1) Le sous-espace
G est stable par combinaison linéaire, donc
(λ−μ)x=(y+λx)−(y+μx)∈G. Comme
λ=μ et que
K est un corps, le scalaire
λ−μ est inversible, et
x=(λ−μ)−1⋅((λ−μ)x)∈G. Enfin
y=(y+λx)−λx∈G.
2) Notons
H(n) la propriété : «
E n'est pas la réunion de
n sous-espaces stricts ». Initialisation : si
E=F1, alors
F1 n'est pas strict, donc
H(1) est vraie. Hérédité : soit
n≥2 tel que
H(n−1) soit vraie, et supposons par l'absurde
E=F1∪⋯∪Fn avec des
Fi stricts. Par
H(n−1), la réunion
F1∪⋯∪Fn−1 n'est pas égale à
E : il existe
x∈E hors de cette réunion, et comme
x∈F1∪⋯∪Fn, on a
x∈Fn. Comme
Fn est strict, il existe aussi
y∈E∖Fn. Pour tout
λ∈K,
y+λx∈/Fn, sinon
y=(y+λx)−λx serait dans
Fn. Donc
y+λx∈F1∪⋯∪Fn−1, et l'on choisit un indice
φ(λ)∈[[1,n−1]] tel que
y+λx∈Fφ(λ). L'application
φ va de l'ensemble infini
K dans l'ensemble fini
[[1,n−1]], donc elle n'est pas injective : il existe
λ=μ et un indice
i tels que
φ(λ)=φ(μ)=i. La question 1, appliquée au sous-espace
Fi et aux scalaires distincts
λ et
μ, donne
x∈Fi, ce qui contredit le choix de
x. Donc
H(n) est vraie et, par récurrence,
H(n) est vraie pour tout
n≥1. La preuve montre même que le résultat vaut dès que
K possède au moins
n éléments ; pour
n=2, on retrouve qu'aucun espace n'est réunion de deux sous-espaces stricts, sur n'importe quel corps.
3) On a
E={(0,0),(1,0),(0,1),(1,1)}. Les parties
D1=Vect((1,0))={(0,0),(1,0)},
D2=Vect((0,1))={(0,0),(0,1)} et
D3=Vect((1,1))={(0,0),(1,1)} sont des sous-espaces vectoriels, puisque ce sont des sous-espaces engendrés ; on les calcule avec les deux seuls scalaires
0 et
1. Chacun a deux éléments alors que
E en a quatre, donc chacun est strict, et
D1∪D2∪D3=E. On ne peut donc pas supprimer l'hypothèse portant sur
K : sur
F2, le résultat de la question 2 tombe dès
n=3. La preuve n'utilisait d'ailleurs que le fait que
K possède au moins
n éléments, ce que l'hypothèse «
K infini » garantit pour tout
n ; ici
K n'a que deux éléments, alors que le cas
n=3 en demande trois.
4) L'hypothèse
G⊂F1∪⋯∪Fn donne
G=(G∩F1)∪⋯∪(G∩Fn), l'autre inclusion étant immédiate. Le sous-espace
G est lui-même un
K-espace vectoriel, et chaque
G∩Fi, intersection de deux sous-espaces de
E, est un sous-espace de
E contenu dans
G : il contient
0E et il est stable par combinaison linéaire, c'est donc un sous-espace vectoriel de
G. La question 2, appliquée au
K-espace vectoriel
G avec
K infini, interdit que tous les
G∩Fi soient stricts dans
G : il existe
i tel que
G∩Fi=G, c'est-à-dire
G⊂Fi.