appelle la forme explicite. Une hausse de 5% revient à multiplier par 1,05, une baisse de 20% à multiplier par 0,8. Exemple : u0=200 et une hausse de 5% par an donnent une suite géométrique de raison 1,05, donc un=200×1,05n et u3=200×1,157625=231,525. Si la suite commence au rang 1, la forme explicite devient un=u1×qn−1.
Propriété
Rappel : ce qu'on a le droit de faire à une inégalité
Toutes les récurrences d'inégalités et tous les encadrements reposent sur ces règles. Ajouter ou retrancher un même nombre aux deux membres : le sens ne change pas. Multiplier ou diviser par un nombre strictement positif : le sens ne change pas. Par un nombre strictement négatif : le sens s'inverse, car 2<3 mais −2>−3. Appliquer aux deux membres une fonction croissante sur un intervalle qui les contient (racine carrée, ou carré sur [0;+∞[) conserve le sens ; une fonction décroissante sur un tel intervalle l'inverse : 2<3 mais 21>31. Hors de cet intervalle, rien ne marche : −3<2 mais (−3)2=9>4. Exemple : si 0≤uk≤4 et uk+1=5−21uk, on multiplie par −21, ce qui inverse le sens : −2≤−21uk≤0. On ajoute 5 : 3≤uk+1≤5.
Méthode
Étudier le sens de variation d'une suite
Le réflexe est le signe de la différenceun+1−un : positive pour tout n, la suite est croissante ; négative, elle est décroissante. Quand tous les termes sont strictement positifs, on peut à la place comparer le quotient unun+1 à 1. Avec un=n+1n : un+1−un=n+2n+1−n+1n un+1−un=(n+1)(n+2)(n+1)2−n(n+2)=(n+1)(n+2)1 Cette différence est strictement positive : on écrit que (un) est strictement croissante.
Exemple
Exemple : le sens de variation par le quotient
Énoncé : étudier le sens de variation de un=n2n pour n≥1. Tous les termes sont strictement positifs et il y a une puissance : on compare le quotient unun+1 à 1. un+1=n+12n+1 unun+1=n+12n+1×2nn (diviser par une fraction, c'est multiplier par son inverse) unun+1=n+12n car 2n2n+1=2 n+12n≥1⟺2n≥n+1⟺n≥1 (on a multiplié par n+1>0) C'est vrai pour tout n≥1 : la suite est croissante. Contrôle : u1=2, u2=2, u3=38 (le quotient vaut 1 pour n=1, d'où l'égalité u1=u2).
Méthode
Raisonnement par récurrence
Pour démontrer que P(n) est vraie pour tout n≥n0 : initialisation (vérifier P(n0)), hérédité (supposer P(k) vraie et en déduire P(k+1)), conclusion. Les deux étapes sont indispensables.
Méthode
Rédiger une récurrence de bout en bout
On nomme d'abord la propriété P(n) à démontrer, puis on écrit les trois blocs dans l'ordre. Soit u0=1, un+1=21un+3, et P(n) la propriété « un≤6 » : Initialisation : u0=1≤6, donc P(0) est vraie. Hérédité : soit k un entier tel que uk≤6 ; alors 21uk≤3, donc 21uk+3≤6, c'est-à-dire uk+1≤6. Conclusion : on écrit que P(0) est vraie et que P est héréditaire, donc que un≤6 pour tout entier naturel n.
Méthode
Réussir l'hérédité : partir de la relation de récurrence
Devant l'hérédité, on ne part jamais de l'hypothèse seule : on part de la relation de l'énoncé. 1. Écrire l'hypothèse : P(k) est vraie pour un entier k fixé. 2. Écrire le butP(k+1) en remplaçant k par k+1. 3. Partir de uk+1=… (la relation de récurrence) et y remplaceruk grâce à l'hypothèse. 4. Transformer jusqu'à retrouver exactement le but. Avec u0=1, un+1=21un+3 et P(n) : « un=6−5×(21)n ». Initialisation : 6−5×(21)0=6−5=1=u0. Hérédité, but : uk+1=6−5×(21)k+1. uk+1=21uk+3=21(6−5×(21)k)+3 uk+1=3−5×(21)k+1+3=6−5×(21)k+1 : c'est le but. Sur la copie : « Supposons P(k) vraie pour un entier k fixé, montrons P(k+1). », puis la conclusion de la carte « Rédiger une récurrence de bout en bout ».
