On y apprend à calculer dans C sous forme algébrique avec le conjugué et le module, à résoudre les équations du second degré et à manipuler le groupe U.
Forme algébrique, partie réelle et partie imaginaire
Tout nombre complexe z s'écrit de façon uniquez=a+ib avec a et bréels et i2=−1 : c'est sa forme algébrique. Le réel a est la partie réelleRe(z), le réel b la partie imaginaireIm(z). Le complexe z est réel si Im(z)=0, imaginaire pur si Re(z)=0. L'unicité autorise l'identification des parties réelles et imaginaires ; les applications partie réelle et partie imaginaire sont additives, mais pas multiplicatives.
z=Re(z)+iIm(z)
les deux parties sont des nombres réels
a+ib=a′+ib′⟺(a=a′ et b=b′)
identification, valable seulement quand les quatre nombres sont réels
Re(z+z′)=Re(z)+Re(z′),Re(λz)=λRe(z)(λ∈R)
linéarité sur les réels, idem pour la partie imaginaire
Re(i×i)=−1,Re(i)2=0
la partie réelle d'un produit n'est pas le produit des parties réelles
Vocabulaire
Affixe d'un point et d'un vecteur
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Le point M(x,y) a pour affixezM=x+iy, et M est l'image de ce complexe ; le vecteur w(x,y) a de même pour affixe x+iy. Les réels ont leurs images sur l'axe réel, les imaginaires purs sur l'axe imaginaire. L'affixe d'une somme de vecteurs est la somme des affixes, celle de λw (λ réel) est λzw.
zAB=zB−zA
affixe d'un vecteur : extrémité moins origine
zI=2zA+zB
affixe du milieu d'un segment
AB=DC⟺zB−zA=zC−zD
reconnaître un parallélogramme par les affixes
Propriété
Conjugué : définition et règles de calcul
Le conjugué de z=a+ib (a,b réels) est z=a−ib ; son image est la symétrique de celle de z par rapport à l'axe réel. La conjugaison est involutive et respecte somme, produit, puissances, inverse et quotient. Elle redonne les parties réelle et imaginaire, et caractérise les réels et les imaginaires purs sans passer par la forme algébrique.
z+w=z+w,zw=zw,z=z
somme, produit, involution
(wz)=wz(w=0)
quotient, et en particulier inverse
Re(z)=2z+z,Im(z)=2iz−z
parties réelle et imaginaire à partir du conjugué
z∈R⟺z=z,z∈iR⟺z=−z
caractériser un réel, un imaginaire pur
Définition
Module d'un nombre complexe
Le module de z=a+ib (a,b réels) est le réel positif ∣z∣=a2+b2 ; pour un réel, il coïncide avec la valeur absolue. Si M est l'image de z, alors ∣z∣=OM, et le module de la différence de deux affixes est la distance entre les deux points. L'égalité ∣z∣2=zz fournit l'inverse de tout complexe non nul : c'est la technique de la quantité conjuguée.
∣z∣2=zz=Re(z)2+Im(z)2
le carré du module est un réel positif
∣z∣=0⟺z=0
seul le complexe nul a un module nul
z1=∣z∣2z(z=0)
inverse sous forme algébrique
AB=∣zB−zA∣
distance entre deux points
Propriété
Module d'un produit, d'un quotient, d'une somme
Le module est multiplicatif : il transforme produits, quotients et puissances en produits, quotients et puissances de modules. Il est invariant par conjugaison et par passage à l'opposé, et il majore les valeurs absolues des parties réelle et imaginaire. Pour une somme, rien de tel : on développe le carré du module grâce au conjugué.
