La vitesse de réaction dit à quel rythme les quantités de matière (ou les concentrations) des réactifs et des produits changent au cours du temps.
Une transformation rapide va si vite qu'on n'observe que l'état final ;
une transformation lente laisse le temps de mesurer des concentrations à plusieurs dates.
Cette vitesse n'est pas constante : en général grande au début, elle diminue jusqu'à devenir nulle à la fin.
Sa définition précise, avec son unité, vient plus loin dans la fiche (vitesse volumique).
Un passage pas clair ?
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Définition
Transformations lente/rapide et facteurs cinétiques
02
Transformation rapide : quasi-instantanée.
Transformation lente : on peut suivre l'évolution des quantités de matière au cours du temps.
Un facteur cinétique modifie la vitesse de réaction : la température (l'augmenter accélère), la concentration des réactifs (l'augmenter accélère), la surface de contact d'un réactif solide (le broyer ou le diviser accélère) et l'ajout d'un catalyseur.
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Propriété
Pourquoi les facteurs cinétiques agissent : les chocs
03
Une transformation se produit lorsque les entités des réactifs se rencontrent par des chocs efficaces, c'est-à-dire assez énergétiques et correctement orientés.
Augmenter la concentration rapproche les entités : les chocs deviennent plus fréquents.
Augmenter la température accélère l'agitation thermique : les chocs sont à la fois plus fréquents et plus énergétiques
Donc : plus souvent efficaces.
Au cours du temps les réactifs se consomment et leur concentration baisse : la réaction ralentit d'elle-même, jusqu'à s'arrêter, pour une transformation totale, quand le réactif limitant est épuisé.
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Définition
Catalyse
04
Un catalyseur augmente la vitesse d'une réaction sans figurer dans l'équation de bilan (ni réactif ni produit).
Catalyse homogène : catalyseur et réactifs dans le même état physique ;
catalyse hétérogène : états physiques différents.
À retenir
2HX2OX22HX2O+OX2
Vocabulaire
Enzyme, substrat, site actif
05
Une enzyme est un catalyseur biologique, le plus souvent une protéine produite par la cellule : on parle de catalyse enzymatique.
L'espèce qu'elle transforme est son substrat ;
celui-ci se fixe sur une zone précise de l'enzyme, le site actif, dont la forme n'accueille qu'un substrat donné : la catalyse enzymatique est très sélective et très efficace.
Elle n'opère que dans un domaine étroit de température et de pH : au-delà, l'enzyme est dénaturée et perd son activité.
La catalase, présente dans le sang ou la pomme de terre, décompose ainsi l'eau oxygénée bien plus vite que les ions FeX3+.
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Vocabulaire
Lire la notation d[P]/dt
06
La notation dtd[P] se lit « d P sur d t » : c'est la dérivée par rapport au temps de la fonction qui, à la date t, associe la concentration [P].
C'est exactement le f′(t) vu en 1re, écrit autrement : la lettre du bas indique la variable.
Formulaire
Vitesse volumique d'apparition et de disparition
07
La vitesse volumique mesure la variation de concentration au cours du temps (une dérivée).
Pour un produit : vitesse d'apparition positive ;
pour un réactif : signe − pour la rendre positive.
Unité :
mol⋅L−1⋅s−1
À retenir
vP(t)=dtd[P]
Exemple
Calculer une vitesse moyenne
08
Un produit P a pour concentration 2,0×10−3mol⋅L−1 à t1=60s et 5,0×10−3mol⋅L−1 à t2=180s.
Méthode
Lire une vitesse volumique sur une courbe
09
On dispose de la courbe [A]=f(t) et on cherche la vitesse volumique de disparition de A à une date t1.
1
On trace la tangente à la courbe au point d'abscisse t1.
Exemple
Le calcul de la tangente, posé
10
Dans la carte précédente, le coefficient directeur vaut 100−04,0×10−3−2,0×10−2.
Formulaire
Relier les vitesses par la stœchiométrie
11
Dans une même transformation, les espèces n'évoluent pas toutes à la même vitesse : chaque vitesse volumique est proportionnelle au coefficient stœchiométrique de son espèce.