Piège
Une hérédité seule ne démontre rien
Sauter l'initialisation est l'erreur qui coûte le plus cher : la propriété « 4n+1 est un multiple de 3 » est parfaitement héréditaire, puisque 4k+1+1=4(4k+1)−3, et elle est pourtant fausse à tous les rangs, à commencer par 40+1=2. Deuxième faute, de rédaction cette fois : écrire « supposons que un≤6 pour tout n », c'est supposer exactement ce que l'on cherche à démontrer. L'hypothèse de récurrence porte sur un seul rang fixé.
Définition
Suite majorée, minorée, bornée
Une suite (un) est majorée s'il existe un réel M tel que un≤M pour tout n, minorée s'il existe un réel m tel que m≤un pour tout n, et bornée si elle est les deux à la fois. Un majorant n'est pas unique : tout réel plus grand que M majore encore la suite, et rien n'oblige un majorant à être atteint ni à être la limite. Pour prouver qu'une suite est majorée, on exhibe un majorant explicite, le plus souvent par récurrence.
Vocabulaire
À partir d'un certain rang : ce que disent ces mots
« À partir d'un certain rang » veut dire : pour tous les entiers n au-delà d'un entier bien choisi, les premiers termes pouvant faire exception. Exemple : n1<0,01 dès que n>100, donc à partir du rang 101, alors que pour n=50, 501=0,02 ne convient pas. Le rang dépend de l'exigence : pour obtenir n1<0,001, il faut attendre le rang 1001. Plus on exige, plus on attend, mais un tel rang existe toujours. C'est le mot clé de la définition de la limite (carte « Ce que veut dire tendre vers une limite ») : les termes n1 finissent tous dans l'intervalle ]−0,01;0,01[, et il en va de même pour n'importe quel intervalle ouvert contenant 0, aussi petit soit-il.
Définition
Ce que veut dire tendre vers une limite
La suite (un)converge versℓ lorsque tout intervalle ouvert contenantℓ contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. Elle tend vers+∞ lorsque tout intervalle [A;+∞[ contient tous les termes à partir d'un certain rang. Les premiers termes ne pèsent donc rien dans une limite : seul compte le comportement au bout, ce qui explique que les théorèmes du chapitre se contentent d'hypothèses vraies à partir d'un certain rang.
Définition
Tendre vers moins l'infini, avec un exemple chiffré
Une suite tend vers −∞ lorsque tout intervalle ]−∞;A] contient tous les termes à partir d'un certain rang : elle finit par passer sous n'importe quel seuil, aussi bas soit-il, et ne remonte plus au-dessus. C'est le miroir de +∞ : (un) tend vers −∞ exactement quand (−un) tend vers +∞. Exemple : un=5−2n et le seuil A=−100. 5−2n≤−100⟺−2n≤−105⟺n≥52,5 (on divise par −2, négatif, donc le sens s'inverse). Tous les termes sont dans ]−∞;−100] à partir du rang 53. Avec A=−1000, le même calcul donne le rang 503 : le rang dépend du seuil, mais il existe toujours, car pour n'importe quel réel A il suffit que n≥25−A. Donc n→+∞limun=−∞.
Vocabulaire
Converger, diverger
Une suite converge quand elle admet une limite finie, et c'est le seul cas. Tout le reste s'appelle diverger, et recouvre deux situations très différentes : ou bien la suite tend vers +∞ ou −∞, ou bien elle n'a aucune limite, comme un=(−1)n qui alterne entre −1 et 1. Annoncer qu'une suite diverge ne dit donc pas qu'elle part vers l'infini, et dire qu'elle est bornée ne dit pas qu'elle converge.
Formulaire
Les limites de référence
Ces limites s'utilisent sans démonstration et servent de point de départ à tout calcul. Le rang, ses puissances et sa racine divergent vers+∞, leurs inverses convergent vers0. Une suite constante converge vers sa valeur, ce qui sert dans les encadrements.
n→+∞limn=n→+∞limn2=n→+∞limn=+∞
Formulaire
Les règles d'opérations sur les limites
Pour une somme, un produit ou un quotient, on remplace chaque suite par sa limite et l'on applique la règle des signes ; seules les quatre formes indéterminées échappent à ces règles et obligent à transformer l'écriture. Quand un dénominateur tend vers 0, on précise s'il reste positif (0+) ou négatif (0−) : c'est lui qui donne le signe de l'infini obtenu. Les mêmes règles valent pour les fonctions.