∣zw∣=∣z∣∣w∣,wz=∣w∣∣z∣(w=0),∣zn∣=∣z∣n(n∈N)
multiplicativité, à essayer avant tout développement
∣z∣=∣−z∣=∣z∣
invariance par conjugaison et par opposé
∣Re(z)∣≤∣z∣,∣Im(z)∣≤∣z∣
égalité si et seulement si le complexe est réel, respectivement imaginaire pur
∣z+w∣2=∣z∣2+2Re(zw)+∣w∣2
développement du carré du module d'une somme
Piège
Confondre le carré du module et le carré du complexe
Le carré du module n'est pas le carré du complexe : ∣z∣2 est toujours un réel positif, z2 ne l'est pas en général. Contre-exemple : pour z=1+i, z2=2i alors que ∣z∣2=2. Même faute quand on calcule ∣a+ib∣2 comme a2+(ib)2=a2−b2, en élevant au carré ib au lieu de la partie imaginaire b : pour 1+i, on trouverait 0 au lieu de 2. L'égalité ∣z∣2=z2 n'a lieu que pour z réel, car elle s'écrit z(z−z)=0.
Propriété
Inégalité triangulaire et cas d'égalité
Pour tous complexes z et w, ∣z+w∣≤∣z∣+∣w∣. Il y a égalité si et seulement siw=0 ou il existe un réel λ≥0 tel que z=λw : les vecteurs d'affixes z et w sont de même sens. Idée : dans le développement de ∣z+w∣2, on majore Re(zw) par ∣zw∣, avec égalité si et seulement si zw∈R+. Être seulement colinéaires ne suffit pas : ∣1+(−1)∣=0 alors que ∣1∣+∣−1∣=2.
∣z+w∣≤∣z∣+∣w∣
inégalité triangulaire, sans aucune hypothèse
∣z+w∣=∣z∣+∣w∣⟺zw∈R+
cas d'égalité : complexes positivement liés
∣z∣−∣w∣≤∣z−w∣
seconde inégalité triangulaire, pour minorer
k=1∑nzk≤k=1∑n∣zk∣
généralisation à une somme finie, par récurrence
Propriété
Ensemble U des complexes de module 1
On note U={z∈C∣∣z∣=1} ; les images de ses éléments forment le cercle unité. Un complexe non nul appartient à U si et seulement si son conjugué est son inverse. U contient 1 et est stable par produit et par inverse (dans le langage des groupes, c'est un sous-groupe de (C∗,×)), mais il n'est pas stable par somme (1+1=2). Exemples : ±1, ±i, 53+4i.
z∈U⟺zz=1⟺z=z1
caractérisation par le conjugué, pour un complexe non nul
u,v∈U⟹uv∈U et u1∈U
stabilité par produit et par inverse
z=0⟹∣z∣z∈U
normaliser un complexe non nul
Méthode
Montrer qu'un complexe est réel ou imaginaire pur
1) Calculer Z avec les règles de conjugaison, sans chercher la forme algébrique. 2) Utiliser les hypothèses : x=x pour x réel, u=1/u pour u de module 1. 3) Multiplier numérateur et dénominateur par un même facteur non nul pour retrouver l'expression de Z ou de −Z. 4) Conclure sur la copie : « Z=Z, donc Z∈R » ou « Z=−Z, donc Z∈iR ».
u∈U⟹u=u1
la substitution qui débloque la plupart des calculs
(1−u1+u)=1−u11+u1=u−1u+1=−1−u1+u
exemple : ce quotient est imaginaire pur pour tout complexe de module 1 différent de 1
Propriété
Racines carrées d'un nombre complexe
Une racine carrée de Z∈C est un complexe δ tel que δ2=Z. Tout complexe non nul admet exactement deux racines carrées, opposées ; le complexe nul n'en a qu'une. Idée : si δ02=Z, alors δ2−Z=(δ−δ0)(δ+δ0), et un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est. L'existence se prouve par la méthode de la forme algébrique.