À volume constant, pour une équation aA+bB⟶cC+dD, la vitesse d'une espèce divisée par son coefficient donne la même valeur pour toutes.
Pour 2HX2OX22HX2O+OX2, le dioxygène apparaît deux fois moins vite que l'eau oxygénée ne disparaît.
Loi
Conductivité d'une solution
12
La conductivitéσ (sigma) mesure l'aptitude d'une solution à conduire le courant, porté par les ions qu'elle contient ;
elle se mesure au conductimètre et s'exprime en siemens par mètre (S⋅m−1).
Pour une solution diluée, la loi de Kohlrausch l'écrit comme une somme de contributions, chacune proportionnelle à la concentration d'un ion.
Unités
la conductivité molaire ionique λ s'exprime en S⋅m2⋅mol−1 et la concentration en mol⋅m−3, avec 1mol⋅L−1=103mol⋅m−3 (un mètre cube contient mille litres).
Formulaire
L'équation d'état du gaz parfait
13
Pour un gaz assimilé à un gaz parfait, PV=nRT relie pression, volume, quantité de matière et température ;
elle prolonge la loi de Mariotte de 1re (à n et T fixés, PV reste constant).
R=8,314J⋅mol−1⋅K−1 est la constante des gaz parfaits.
Méthode
Suivi expérimental d'une transformation
14
On suit l'évolution d'une concentration au cours du temps.
Suivi par une grandeur physique (sans prélèvement) : spectrophotométrie (absorbance A d'une espèce colorée, loi de Beer-Lambert), conductimétrie (conductivité σ si des ions apparaissent/disparaissent), pH-métrie (ions HX3OX+),pression (réaction avec un gaz).
Méthode
De l'absorbance à l'avancement
15
On a mesuré l'absorbance d'une espèce colorée X et on veut l'avancement.
1
On mesure l'absorbanceA (sans unité) au spectrophotomètre, à la longueur d'onde où X absorbe le plus.
2
On en tire la concentration [X]=εℓA, avec ε en L⋅mol−1⋅cm−1 et ℓ en cm (ou on la lit sur une droite d'étalonnage).
Définition
La trempe : arrêter la réaction pour la doser
16
Un suivi par titrage impose de prélever puis de doser : pendant le dosage, la réaction continuerait dans le prélèvement et fausserait la mesure.
La trempe la bloque en jouant sur les facteurs cinétiques en sens inverse : refroidissement brutal dans un bain de glace et dilution dans un grand volume d'eau froide.
La date attribuée au point de mesure est celle de la trempe, jamais celle du dosage.
La dilution ne gêne pas le calcul : elle abaisse la concentration du prélèvement, pas la quantité de matière qu'il contient.
À retenir
n=cV
la trempe dilue le prélèvement : sa concentration baisse, mais la quantité de matière dosée reste celle qui avait été prélevée
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Définition
Temps de demi-réaction
17
Le temps de demi-réactiont1/2 est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale (pour une réaction totale, xf=xmax).
Méthode
Lire le temps de demi-réaction sur une courbe
18
On dispose d'une courbe de concentration en fonction du temps et on cherche t1/2.
1
On repère la valeur finale : le palier pour un produit ;
0 pour le réactif limitant d'une réaction totale.
2
On calcule la valeur à mi-chemin : 2[P]f pour un produit absent au départ, 2[A]0 pour ce réactif limitant.
Piège
Ce qu'un catalyseur ne change pas
19
Un catalyseur accélère la transformation : il raccourcit la durée de réaction et diminue le temps de demi-réaction.
En revanche il ne déplace pas l'état final : les quantités de matière obtenues à la fin sont exactement les mêmes, atteintes seulement plus tôt.
Sur un graphique, la courbe catalysée monte plus vite mais rejoint le même palier que la courbe sans catalyseur.
Il n'est pas non plus consommé : une petite quantité suffit, et on le retrouve intact à la fin.
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Formulaire
Le logarithme népérien, mode d'emploi
20
On admet qu'il existe une fonction, le logarithme népérien noté ln (touche ln de la calculatrice), qui défait l'exponentielle : ln(ex)=x pour tout réel x, et elny=y pour tout y>0.
Définition
Équation différentielle : de quoi parle-t-on ?