ℓ+(+∞)=+∞(+∞)+(+∞)=+∞(−∞)+(−∞)=−∞
Méthode
Opérations sur les limites et formes indéterminées
Les limites se combinent comme les opérations usuelles, sauf quatre formes indéterminées. Pour lever l'indétermination : factoriser par le terme de plus haut degré, ou multiplier par l'expression conjuguée (racines).
∞−∞0×∞∞∞00
Méthode
Lever une indétermination de quotient
Devant une forme ∞∞, on factorise le numérateur et le dénominateur par leur terme de plus haut degré, on simplifie, puis on conclut avec les limites de référence. Avec un=2n2+73n2−5n+2 et n≥1 : un=n2(2+n27)n2(3−n5+n22) un=2+n273−n5+n22 Les termes en n1 et n21 tendent vers 0 : on écrit que (un) converge vers 23.
Méthode
Lever une indétermination avec l'expression conjuguée
On s'en sert devant une différence de racines qui donne ∞−∞. L'idée : l'identité (a−b)(a+b)=a2−b2 fait disparaître les racines. 1. Multiplier et diviser par la somme des deux termes (l'expression conjuguée), qui n'est pas nulle. 2. Développer le numérateur avec (a−b)(a+b)=a2−b2. 3. Conclure avec les règles d'opérations. Avec un=n+1−n : un=n+1+n(n+1−n)(n+1+n) un=n+1+n(n+1)−n=n+1+n1 Le dénominateur est une somme de deux termes qui tendent vers +∞, il tend vers +∞. Sur la copie : « par quotient, n→+∞limun=0 ».
Propriété
Théorèmes de comparaison et des gendarmes
Trois théorèmes concluent sans calculer la limite, et leurs inégalités n'ont besoin d'être vraies qu'à partir d'un certain rang. Comparaison : si un≤vn et si un tend vers +∞, alors vn aussi ; si un≤vn et si vn tend vers −∞, alors un aussi. Gendarmes : si un≤vn≤wn et si (un) et (wn) convergent vers la même limite ℓ, alors (vn) converge vers ℓ. La comparaison sert pour une limite infinie (une seule inégalité), les gendarmes pour une limite finie (un encadrement des deux côtés) ; avec deux limites différentes, ils ne disent rien.
Propriété
Minorée par une suite qui tend vers plus l'infini : la démonstration
C'est la démonstration de cours de la première phrase de la carte « Théorèmes de comparaison et des gendarmes ». On suppose un≤vn pour tout n et n→+∞limun=+∞. Soit A un réel quelconque. 1. Comme (un) tend vers +∞, l'intervalle [A;+∞[ contient tous les un à partir d'un certain rang N : pour n≥N, un≥A. 2. Pour ces mêmes n, vn≥un≥A, donc vn est aussi dans [A;+∞[. 3. Cela vaut pour n'importe quel A : c'est exactement la définition de n→+∞limvn=+∞. Si l'inégalité un≤vn n'est vraie qu'à partir d'un rang p, on prend n plus grand que N et que p : la preuve est la même. Exemple : vn=n+sinn. Comme sinn≥−1, on a vn≥n−1, et n−1 tend vers +∞, donc (vn) aussi.
Méthode
Encadrer une suite qui oscille
Dès qu'un terme oscille (un sinus, un cosinus, un (−1)n), on l'encadre par des constantes, on répercute l'encadrement sur le reste de l'expression, puis on vérifie que les deux bornes ont la même limite. Avec un=nsinn pour n≥1 : −1≤sinn≤1 −n1≤nsinn≤n1 car n>0 Les deux bornes tendent vers 0 : on écrit que, d'après le théorème des gendarmes, (un) converge vers 0.