δ02=Z⟹(δ2=Z⟺δ=δ0 ou δ=−δ0)
une racine carrée connue donne l'autre
a<0⟹(±i−a)2=a
racines carrées d'un réel strictement négatif
Méthode
Calculer les racines carrées de a + ib sous forme algébrique
1) Écrire le complexe sous la forme a+ib avec a,bréels, poser δ=x+iy avec x,y réels et identifier δ2=a+ib : x2−y2=a et 2xy=b. 2) Ajouter l'égalité des modules ∣δ∣2=∣a+ib∣, soit x2+y2=a2+b2. 3) Additionner et soustraire pour obtenir x2 et y2, puis fixer les signes avec 2xy=b : même signe si b>0, signes contraires si b<0 ; si b=0, l'un des deux carrés est nul et il n'y a aucun signe relatif à fixer. 4) Vérifier δ2=a+ib et écrire sur la copie : « les racines carrées de a+ib sont δ et −δ ».
x2−y2=a,2xy=b
identification des parties réelle et imaginaire du carré
x2+y2=a2+b2
équation ajoutée : égalité des modules
8−6i=(3−i)2
exemple : module égal à dix, puis signes contraires car la partie imaginaire est négative
Piège
Pas de symbole racine carrée ni d'inégalité entre complexes
La notation x est réservée aux réels positifs : écrire Z pour un complexe Z quelconque n'a pas de sens, aucune des deux racines carrées n'étant privilégiée. Prolonger la règle xy=xy mène à l'absurde : −1=i×i=−1−1=(−1)(−1)=1. De même, « Δ<0 » ou « z≥1 » n'ont de sens que pour des réels. On écrit « soit δ une racine carrée de Δ ».
Propriété
Théorème : équation du second degré à coefficients complexes
Soient a,b,c des complexes avec anon nul, Δ=b2−4ac le discriminant et δ une racine carrée quelconque de Δ. Si Δ=0, l'équation az2+bz+c=0 a exactement deux solutions distinctes ; si Δ=0, elle a une racine double. Dans les deux cas, le trinôme se factorise pour tout complexe z. Si de plus a,b,c sont réels et Δ<0, les deux racines sont conjuguées.
Δ=b2−4ac,δ2=Δ
discriminant et l'une de ses racines carrées
z1=2a−b+δ,z2=2a−b−δ
les deux racines, confondues si le discriminant est nul
az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2)
factorisation valable pour tout complexe
a,b,c∈R,Δ<0⟹z1,2=2a−b±i−Δ
cas des coefficients réels à discriminant négatif
Propriété
Somme et produit des racines d'un trinôme
Si z1 et z2 sont les racines, comptées avec multiplicité, de az2+bz+c avec a non nul, leur somme vaut −ab et leur produitac. Réciproquement, deux complexes ont pour somme s et pour produit p si et seulement s'ils sont les deux racines de Z2−sZ+p. On s'en sert pour obtenir la seconde racine à partir d'une racine évidente, et pour résoudre un système somme et produit.
z1+z2=−ab,z1z2=ac
relations entre coefficients et racines
(u+v=s et uv=p)⟺∀Z∈C,(Z−u)(Z−v)=Z2−sZ+p
un système somme et produit se ramène à une équation du second degré
Méthode
Résoudre une équation du second degré dans C
1) Vérifier que le coefficient a de z2 est non nul et tester une racine évidente (1, −1, i, −i) ; si z1 convient, la seconde vient du produit ac ou de la somme −ab. 2) Sinon, calculer Δ=b2−4ac sous forme algébrique. 3) Trouver une racine carrée δ de Δ par le système à trois équations. 4) Écrire z1,2=2a−b±δ, contrôler la somme, puis conclure sur la copie : « l'ensemble des solutions est {z1,z2} ».
z2−(1+2i)z+1+7i=0
exemple à coefficients complexes
Δ=(1+2i)2−4(1+7i)=−7−24i=(3−4i)2
discriminant et racine carrée trouvée par identification
z1=21+2i+3−4i=2−i,z2=21+2i−3+4i=−1+3i
les deux solutions, dont la somme redonne le coefficient attendu
Piège
Supposer les racines conjuguées
Le réflexe « les deux racines sont conjuguées » n'est garanti que pour un trinôme à coefficients réels de discriminant strictement négatif. Contre-exemple : z2−(1+i)z+i a pour racines 1 et i (somme 1+i, produit i), qui ne sont pas conjuguées. De même, la formule 2a−b±i−Δ suppose Δ réel négatif : dans le cas général, on passe par une racine carrée δ de Δ.