21
Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction et qui relie cette fonction à sa dérivée.
En cinétique, l'inconnue est la fonction t↦[A](t) et l'équation traduit la loi de vitesse, par exemple dtd[A]=−k[A] pour l'ordre 1 (carte suivante).
Loi
Loi de vitesse d'ordre 1
22
Une réaction est d'ordre 1 par rapport à A si sa vitesse est proportionnelle à [A].
k est la constante de vitesse (en s−1).
Le temps de demi-réaction ne dépend pas de [A]0.
Exemple
D'où vient t1/2 = ln 2 / k
23
À la date t1/2, il reste la moitié du réactif :
[A]0e−kt1/2=2[A]0
Méthode
Exploiter le temps de demi-réaction
24
À l'ordre 1, t1/2 suffit pour obtenir k, puis pour prévoir n'importe quelle durée.
Exemple :
un suivi donne t1/2=25min
Exemple
Isoler t dans une exponentielle, pas à pas
25
Étapes 3 et 4 de la carte précédente : e−kt=0,10 donne, en prenant le ln,−kt=ln(0,10)=−ln10
Piège
L'unité de la constante de vitesse
26
À l'ordre 1, la constante de vitesse k s'exprime en s−1 (ou min−1,h−1) : jamais en mol⋅L−1⋅s−1, qui est l'unité d'une vitesse volumique, pas celle d'une constante.
Méthode
Identification graphique d'une réaction d'ordre 1
27
Si la courbe ln([A]) en fonction de t est une droite, la réaction est d'ordre 1.
La pente vaut −k et l'ordonnée à l'origineln([A]0).
Méthode
Vérifier l'ordre 1 avec un tableur
28
La droite vient de la loi horaire : ln([A])=ln([A]0)+ln(e−kt)=ln([A]0)−kt, de la forme y=ax+b avec y=ln([A]),x=t et a=−k.
Propriété
D'où vient la formule d'Euler
29
Sur un pas de temps Δt court, on remplace la dérivée par un taux de variation :
dtd[A]≈Δt[A](t+Δt)−[A](t)
Méthode
Résoudre par la méthode d'Euler
30
Quand la solution de l'équation différentielle n'est pas connue, on l'intègre pas à pas : sur une durée courte Δt, la courbe est assimilée à sa tangente.
Exemple d'ordre 1 avec k=2,0×10−2s−1, [A]0=1,00×10−1mol⋅L−1 et un pas Δt=1,0s :
Exercices d'application
Exercice 1
Vitesse moyenne d'apparition
Au cours d'une réaction, la concentration en produit P passe de 0 à 0,40mol⋅L−1 entre t1=0 et t2=20s. Calculer la vitesse volumique moyenne d'apparition de P.
Cette fiche est offerte
Elle fait partie de la plateforme d'entraînement, du collège au bac : 173 fiches comme celle-ci, plus de 8 500 QCM corrigés (au moins 30 par chapitre) et la Prép Bac (annales + bacs blancs).
Graphiquement, c'est le coefficient directeur de la corde qui joint les deux points de la courbe.
La vitesse à un instant est, elle, le coefficient directeur de la tangente en un seul point : c'est ce que calcule la carte suivante.
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2
On relève les coordonnées de deux points éloignés de cette tangente, pour limiter l'imprécision de lecture.
3
On calcule son coefficient directeur : pour t1=0, avec les points (0s;2,0×10−2mol⋅L−1) et (100s;4,0×10−3mol⋅L−1), il vaut −1,6×10−4mol⋅L−1⋅s−1.
4
Pour un réactif, la vitesse est l'opposé de ce coefficient directeur
Donc : une valeur positive.
Exemple
Sur la copie : « la tangente à l'origine a pour coefficient directeur −1,6×10−4mol⋅L−1⋅s−1, donc vA(0)=1,6×10−4mol⋅L−1⋅s−1. »
À retenir
vA(t1)=−ΔtΔ[A]
vitesse de disparition d'un réactif à une date donnée : l'opposé du coefficient directeur de la tangente, calculé entre deux points éloignés
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On écrit d'abord les deux concentrations en écriture décimale : 0,0040−0,020=−0,016=−1,6×10−2mol⋅L−1, négatif car A disparaît.