Piège
Le sens de l'inégalité décide de tout
Pour une limite infinie, seule une inégalité dans le bon sens sert : on minore par une suite qui tend vers +∞, on majore par une suite qui tend vers −∞. Écrire vn≤n2 ne prouve rien sur la limite de (vn), alors que vn≥n prouve qu'elle vaut +∞. Pour une limite finie, une seule inégalité ne suffit jamais : il faut un encadrement des deux côtés par deux suites de même limite. De −1≤vn≤1, on ne tire aucune limite.
Propriété
Inégalité de Bernoulli
Pour tout réel a>0 et tout entier naturel n, (1+a)n≥1+na. Elle se démontre par récurrence : l'hérédité multiplie l'hypothèse (1+a)k≥1+ka par 1+a, qui est positif (le sens est conservé), puis écarte le terme ka2, positif lui aussi. Son rôle est de minorerqn quand q>1 : en écrivant q=1+a, le minorant 1+na tend vers +∞, donc qn aussi par le théorème de comparaison. C'est la démonstration de cours de la limite de qn.
Propriété
Limite d'une suite géométrique
Le comportement de (qn) ne dépend que de la position du réel q par rapport à −1 et à 1. Pour q>1, l'inégalité de Bernoulli donne la limite +∞ ; pour −1<q<1, les termes s'écrasent vers 0. Pour une suite géométrique un=u0×qn, on multiplie ensuite par u0 : avec u0<0 et q>1, la limite devient −∞. Le cas q≤−1 est celui des suites qui alternent sans se stabiliser : (−1)n vaut 1 puis −1, et (−2)n grandit en changeant de signe.
Méthode
Calculer une limite : par où commencer
1. Écrire la limite de chaque morceau (cartes « Les limites de référence » et « Limite d'une suite géométrique »). 2. Combiner avec la carte « Les règles d'opérations sur les limites ». Pas de forme indéterminée : c'est terminé. 3. Forme indéterminée : on transforme l'écriture. Somme ou quotient de puissances de n : factoriser par le terme de plus haut degré. Différence de racines : expression conjuguée. Sinus, cosinus ou (−1)n : encadrer. Exemple : un=n2−3n. On a n2→+∞ et −3n→−∞ : forme ∞−∞. Pour n≥1 : un=n2(1−n3). n3→0, donc 1−n3→1, et n2→+∞. Sur la copie : « par produit, n→+∞limun=+∞ ». Une forme indéterminée ne veut pas dire « pas de limite » : elle veut dire « transformer avant de conclure ».
Méthode
Traduire un énoncé d'évolution en suite
1. Nommer un (la quantité au bout de n années) et lire u0. 2. Traduire chaque phrase, dans l'ordre de l'énoncé : une baisse de t% multiplie par 1−100t, une hausse de t% par 1+100t, un ajout de b unités ajoute b. 3. Écrire un+1=…, puis contrôler en calculant u1 à la main. Exemple : un étang contient 1000 poissons. Chaque année, 20% des poissons disparaissent, puis on en introduit 300. u0=1000 et un+1=0,8un+300. Contrôle : u1=0,8×1000+300=1100. Limite candidate : ℓ=0,8ℓ+300, donc 0,2ℓ=300, donc ℓ=1500. La carte « La suite auxiliaire d'une arithmético-géométrique » donne alors un=1500−500×0,8n : la population se rapproche de 1500 poissons. Sur la copie : on justifie la relation par une phrase pour chaque nombre.
Méthode
La suite auxiliaire d'une arithmético-géométrique
Pour une relation un+1=aun+b avec a=1, l'énoncé fait poser vn=un−ℓ, où ℓ est la solution de ℓ=aℓ+b. On montre que (vn) est géométrique de raisona, on écrit son terme général, puis on revient à un=vn+ℓ. Avec u0=1, un+1=21un+3, donc ℓ=6 : vn+1=21un+3−6=21(un−6)=21vn v0=1−6=−5, donc vn=−5×(21)n un=6−5×(21)n, et comme −1<21<1, on écrit que (un) converge vers 6.