Exercices
Exercice 1Application
Calculs sous forme algébrique
On pose z=2+i(3+2i)(1−i). 1) Écrire z sous forme algébrique et donner Re(z), Im(z) et z. 2) Calculer ∣z∣ de deux façons : à partir de la forme algébrique, puis par multiplicativité du module. 3) Déterminer la forme algébrique de z1.
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1) On développe le numérateur : (3+2i)(1−i)=3−3i+2i−2i2=5−i. On multiplie numérateur et dénominateur par 2−i, non nul : z=(2+i)(2−i)(5−i)(2−i)=4+110−5i−2i+i2=59−7i. Par unicité de la forme algébrique, Re(z)=59 et Im(z)=−57 (un réel, et non −57i). Enfin z=59+7i. 2) Par la forme algébrique : ∣z∣2=2581+49=526, donc ∣z∣=526=5130. Par multiplicativité du module (le dénominateur étant non nul) : ∣z∣=∣2+i∣∣3+2i∣∣1−i∣=5132=526. Les deux calculs concordent. 3) Comme z=0, z1=∣z∣2z=59+7i×265=269+7i. Vérification : z×269+7i=130(9−7i)(9+7i)=13081+49=1.
Exercice 2Application
Racines carrées d'un complexe et de ses transformés
On pose Z=−21−20i. 1) Déterminer sous forme algébrique les racines carrées de Z. 2) En déduire, sans résoudre de nouveau système, les racines carrées de Z puis celles de −Z.
Voir le corrigé
1) Soit δ=x+iy avec x,y réels. Comme δ2=x2−y2+2ixy avec x2−y2 et 2xy réels, l'identification donne : δ2=Z si et seulement si x2−y2=−21 et 2xy=−20. Si ces conditions sont réalisées, ∣δ∣2=∣δ2∣=∣Z∣ fournit en plus x2+y2=441+400=841=29. En additionnant et en soustrayant : 2x2=8 et 2y2=50, donc x=±2 et y=±5. Comme xy=−10<0, x et y sont de signes contraires : δ∈{2−5i,−2+5i}. Réciproquement, (2−5i)2=4−20i−25=−21−20i, et (−2+5i)2=(2−5i)2. Comme Z=0, il y a exactement deux racines carrées : 2−5i et −2+5i. 2) La conjugaison respecte le produit et est involutive, donc δ2=Z⟺δ2=Z. Les racines carrées de Z=−21+20i sont donc exactement 2+5i et −2−5i. Pour −Z : −Z=i2Z, donc avec δ=2−5i, (iδ)2=i2δ2=−Z, où iδ=2i−5i2=5+2i. Comme −Z=0, ses racines carrées sont exactement 5+2i et −5−2i. Vérification : (5+2i)2=25+20i−4=21+20i=−Z.
Exercice 3Classique
Équations du second degré et système somme et produit
1) Résoudre dans C l'équation (E):z2−(4+i)z+5+5i=0. 2) Déterminer tous les couples (u,v)∈C2 tels que u+v=4+i et uv=5+5i. 3) Vérifier que 2 est solution de l'équation iz2+(1−5i)z−2+6i=0, puis résoudre cette équation dans C sans calculer de discriminant.