On divise ensuite par 100=102 :
102−1,6×10−2=−1,6×10−4mol⋅L−1⋅s−1
Piège : on ne soustrait jamais directement les nombres écrits devant des puissances de 10 différentes (4,0−2,0 serait faux).
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À retenir
avA=bvB=cvC=dvD
à volume constant, la vitesse volumique de chaque espèce divisée par son coefficient stœchiométrique donne toujours la même valeur
v(OX2)=21v(HX2OX2)
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Si la réaction crée des ions, σ augmente ;
si elle en consomme, σ diminue : suivre σ au cours du temps renseigne donc sur l'avancement.
À retenir
σ=i∑λi[Xi]
conductivité : somme, sur tous les ions, de la conductivité molaire ionique de l'ion multipliée par sa concentration en mol par mètre cube
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Unités imposées : P en pascals, V en mètres cubes (1L=10−3m3),T en kelvins.
Exemple
0,24L de gaz à 25°C sous 1,0×105Pa contiennent n=8,314×2981,0×105×2,4×10−4=9,7×10−3mol.
À retenir
T=θ+273,15
température en kelvins à partir de la température en degrés Celsius
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Suivi par titrage
prélèvements réguliers avec trempe (dilution et refroidissement) puis dosage.
On préfère une méthode physique, non destructive : plus rapide et plus de points.
À retenir
A=εℓ[X]
loi de Beer-Lambert : A absorbance, ε coefficient, ℓ épaisseur, [X] concentration
PV=nRT
gaz parfaits : P (Pa), V (m³), n (mol), T (K)
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3
On passe à la quantité de matière n(X)=[X]V, avec V le volume du mélange en litres.
4
Le tableau d'avancement relie n(X) à x : pour un produit de coefficient 1 absent au départ, x=n(X).
Exemple
A=0,45,ε=1,5×103L⋅mol−1⋅cm−1 et ℓ=1,0cm donnent [X]=3,0×10−4mol⋅L−1
Puis :
x=1,5×10−5mol pour V=50mL
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À cet instant, la moitié du réactif limitant a été consommée ;
graphiquement, abscisse du point valant la moitié du palier.
À retenir
x(t1/2)=2xf
avancement à la demi-réaction
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3
On place cette valeur sur l'axe des ordonnées, on rejoint la courbe horizontalement
Puis : on lit l'abscisse du point :
c'est t1/2
Cette lecture revient bien à x=2xf
Car : à volume constant, chaque concentration est une fonction affine de l'avancement.
Exemple : palier à 8,0×10−3mol⋅L−1, on cherche la date où [P]=4,0×10−3mol⋅L−1.
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Elle n'est définie que pour des nombres strictement positifs.
Elle transforme les produits en sommes :
ln(ab)=lna+lnb et ln(ba)=lna−lnb
Donc :
ln(a1)=−lna
Valeurs utiles :
ln1=0,ln2≈0,693,ln10≈2,30
Pour isoler t dans e−kt=c, on prend le ln des deux membres :
−kt=lnc
À retenir
ln(ex)=x
le logarithme népérien défait l'exponentielle
ln(ab)=lna+lnb
le logarithme d'un produit est la somme des logarithmes
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On admet que la seule solution qui vaut [A]0 à t=0 est [A](t)=[A]0e−kt.
On le vérifie avec la dérivée vue en 1re (e−kt a pour dérivée −ke−kt) :
dtd[A]=−k[A]0e−kt=−k[A]
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À retenir
vA(t)=−dtd[A]=k[A]
loi d'ordre 1 ; k constante de vitesse en s−1
dtd[A]+k[A]=0
équation différentielle associée
[A](t)=[A]0e−kt
solution : décroissance exponentielle
t1/2=kln2
temps de demi-réaction (indépendant de [A]0)
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On divise par [A]0 :
e−kt1/2=21
la concentration initiale a disparu du calcul
D'où :
un t1/2 indépendant de [A]0
On prend le ln des deux membres :
−kt1/2=ln(21)=−ln2
On divise par −k :
t1/2=kln2, avec ln2≈0,693
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1
Constante de vitesse :
k=t1/2ln2=250,693=2,77×10−2min−1
2
Loi horaire :
[A](t)=[A]0e−kt
3
Il reste 10% du réactif quand e−kt=0,10, soit t=kln10.