Exemple
Exemple : la suite auxiliaire rédigée sur la copie
Énoncé : l'étang de la carte « Traduire un énoncé d'évolution en suite », u0=1000 et un+1=0,8un+300. On pose vn=un−1500. Montrer que (vn) est géométrique, puis donner un et sa limite. On part de vn+1 et l'on remplace pas à pas : vn+1=un+1−1500 (définition de v, au rang n+1) vn+1=0,8un+300−1500=0,8un−1200 vn+1=0,8(un−1500) car 0,8×1500=1200 vn+1=0,8vn Donc (vn) est géométrique de raison 0,8, de premier terme v0=1000−1500=−500, et vn=−500×0,8n. On revient à u : un=vn+1500=1500−500×0,8n. Comme −1<0,8<1, 0,8n tend vers 0, donc n→+∞limun=1500. Sur la copie : « Pour tout entier naturel n, vn+1=0,8vn, donc (vn) est géométrique de raison 0,8. »
Méthode
Programmer une recherche de seuil
Un seuil est le premier rang à partir duquel un dépasse une valeur, ou s'approche de sa limite à moins d'une précision donnée. On ignore combien de tours il faudra : la boucle est un while, qui tourne tant que le seuil n'est pas atteint. 1. Initialiser le rang et le terme : n = 0 et u = 1 pour u0=1. 2. Écrire la condition contraire de ce que l'on cherche : while 6 - u >= 0.01: pour le premier rang où l'écart à la limite 6 passe sous 0,01. 3. Dans la boucle, calculer le terme suivant puis avancer le rang : u = 0.5 * u + 3 et n = n + 1. 4. Renvoyer n après la boucle. Avec un+1=21un+3 et u0=1, on a un=6−5×(21)n et la fonction renvoie 9.
Exemple
Exemple : le programme de seuil écrit en entier
Voici la fonction de la carte « Programmer une recherche de seuil », assemblée, pour u0=1 et un+1=21un+3 :
def seuil():
n = 0
u = 1
while 6 - u >= 0.01:
u = 0.5 * u + 3
n = n + 1
return n
print(seuil())
Les lignes décalées vers la droite sont dans la boucle ; return n est en dehors, il s'exécute quand la boucle s'arrête. Le programme affiche 9. Ce que fait la boucle, tour après tour :
n
0
1
2
…
8
9
6−u (arrondi)
5
2,5
1,25
…
0,0195
0,0098
À n=9, l'écart passe sous 0,01 : la condition du while devient fausse et la fonction renvoie 9. Sur la copie : « le plus petit entier n tel que 6−un<0,01 est n=9 ».
Vocabulaire
Monotone, non majorée : les mots du théorème de convergence
Une suite monotone est une suite croissante ou une suite décroissante : elle va toujours dans le même sens. La suite un=n+1n est monotone (croissante, voir la carte « Étudier le sens de variation d'une suite ») ; un=(−1)n ne l'est pas, elle monte puis descend sans arrêt. Une suite non majorée est une suite qu'aucun réel ne majore : quel que soit le réel A choisi, au moins un terme dépasse A. Exemple : un=n2 ; pour A=1000, on a u32=1024>1000, et l'on trouve de même un terme au-dessus de n'importe quel A. À l'inverse, un=n+1n est majorée par 1, puisque n<n+1 donne n+1n<1. Ce sont les mots de la carte « Convergence d'une suite monotone ».
Propriété
Convergence d'une suite monotone
Toute suite croissante et majorée (ou décroissante et minorée) converge, sans que le théorème donne la limite. Toute suite croissante et non majorée diverge vers +∞.
Propriété
Croissante et non majorée : pourquoi elle tend vers plus l'infini
C'est la démonstration de cours de la dernière phrase de la carte « Convergence d'une suite monotone ». Soit (un) croissante et non majorée, et A un réel quelconque. 1. A n'est pas un majorant, donc il existe un rang N tel que uN>A. 2. La suite est croissante : pour tout n≥N, un≥uN>A. 3. Tous les termes à partir du rang N sont donc dans [A;+∞[, et cela pour n'importe quel A : c'est exactement la définition de n→+∞limun=+∞. Exemple : un=n est croissante et non majorée. Pour A=100 : 10000=100, donc un≥100 pour tout n≥10000. Attention, croissante seule ne suffit pas : un=n+1n est croissante, mais majorée par 1, et elle converge vers 1.