Voir le corrigé
1) Le coefficient de z2 vaut 1=0 : le théorème sur les équations du second degré à coefficients complexes s'applique. Δ=(4+i)2−4(5+5i)=15+8i−20−20i=−5−12i. Cherchons δ=x+iy (x,y réels) avec δ2=Δ : x2−y2=−5, 2xy=−12 et, par égalité des modules, x2+y2=25+144=13. D'où x2=4, y2=9, et xy=−6<0 impose des signes contraires : δ=2−3i convient, car (2−3i)2=4−12i−9=−5−12i. Comme Δ=0, il y a deux solutions distinctes : z1=24+i+2−3i=3−i et z2=24+i−2+3i=1+2i. Contrôle : z1+z2=4+i et z1z2=3+6i−i−2i2=5+5i. L'ensemble des solutions est {3−i,1+2i}. 2) Soit (u,v) un tel couple. Alors v=4+i−u et u2−(4+i)u+5+5i=u2−(u+v)u+uv=0 : u est solution de (E), donc u∈{3−i,1+2i}, et v=4+i−u est alors l'autre solution. Réciproquement, les couples (3−i,1+2i) et (1+2i,3−i) ont pour somme 4+i et pour produit 5+5i d'après le contrôle de la question 1. Ce sont donc exactement les deux couples cherchés. 3) On calcule i×4+(1−5i)×2−2+6i=4i+2−10i−2+6i=0 : 2 est solution. Le coefficient dominant i est non nul, donc le produit des racines comptées avec multiplicité vaut ac=i−2+6i=(−2+6i)(−i)=6+2i. La seconde racine est 26+2i=3+i. Contrôle par la somme : −ab=−i1−5i=(1−5i)i=5+i, qui vaut bien 2+(3+i). L'ensemble des solutions est {2,3+i}.
Exercice 4Classique
Conjugué et complexes de module 1
1) Soient u,v∈U. Montrer que uv(u+v)2 est un réel positif ou nul, et préciser dans quel cas il est nul. 2) Pour t∈R, on pose φ(t)=1−it1+it. Montrer que φ(t) est bien défini, appartient à U et diffère de −1. 3) Montrer que φ réalise une bijection de R sur U∖{−1} et expliciter sa réciproque.
Voir le corrigé
1) Comme ∣u∣=∣v∣=1 et que seul le complexe nul a un module nul, u et v sont non nuls : uv=0 et le quotient est défini. Par caractérisation de U, u1=u et v1=v. On écrit uv(u+v)2=(u+v)×uvu+v=(u+v)(v1+u1)=(u+v)(u+v). La conjugaison respectant la somme, u+v=u+v, d'où uv(u+v)2=(u+v)(u+v)=∣u+v∣2 : c'est un réel positif ou nul. Il est nul si et seulement si u+v=0, c'est-à-dire v=−u. 2) La partie réelle de 1−it vaut 1, donc 1−it=0 et φ(t) est défini. Comme t est réel, 1−it=1+it ; par module d'un quotient et invariance du module par conjugaison, ∣φ(t)∣=∣1+it∣∣1+it∣=1. Enfin, φ(t)=−1 équivaudrait à 1+it=−1+it, soit 2=0 : c'est impossible. 3) D'après 2), φ va de R dans U∖{−1}. Soit u∈U∖{−1}. Pour t∈R : φ(t)=u⟺1+it=u−iut⟺it(1+u)=u−1⟺t=1+ui(1−u), la dernière équivalence utilisant 1+u=0. Il reste à voir que ce complexe est réel : avec u=u1, t=1+u1−i(1−u1)=u+1−i(u−1)=1+ui(1−u)=t. Tout élément de U∖{−1} a donc un unique antécédent réel : φ est bijective, de réciproque u↦1+ui(1−u). Contrôle : u=i donne t=1+ii(1−i)=1, et φ(1)=1−i1+i=2(1+i)2=i.