4
Application :
t=2,77×10−22,30=83min
Exemple
Sur la copie : « il reste 10% de A au bout de 83 min, soit environ 3,3t1/2. »
À retenir
k=t1/2ln2
à l'ordre 1 seulement, la constante de vitesse se déduit du temps de demi-réaction lu sur la courbe
t=k1ln([A][A]0)
durée nécessaire pour passer de la concentration initiale à une concentration voulue, pour une réaction d'ordre 1
Un passage pas clair ?
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D'où :
t=kln10
2,30 est la valeur de ln10 et 0,693 celle de ln2, lues à la calculatrice.
Cas général : [A]0[A]=e−kt donne −kt=ln([A]0[A]), soit t=k1ln([A][A]0) : on a divisé par −k et retourné la fraction
Car : ln(a1)=−lna absorbe le signe moins.
Exemple : avec k=2,77×10−2min−1, passer de 5,0×10−2 à 1,0×10−2mol⋅L−1 demande t=2,77×10−2ln5,0=2,77×10−21,61=58min.
Un passage pas clair ?
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Le produit kt placé dans l'exponentielle est sans unité : si k est donnée en min−1
Alors : t doit être exprimé en minutes, et t1/2 ressort en minutes.
Autre confusion fréquente : un t1/2indépendant de la concentration initiale est une propriété de l'ordre 1, pas une règle valable pour toute réaction.
À retenir
k×t1/2=ln2≈0,69
ce produit est sans unité : il impose que la constante de vitesse et le temps soient exprimés avec la même unité de temps
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À retenir
ln([A](t))=ln([A]0)−kt
droite de pente −k
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1
Dans un tableur, on ajoute une colonne ln([A]), calculée sur la valeur de [A] en mol⋅L−1.
2
On trace ln([A]) en fonction de t : si les points sont alignés, la réaction est d'ordre 1.
3
On modélise par une droite : k est l'opposé de sa pente.
Exemple
[A]=0,100mol⋅L−1 à t=0 et 0,0368mol⋅L−1 à t=50s donnent ln([A])=−2,303 puis −3,302 ;
pente 50−3,302+2,303=−2,00×10−2s−1
Donc :
k=2,00×10−2s−1
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La loi d'ordre 1 dtd[A]=−k[A] devient Δt[A](t+Δt)−[A](t)=−k[A](t).
On multiplie par Δt
Puis : on ajoute [A](t) aux deux membres :
[A](t+Δt)=[A](t)−k[A](t)Δt
C'est la formule appliquée pas à pas dans la carte suivante, où « intégrer » l'équation veut simplement dire trouver la fonction solution, ici valeur après valeur.
En Python, la boucle répète la seule ligne A = A - k*A*dt en avançant la date de dt à chaque tour.
Exemple
Sur la copie : « à t=2,0 s, la solution exacte vaut 9,61×10−2mol⋅L−1 : l'écart vient du pas choisi, et se réduit quand Δt diminue. »
À retenir
[A](t+Δt)=[A](t)−k[A](t)Δt
méthode d'Euler pour une réaction d'ordre 1 : on avance d'un pas de temps en suivant la tangente, avec un pas petit devant le temps de demi-réaction
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Voir le corrigé
Formule
pour un produit, la vitesse volumique moyenne d'apparition est
vP=t2−t1[P](t2)−[P](t1)
Application numérique
vP=20−00,40−0=2,0×10−2mol⋅L−1⋅s−1.
La concentration du produit augmente, la vitesse d'apparition est bien positive.
Exercice 2
Réaction d'ordre 1 : concentration et demi-réaction
Une réaction est d'ordre 1 par rapport à A, avec [A]0=0,10mol⋅L−1 et k=0,030s−1. 1) Calculer [A] à t=60s. 2) Déterminer le temps de demi-réaction t1/2. Dépend-il de [A]0 ?