Propriété
Passer à la limite dans une relation de récurrence
Résultat admis : si un+1=f(un) pour tout n, si (un)converge vers ℓ et si f est continue, alors ℓ=f(ℓ). Continue veut dire ici : quand x se rapproche de ℓ, f(x) se rapproche de f(ℓ), sans saut ; la courbe se trace sans lever le crayon. Les fonctions usuelles le sont sur leur ensemble de définition (fonctions affines, polynômes, racine carrée, inverse), et toute fonction dérivable sur un intervalle y est continue. Pourquoi : un+1 tend vers ℓ (ce sont les mêmes termes, décalés d'un rang) et f(un) tend vers f(ℓ) ; une même suite n'a qu'une limite, donc ℓ=f(ℓ). Exemple : l'étang converge vers 1500, et 0,8×1500+300=1500. Piège : l'équation ne prouve pas la convergence. Avec u0=1 et un+1=2un, ℓ=2ℓ donne ℓ=0, alors que un=2n tend vers +∞. On démontre d'abord que la suite converge, puis on résout.
Méthode
Suite u(n+1) = f(u(n)) : par où commencer
Avant toute démonstration, on regarde la suite : c'est ce qui donne les deux bornes a et b de l'encadrement que la méthode « Suite définie par une fonction croissante » démontre ensuite. 1. Calculer les premiers termes à la calculatrice. Avec u0=0 et un+1=un+2 : u1≈1,414, u2≈1,848, u3≈1,962, u4≈1,990. La suite semble croître et s'approcher de 2. 2. Chercher le point fixe, le nombre x tel que f(x)=x (on résout l'équation, ou l'on teste la valeur dont les termes s'approchent) : ici f(2)=2+2=2. C'est la limite probable. 3. Prendre a=u0=0 et b=2, le point fixe. Si la suite semblait décroître, on prendrait a égal au point fixe et b=u0. 4. Vérifier que f est croissante sur [0;2] : quand x augmente, x+2 augmente, et sa racine carrée aussi. 5. Démontrer par récurrence « 0≤un≤un+1≤2 ». Sur la copie : « La suite semble croissante et semble converger vers 2. » est une conjecture ; les valeurs calculées ne prouvent rien, la récurrence de l'étape 5 fait la preuve.
Méthode
Suite définie par une fonction croissante
C'est l'exercice de suites le plus fréquent : un+1=f(un), avec fcroissante sur un intervalle [a;b] qui contient u0. 1. Démontrer par récurrence la propriété P(n) : « a≤un≤un+1≤b ». 2. L'hérédité tient en une ligne : on applique f, croissante, à tout l'encadrement a≤uk≤uk+1≤b, ce qui donne f(a)≤uk+1≤uk+2≤f(b), puis on vérifie que f(a)≥a et f(b)≤b. 3. La suite est donc croissante et majorée par b : elle converge vers un réel ℓ. 4. Si f est continue, ℓ vérifie f(ℓ)=ℓ : on résout et l'on garde la solution comprise entre a et b. Avec u0=0 et un+1=un+2, on prend a=0 et b=2 : f(0)=2≥0 et f(2)=2, puis ℓ=ℓ+2 donne ℓ=2. Si u1<u0, la même récurrence s'écrit avec un+1≤un : la suite décroît et elle est minorée.
Exemple
Exemple : l'exercice type rédigé en entier
Énoncé : u0=0 et un+1=un+2. Montrer que 0≤un≤un+1≤2, puis trouver la limite. Initialisation : u1=2 et 0≤0≤2≤2. Hérédité : on suppose 0≤uk≤uk+1≤2. On ajoute 2 : 2≤uk+2≤uk+1+2≤4. La racine carrée est croissante : 2≤uk+1≤uk+2≤2, et 0≤2. Conclusion : pour tout n, 0≤un≤un+1≤2. Donc (un) est croissante et majorée par 2, donc elle converge vers un réel ℓ avec 0≤ℓ≤2. La fonction x↦x+2 est continue, donc ℓ=ℓ+2. On élève au carré : ℓ2=ℓ+2, soit ℓ2−ℓ−2=0, Δ=1+8=9, d'où ℓ=−1 ou ℓ=2. Comme ℓ≥0, ℓ=2, et l'on contrôle : 2+2=2.