Exercice 5Classique
Identité du parallélogramme et cas d'égalité
1) Montrer que pour tous z,w∈C : ∣z+w∣2+∣z−w∣2=2(∣z∣2+∣w∣2). Interpréter géométriquement. 2) Montrer que pour tous z,w∈C : 2max(∣z∣,∣w∣)≤∣z+w∣+∣z−w∣, puis donner deux complexes non nuls pour lesquels l'égalité a lieu. 3) Déterminer l'ensemble des complexes z tels que ∣z−1∣+∣z+1∣=2 et décrire l'ensemble de leurs images dans le plan.
Voir le corrigé
1) Comme ∣q∣2=qq pour tout complexe q et que la conjugaison respecte la somme : ∣z+w∣2=(z+w)(z+w)=∣z∣2+zw+zw+∣w∣2=∣z∣2+2Re(zw)+∣w∣2. En remplaçant w par −w : ∣z−w∣2=∣z∣2−2Re(zw)+∣w∣2. On additionne les deux égalités. Géométriquement, si p et q ont pour affixes z et w, les diagonales du parallélogramme construit sur ces vecteurs ont pour affixes z+w et z−w : la somme des carrés des diagonales est égale à la somme des carrés des quatre côtés. 2) Soient z,w∈C. L'inégalité triangulaire, valable pour tous complexes, donne 2∣z∣=∣(z+w)+(z−w)∣≤∣z+w∣+∣z−w∣ et, comme ∣−(z−w)∣=∣z−w∣, 2∣w∣=∣(z+w)−(z−w)∣≤∣z+w∣+∣z−w∣. Le réel 2max(∣z∣,∣w∣), égal à 2∣z∣ ou à 2∣w∣, est donc majoré par ∣z+w∣+∣z−w∣. Pour z=3 et w=1, non nuls : 2max(3,1)=6 et ∣4∣+∣2∣=6, il y a égalité. 3) Pour tout z, l'inégalité triangulaire donne 2=∣(1−z)+(1+z)∣≤∣1−z∣+∣1+z∣=∣z−1∣+∣z+1∣. L'équation équivaut donc à l'égalité dans l'inégalité triangulaire pour les complexes 1−z et 1+z, c'est-à-dire, d'après le cas d'égalité : 1+z=0, ou il existe λ∈R+ tel que 1−z=λ(1+z). Le premier cas donne z=−1. Dans le second, (1+λ)z=1−λ avec 1+λ>0, donc z=1+λ1−λ=−1+1+λ2, réel de ]−1,1] ; réciproquement, tout x∈]−1,1] s'obtient avec λ=1+x1−x≥0. L'ensemble des solutions est le segment réel [−1,1]. Vérification directe : pour x∈[−1,1], ∣x−1∣+∣x+1∣=(1−x)+(x+1)=2. Les images forment le segment [AB] avec A(−1,0) et B(1,0), ce qui traduit MA+MB=AB.
Exercice 6Approfondissement
Homographies du disque unité
On note D={z∈C∣∣z∣<1}. 1) Montrer que pour tous a,z∈C : ∣1−az∣2−∣z−a∣2=(1−∣a∣2)(1−∣z∣2). 2) Soit a∈D. Montrer que pour tout z∈D, 1−az=0 et que φa(z)=1−azz−a appartient à D. Montrer aussi que, si ∣z∣=1, φa(z) est défini et appartient à U. 3) Montrer que φa est une bijection de D sur D et déterminer sa réciproque. 4) Soient a,b∈D. Montrer que 1−aba−b≤1+∣a∣∣b∣∣a∣+∣b∣ et caractériser le cas d'égalité.