Voir le corrigé
1) Pour un ordre 1, la concentration suit une décroissance exponentielle :
[A](t)=[A]0e−kt
Application numérique :
[A](60)=0,10×e−0,030×60=0,10×e−1,8=0,10×0,165, soit [A](60)≈1,7×10−2mol⋅L−1
Exercice 3
Lecture du temps de demi-réaction
La courbe ci-dessous donne l'avancement x (en mmol) en fonction du temps. La réaction est totale. 1) Déterminer l'avancement final xf. 2) En déduire 2xf, puis lire le temps de demi-réaction t1/2.
Voir le corrigé
1) La réaction étant totale, xf=xmax : c'est la valeur du palier (asymptote horizontale de la courbe).
On lit xf=10mmol.
Exercice 4
Identifier un ordre 1 par régression
Pour une réaction de réactif A, on trace ln([A]) en fonction du temps : les points sont alignés et la droite a pour pente −0,40min−1. 1) Que peut-on conclure sur l'ordre de la réaction ? 2) En déduire la constante de vitesse k.
Voir le corrigé
1) Pour un ordre 1, on a ln([A](t))=ln([A]0)−kt : c'est une fonction affine du temps.
Comme les points (t,ln([A])) sont alignés, la réaction est bien d'ordre 1 par rapport à A.
2) La pente de la droite vaut −k
Donc :
−k=−0,40min−1, soit k=0,40min−1
(Remarque : l'ordonnée à l'origine de la droite donnerait ln([A]0).)
Exercice 5
Choisir une méthode de suivi
Pour chaque transformation, proposer une méthode de suivi adaptée et la justifier : 1) 2HX2OX22HX2O+OX2, avec dégagement de dioxygène gazeux. 2) Décoloration du diiode IX2 (espèce colorée) en solution. 3) Une hydrolyse qui libère des ions HX3OX+ et ClX− en solution.
Voir le corrigé
1) La réaction dégage un gaz : suivi par mesure de pression dans une enceinte fermée ;
la loi des gaz parfaits PV=nRT relie P à la quantité de dioxygène formé.
2) Le diiode est la seule espèce colorée : suivi par spectrophotométrie ;
la loi de Beer-Lambert A=εℓ[IX2] donne [IX2] à chaque instant.
Exercice 6
Comparer la rapidité selon les facteurs cinétiques
On étudie 2HX++ZnZnX2++HX2 dans trois conditions :
Réaction
Température
[HX+]0
1
20∘C
0,20mol⋅L−1
2
40∘C
0,20mol⋅L−1
3
20∘C
0,40mol⋅L−1
1) Comparer la rapidité de 1 et 2, puis de 1 et 3. Justifier. 2) Peut-on comparer 2 et 3 sans mesure ? 3) On mesure t1/2(2)=15s et t1/2(3)=20s. Conclure.
Voir le corrigé
1) Réactions 1 et 2 :
même [HX+]0 mais T2>T1
Exercice 7
Transformation lente ou rapide ?
Classer chaque transformation comme lente ou rapide, en justifiant : 1) La précipitation du chlorure d'argent dès le mélange de solutions contenant AgX+ et ClX−. 2) La formation de rouille sur une grille en fer laissée à l'extérieur. 3) La décoloration d'une solution de permanganate de potassium par l'acide oxalique, observable à l'œil pendant plusieurs minutes. 4) Pour lesquelles de ces transformations peut-on suivre l'évolution des quantités de matière au cours du temps ?
Voir le corrigé
1) Rapide : le précipité blanc apparaît dès le mélange, la transformation est quasi-instantanée.
2) Lente : la rouille se forme sur des jours, voire des semaines.
3) Lente : l'évolution de la couleur est observable à l'œil nu pendant plusieurs minutes.
4) On ne peut suivre l'évolution des quantités de matière que pour les transformations lentes
Donc : pour les transformations 2 et 3 (la 1 est terminée avant toute mesure).
Exercice 8
Catalyse de la décomposition de l'eau oxygénée
L'eau oxygénée se décompose selon 2HX2OX22HX2O+OX2, transformation très lente à température ambiante. On peut l'accélérer en ajoutant quelques gouttes d'une solution aqueuse de chlorure de fer(III) (ions FeX3+) ou en plongeant un fil de platine dans la solution. 1) Justifier que les ions FeX3+ et le platine sont des catalyseurs de cette réaction. 2) Préciser, en justifiant, le type de catalyse (homogène ou hétérogène) dans chaque cas.