Piège
Fonction croissante ne veut pas dire suite croissante
Pour une suite expliciteun=f(n), si f est croissante sur [0;+∞[, la suite est croissante. Pour une suite récurrenteun+1=f(un), c'est faux : la croissance de f ne donne pas le sens de variation de la suite. Contre-exemple : f(x)=21x+3 est croissante. Avec u0=8 : u1=7, puis u2=6,5, la suite décroît. Avec u0=1 : u1=3,5, puis u2=4,75, la suite croît. Même fonction, sens opposés : tout dépend du premier terme. Pour l'éviter : on compare u0 et u1, puis on démontre un≤un+1 (ou un+1≤un) par récurrence, comme dans la carte « Suite définie par une fonction croissante », ou on étudie le signe de un+1−un.
Et pour vérifier que c'est acquis ?
Au moins 30 QCM corrigés sur ce chapitre, ses exercices d'application et leur correction détaillée t'attendent sur www.coupdecraie.fr.
le terme suivant s'obtient en remplaçant le rang par le rang plus un, entre parenthèses
un+1etun+1
d'un côté le terme de rang suivant, de l'autre le terme actuel augmenté de un : deux nombres différents en général
un+1=un+r⟺un=u0+n×r
suite arithmétique : on ajoute la raison autant de fois que le rang
un+1=q×un⟺un=u0×qn
0≤uk≤4⇒−2≤−21uk≤0
un facteur négatif retourne l'encadrement : l'image de la grande borne devient la petite
0≤a≤b⇒a≤b
un+1−un≥0⇒(un)croissante
la méthode par défaut, valable quels que soient les signes des termes
un>0etunun+1≥1⇒(un)croissante
2n2n+1=2
deux puissances de même base qui se suivent se simplifient en la base
uk≤6⇒21uk+3≤6
l'hérédité part de l'hypothèse à un rang fixé et arrive à la même propriété au rang suivant
P(n0)vraieet∀k≥n0,P(k)⇒P(k+1)
21×(21)k=(21)k+1
multiplier une puissance par sa base ajoute un à l'exposant
4k+1+1=4(4k+1)−3
hérédité impeccable pour une propriété fausse partout : sans initialisation vérifiée, une récurrence ne prouve rien
∀n∈N,un≤M
la suite est majorée : aucun de ses termes ne dépasse le majorant, quel que soit le rang
∀n∈N,m≤un≤M
la suite est bornée : tous ses termes tiennent entre deux réels fixés une fois pour toutes
n>100⇒0<n1<0,01
à partir du rang cent un, tous les termes restent dans l'intervalle voulu
n>1000⇒0<n1<0,001
un intervalle plus étroit demande un rang plus grand, qui existe encore
n→+∞limun=ℓ
la suite converge : ses termes finissent par rester aussi proches que l'on veut de sa limite
n→+∞limun=+∞
la suite finit par dépasser n'importe quel seuil fixé à l'avance, et ne redescend plus en dessous
n→+∞limun=−∞
la suite finit par descendre sous n'importe quel seuil fixé à l'avance, et n'en remonte plus
5−2n≤−100⟺n≥52,5
à partir du rang cinquante-trois, tous les termes sont sous le seuil choisi
un=(−1)n
suite bornée et pourtant divergente : elle n'a pas de limite du tout, sans partir vers l'infini
les suites de référence qui partent vers plus l'infini, comme toute puissance du rang d'exposant strictement positif
n→+∞limn1=n→+∞limn21=n→+∞limn1=0
leurs inverses tendent vers zéro : ce sont eux qui disparaissent après une factorisation
une somme part à l'infini dès qu'un terme y part et qu'aucun ne part dans l'autre sens
ℓ×(+∞)=+∞siℓ>0ℓ×(+∞)=−∞siℓ<0
un facteur de limite non nulle transmet l'infini en y ajoutant son signe
±∞ℓ=00+ℓ=+∞siℓ>00−ℓ=−∞siℓ>0
diviser par l'infini écrase, diviser par un nombre qui s'annule fait exploser, avec la règle des signes
les 4 formes indéterminées
2n2+73n2−5n+2=2+n273−n5+n22
après factorisation par le terme dominant, chaque morceau restant a une limite connue
n→+∞lim2n2+73n2−5n+2=23
(n+1)2−(n)2=(n+1)−n=1
le carré d'une racine rend le nombre sous la racine, et les grands termes s'annulent