Voir le corrigé
1) Avec ∣q∣2=qq et les règles de conjugaison : ∣1−az∣2=(1−az)(1−az)=1−az−az+∣a∣2∣z∣2 et ∣z−a∣2=(z−a)(z−a)=∣z∣2−az−az+∣a∣2. La différence vaut 1−∣a∣2−∣z∣2+∣a∣2∣z∣2=(1−∣a∣2)(1−∣z∣2). 2) Soient a,z∈D. Par multiplicativité du module, ∣az∣=∣a∣∣z∣<1, donc az=1 et φa(z) est défini. D'après 1), ∣1−az∣2−∣z−a∣2=(1−∣a∣2)(1−∣z∣2)>0, produit de deux réels strictement positifs. En divisant par ∣1−az∣2>0, on obtient ∣φa(z)∣2<1, donc ∣φa(z)∣<1 puisqu'un module est positif. Si ∣z∣=1, on a encore ∣az∣=∣a∣<1, donc le dénominateur est non nul, et le second membre de 1) est nul : ∣z−a∣=∣1−az∣, soit ∣φa(z)∣=1. 3) D'après 2), φa envoie D dans D ; comme ∣−a∣=∣a∣<1, il en va de même de φ−a:w↦1+aww+a. Soient z∈D et w=φa(z). En multipliant par 1−az=0 : (w+a)(1−az)=z−a+a−∣a∣2z=(1−∣a∣2)z et (1+aw)(1−az)=1−az+az−∣a∣2=1−∣a∣2. Comme 1−∣a∣2=0, on obtient φ−a(φa(z))=z. Le même calcul, mené avec −a∈D à la place de a, donne φa∘φ−a=idD. Une application qui admet un inverse à gauche et un inverse à droite est bijective : φa est une bijection de D sur D, de réciproque φ−a. 4) Posons ρ=1−aba−b=∣φa(b)∣, défini d'après 2), et R=1+∣a∣∣b∣∣a∣+∣b∣. L'égalité 1) avec z=b, divisée par ∣1−ab∣2, donne 1−ρ2=∣1−ab∣2(1−∣a∣2)(1−∣b∣2). L'inégalité triangulaire donne ∣1−ab∣≤1+∣ab∣=1+∣a∣∣b∣ ; le numérateur étant strictement positif, 1−ρ2≥(1+∣a∣∣b∣)2(1−∣a∣2)(1−∣b∣2). Or, pour des réels x,y, (1+xy)2−(x+y)2=(1−x2)(1−y2), donc ce dernier quotient vaut 1−R2. Ainsi ρ2≤R2 et, ρ et R étant positifs, ρ≤R. Il y a égalité si et seulement si ∣1−ab∣=1+∣a∣∣b∣, c'est-à-dire égalité dans l'inégalité triangulaire pour 1 et −ab : −ab=0, ou 1=λ(−ab) avec λ≥0, ce qui force λ>0 et ab=−λ1. L'égalité a donc lieu si et seulement si ab est un réel négatif ou nul, par exemple pour b=−a.
QCM
12 questions : clique sur une réponse pour voir la correction.
Question 1
Soient z,w∈C avec w=0. L'égalité ∣z+w∣=∣z∣+∣w∣ a lieu si et seulement si :
Question 2
Soient a,b,c∈C. Quel énoncé est exact ?
Question 3
Soit Z∈C. Quel énoncé est exact ?
Question 4
Quel énoncé sur l'ensemble U des complexes de module 1 est exact ?
Question 5
La forme algébrique de 1−i1+3i est :
Question 6
Les racines carrées de 3−4i sont :
Question 7
Les deux complexes de somme 2 et de produit 5 sont :
Question 8
Le module de 2i(1+i)4(3−4i) vaut :
Question 9
Vrai ou faux : pour tous z,w∈C, Re(zw)=Re(z)Re(w).
Question 10
Vrai ou faux : si a,b,c∈C avec a=0 et si z0 est racine de az2+bz+c, alors z0 en est aussi une racine.
Question 11
Vrai ou faux : pour tous z,w∈C, si ∣z∣=∣w∣, alors z=w ou z=−w.
Question 12
Vrai ou faux : pour tout z∈C, ∣Re(z)∣+∣Im(z)∣≤∣z∣.