Voir le corrigé
1) Un catalyseur augmente la vitesse d'une réaction sans figurer dans l'équation de bilan : il n'est ni réactif ni produit, et on le retrouve intact en fin de transformation.
C'est le cas des ions FeX3+ et du platine : ils accélèrent la décomposition mais n'apparaissent pas dans 2HX2OX22HX2O+OX2.
Exercice 9
Vitesse volumique de disparition
Au cours d'une réaction, la concentration du réactif R passe de 0,50mol⋅L−1 à 0,32mol⋅L−1 entre t1=0 et t2=60s. 1) Calculer la vitesse volumique moyenne de disparition de R. 2) Pourquoi met-on un signe − dans la définition vR(t)=−dtd[R] ?
Voir le corrigé
1) Formule : pour un réactif, la vitesse volumique moyenne de disparition est
vR=−t2−t1[R](t2)−[R](t1)
Exercice 10
Suivi par spectrophotométrie et trempe
On suit la disparition du diiode IX2 (espèce colorée) au cours d'une réaction lente, par spectrophotométrie à λ=470nm. Données : ε=2,3×103L⋅mol−1⋅cm−1 et ℓ=1,0cm. 1) À t=120s, on mesure une absorbance A=0,46. Calculer [IX2] à cet instant. 2) Un autre protocole consiste à faire des prélèvements réguliers puis à titrer le diiode. Pourquoi faut-il réaliser une trempe sur chaque prélèvement ? 3) Citer un avantage du suivi spectrophotométrique par rapport au suivi par titrage.
cas de la décomposition de l'eau oxygénée : deux molécules d'eau oxygénée disparaissent pendant qu'une molécule de dioxygène apparaît
2) Pour un ordre 1 :
t1/2=kln2=0,0300,693≈23s
Ce temps ne dépend pas de [A]0 : c'est une propriété caractéristique des réactions d'ordre 1.
2) 2xf=5,0mmol.
Par définition : x(t1/2)=2xf : on repère le point de la courbe d'ordonnée 5,0mmol et on lit son abscisse :
t1/2≈17s
À cet instant, la moitié du réactif limitant a été consommée.
3) Des ions apparaissent : suivi par conductimétrie (la conductivité σ augmente).
Comme des ions HX3OX+ sont produits, un suivi par pH-métrie est aussi possible (le pH diminue).
Ces trois méthodes sont physiques
Donc : non destructives : le suivi est continu et fournit beaucoup de points de mesure.
La température est un facteur cinétique (l'augmenter accélère)
Donc : 2 est plus rapide que 1.
Réactions 1 et 3 : même température mais [HX+]0 plus grande en 3.
La concentration des réactifs est un facteur cinétique
Donc : 3 est plus rapide que 1.
2) Non : de 2 à 3, les deux facteurs varient en sens contraires (la température favorise 2, la concentration favorise 3).
On ne peut pas conclure sans mesure.
3) Plus t1/2 est court, plus la réaction est rapide.
Comme t1/2(2)=15s<t1/2(3)=20s : la réaction 2 est plus rapide que 3.
2) Les ions FeX3+ sont dissous en solution aqueuse, comme le réactif HX2OX2 : catalyseur et réactifs dans le même état physique
Donc : catalyse homogène.
Le platine est un solide plongé dans une solution aqueuse : états physiques différents
Donc : catalyse hétérogène.
Application numérique
vR=−60−00,32−0,50=600,18=3,0×10−3mol⋅L−1⋅s−1.
2) La concentration d'un réactif diminue au cours du temps
Donc :
dtd[R]<0
Le signe − sert à rendre la vitesse de disparition positive.
2) La trempe (dilution du prélèvement dans un grand volume d'eau glacée) bloque la réaction dans le prélèvement : on abaisse brutalement la température et les concentrations, deux facteurs cinétiques.
La composition ne change alors plus pendant la durée du titrage : la mesure correspond bien à l'instant du prélèvement.
3) La spectrophotométrie est une méthode physique, non destructive : pas de prélèvement, mesure quasi continue
Donc : plus rapide et beaucoup plus de points de mesure.