1) Notons
p=dimF et
q=dimG. Comme sous-espaces d'un espace de dimension finie,
F et
G sont de dimension finie ; ils admettent des bases
(f1,…,fp) et
(g1,…,gq), éventuellement vides.
La famille
(f1,…,fp,g1,…,gq) compte
p+q>n vecteurs de
E. Dans un espace de dimension finie
n, une famille libre compte au plus
n vecteurs : cette famille est donc liée.
Il existe ainsi des scalaires
α1,…,αp,β1,…,βq non tous nuls tels que
∑i=1pαifi+∑j=1qβjgj=0. Posons
x=∑i=1pαifi=−∑j=1qβjgj.
La première écriture montre que
x∈F et la seconde que
x∈G, car un sous-espace est stable par combinaison linéaire. Donc
x∈F∩G.
Si l'on avait
x=0, la liberté de
(f1,…,fp) donnerait tous les
αi nuls, et celle de
(g1,…,gq) tous les
βj nuls, ce qui contredit le choix des scalaires. Donc
x=0 et
F∩G={0}.
2) Soit
P l'ensemble des polynômes pairs de
R4[X]. Un polynôme
∑k=04akXk est pair si et seulement si
a1=a3=0, donc
P=Vect(1,X2,X4), qui est un sous-espace vectoriel de
R4[X].
La famille
(1,X2,X4) est une sous-famille de la base canonique, donc elle est libre : c'est une base de
P, et
dimP=3.
Soit
F un sous-espace de dimension
3 de
R4[X]. L'espace
R4[X] est de dimension finie
5, et
dimF+dimP=6>5 : les hypothèses de 1) sont réunies, donc
F∩P contient un polynôme non nul, qui est pair.
3) Comme
F est un sous-espace de
E, qui est de dimension finie,
F est de dimension finie et
dimF≤dimE ; notons
p=dimF, de sorte que
p≤n. De plus
F⊂E et
F=E : si l'on avait
dimF=dimE, l'égalité par inclusion et dimension donnerait
F=E. Donc
p<n, et on pose
m=n−p≥1.
Soit
(f1,…,fp) une base de
F, vide si
p=0. Hypothèses du théorème de la base incomplète : cette famille est libre dans
E, et une base quelconque de
E fournit une famille génératrice finie. On la complète en une base
(f1,…,fp,g1,…,gm) de
E, qui compte bien
n vecteurs puisque toutes les bases de
E ont
n vecteurs.
Posons
B′=(f1+g1,…,fp+g1,g1,…,gm), famille de
n vecteurs.
Aucun
gj n'appartient à
F : sinon
gj serait combinaison linéaire de
f1,…,fp, et la base
(f1,…,fp,g1,…,gm) serait liée.
Aucun
fi+g1 n'appartient à
F : sinon
g1=(fi+g1)−fi serait dans
F, ce qui vient d'être exclu.
Enfin
Vect(B′) contient les
gj et les
fi=(fi+g1)−g1 ; il contient donc une base de
E, et il est égal à
E. La famille
B′ est génératrice de
E et compte
n=dimE vecteurs : c'est une base de
E, et aucun de ses vecteurs n'appartient à
F.