1) La composition est compatible avec la somme et le produit par un scalaire sur le premier polynôme :
(P+λQ)∘(X+1)=P∘(X+1)+λQ∘(X+1). En retranchant
P+λQ, on obtient
Δ(P+λQ)=Δ(P)+λΔ(Q).
2) Si
P=μ est constant,
P∘(X+1)=μ et
Δ(P)=0. Pour
j≥1, la formule du binôme de Newton donne
Δ(Xj)=(X+1)j−Xj=jXj−1+∑i=0j−2(ij)Xi, polynôme de degré au plus
j−1. Écrivons
P=cXd+∑j=0d−1tjXj. Par 1),
Δ(P)=cdXd−1+c∑i=0d−2(id)Xi+∑j=0d−1tjΔ(Xj), et chaque
Δ(Xj) avec
j≤d−1 est nul ou de degré au plus
d−2. Comme
K=R ou
C, l'entier
d≥1 est non nul dans
K, donc
cd=0 : le terme
cdXd−1 est le seul de degré
d−1. Ainsi
degΔ(P)=d−1 et
cd(Δ(P))=dc.
3) Par 1),
Δ(P)=Δ(Q) équivaut à
Δ(P−Q)=0. Si
P−Q est constant, c'est vrai par 2). Si
P−Q est de degré
d≥1, alors 2) donne
degΔ(P−Q)=d−1≥0, donc
Δ(P−Q)=0. D'où l'équivalence.
4) Unicité : si
Δ(P1)=Δ(P2)=S et
P1(0)=P2(0)=0, alors
P1−P2 est une constante par 3), et elle vaut
P1(0)−P2(0)=0.
Existence, par récurrence forte sur le degré de
S. Si
S=0,
P=0 convient. Soit
S de degré
e≥0 et de coefficient dominant
s, l'existence étant acquise pour les polynômes nuls ou de degré strictement inférieur à
e. Posons
P1=e+1sXe+1, bien défini car
e+1=0 dans
K. Par 2),
Δ(P1) est de degré
e et de coefficient dominant
(e+1)e+1s=s, donc
S−Δ(P1) est nul ou de degré strictement inférieur à
e. L'hypothèse de récurrence fournit
P2 tel que
Δ(P2)=S−Δ(P1) et
P2(0)=0. Alors
P=P1+P2 vérifie
Δ(P)=S par 1), et
P(0)=0.
Degré : si
S=0,
P n'est pas constant (sinon
Δ(P)=0), donc 2) donne
degS=degP−1, soit
degP=degS+1.
5) Par 4), le polynôme cherché est de degré
3 et nul en
0 :
P=αX3+βX2+γX. Avec
Δ(X3)=3X2+3X+1,
Δ(X2)=2X+1 et
Δ(X)=1, on obtient
Δ(P)=3αX2+(3α+2β)X+(α+β+γ). L'identification avec
X2 donne
α=31,
β=−21 et
γ=61, donc
P=62X3−3X2+X=6X(X−1)(2X−1).
Pour
k∈N, l'évaluation en
k étant compatible avec la composition,
P(k+1)−P(k)=k2. En sommant pour
k de
1 à
n, la somme télescopique donne
∑k=1nk2=P(n+1)−P(1)=6n(n+1)(2n+1), car
P(1)=0.