un≤vn≤wnetlimun=limwn=ℓ⇒limvn=ℓ
les gendarmes : deux suites de même limite finie coincent celle du milieu
un≤vnetlimun=+∞⇒limvn=+∞
un≤vnetlimvn=−∞⇒limun=−∞
n≥N⇒vn≥un≥A
la suite du dessous a passé le seuil, celle du dessus l'a donc passé aussi
−n1≤nsinn≤n1
on divise l'encadrement par un nombre strictement positif, ce qui conserve le sens des inégalités
n→+∞limnsinn=0
les deux bornes ayant la même limite, la suite coincée entre elles converge vers cette limite
vn≥n⇒limvn=+∞
minorer par une suite qui part à l'infini suffit à conclure
vn≤n2⇒aucune conclusion
majorer par une suite qui part à l'infini ne dit rien de la limite
(1+a)n≥1+na
valable pour tout réel strictement positif et tout entier naturel
(1+a)k+1≥(1+ka)(1+a)=1+(k+1)a+ka2≥1+(k+1)a
l'hérédité : on multiplie par un nombre positif, puis on laisse tomber un terme positif
q>1⇒qn≥1+n(q−1)etn→+∞limqn=+∞
n→+∞limqn=⎩⎨⎧+∞10si q>1si q=1si −1<q<1
la limite se lit sur la seule position de la raison
q≤−1⇒(qn) n’a pas de limite
les termes changent de signe à chaque rang sans se rapprocher d'aucun nombre
un=−3×2n⇒n→+∞limun=−∞
n2−3n=n2(1−n3)
on met en facteur le terme le plus fort, ce qui reste a une limite connue
un+1=0,8un+300
garder quatre-vingts pour cent des poissons, puis en ajouter trois cents
ℓ=aℓ+b
le point fixe se calcule en premier : c'est la limite candidate de la suite
vn+1=avn
la suite obtenue en retranchant le point fixe est géométrique, de raison le coefficient de la relation
un=6−5×(21)n
0,8un−1200=0,8(un−1500)
pour mettre la raison en facteur, on divise le nombre seul par elle et l'on retrouve celui de la suite auxiliaire
while 6 - u >= 0.01:
la boucle tourne tant que la condition cherchée n'est pas encore réalisée
6−u8=2565>0,01et6−u9=5125<0,01
on contrôle les deux rangs voisins : neuf est bien le premier qui convient
un=n2etu32=1024>1000
aucun seuil ne reste au-dessus de tous les termes : la suite n'est pas majorée
n≥N⇒un≥uN>A
dès qu'un terme a dépassé le seuil, la croissance empêche tous les suivants de redescendre
un+1=f(un),un→ℓ,fcontinue⇒ℓ=f(ℓ)
la limite, quand elle existe, est un nombre que la fonction laisse inchangé
ℓ=2ℓ⟺ℓ=0alors quen→+∞lim2n=+∞
f(x)=x+2etf(2)=2
le point fixe sert de borne pour l'encadrement et de limite probable
a≤uk≤uk+1≤b⟹f(a)≤uk+1≤uk+2≤f(b)
une fonction croissante conserve l'ordre de tout l'encadrement d'un seul coup
ℓ=ℓ+2⟺ℓ=2
la valeur négative trouvée en élevant au carré ne vérifie pas l'équation de départ
2≤uk+2≤uk+1+2≤4
on reconstruit pas à pas l'expression qui est sous la racine
ℓ=21−3=−1ouℓ=21+3=2
u0=8,u1=7,u2=6,5
fonction croissante et pourtant suite décroissante
suite géométrique : on multiplie par la raison autant de fois que le rang
une fonction croissante appliquée aux deux membres conserve le sens
variante réservée aux suites dont tous les termes sont strictement positifs, commode avec des puissances
les deux étapes réunies, et elles seules, donnent la propriété à tous les rangs à partir du premier
quand les deux degrés sont égaux, la limite est le quotient des coefficients dominants
comparaison : une suite plus grande qu'une suite qui part à l'infini y part aussi
vers moins l'infini, c'est la plus grande qui entraîne la plus petite
la conséquence qui sert : une puissance d'un réel plus grand que un part à l'infini
le signe du premier terme se reporte sur la limite infinie
on revient toujours à la suite de départ avant d'annoncer sa limite
une solution de l'équation n'est pas forcément une limite : il faut d'abord la convergence
les deux racines du trinôme, dont une seule est positive