1) L'erreur est dans le premier sens, aux deux lignes « Premier cas » et « Second cas ».
Nom de l'erreur : un quantificateur universel déplacé à travers un « ou ». La copie fixe un élément
x de
X, distingue les cas selon que cet élément appartient à
A ou à
B, puis écrit « ceci valant pour tout
x∈X » à l'intérieur d'un cas.
Pourquoi le raisonnement est invalidé : la disjonction porte sur l'élément
x, et le cas dans lequel on tombe peut changer avec
x. Ce que l'on sait s'écrit « pour tout
x∈X, (
x∈A ou
x∈B) » ; ce que la copie en tire s'écrit « (pour tout
x∈X,
x∈A) ou (pour tout
x∈X,
x∈B) », c'est-à-dire «
X⊂A ou
X⊂B ». Faire passer un « pour tout » à travers un « ou » n'est pas permis : la seconde assertion exige qu'une même partie convienne à tous les éléments à la fois, ce que la première ne donne pas. La phrase « ceci valant pour tout
x∈X » ne peut s'écrire qu'une fois la disjonction refermée, sur une conclusion commune aux deux cas, ce qui n'est pas le cas ici.
Le second sens, lui, est correct : il ne fixe aucun élément de
X et n'utilise que la transitivité de l'inclusion.
2) L'égalité est fausse en général ; réfutons-la par un contre-exemple.
Prenons
E={1,2},
A={1} et
B={2}, puis posons
X={1,2}.
On a
A∪B={1,2}, donc
X⊂A∪B, c'est-à-dire
X∈P(A∪B).
En revanche
2∈X et
2∈/A, donc
X⊂A, c'est-à-dire
X∈/P(A) ; et
1∈X et
1∈/B, donc
X∈/P(B). Par définition de la réunion,
X∈/P(A)∪P(B).
La partie
X appartient au premier ensemble et non au second : les deux membres sont différents pour ce choix de
A et de
B, et l'égalité proposée est fausse en général.
3) Ce qui reste vrai : pour toutes parties
A et
B de
E, on a
P(A)∪P(B)⊂P(A∪B).
Démonstration. Soit
X∈P(A)∪P(B). Par définition de la réunion,
X∈P(A) ou
X∈P(B) ; distinguons deux cas.
Premier cas :
X∈P(A), c'est-à-dire
X⊂A. Comme
A⊂A∪B, la transitivité de l'inclusion donne
X⊂A∪B, donc
X∈P(A∪B).
Second cas :
X∈P(B), c'est-à-dire
X⊂B. Comme
B⊂A∪B, on obtient de même
X∈P(A∪B).
Dans les deux cas,
X∈P(A∪B). Ceci valant pour tout
X∈P(A)∪P(B), l'inclusion est démontrée. On notera que la disjonction porte ici sur la partie
X elle-même, et qu'elle se referme sur une conclusion commune : c'est ce qui manquait à la copie.
Condition nécessaire et suffisante : l'égalité
P(A∪B)=P(A)∪P(B) a lieu si et seulement si
A⊂B ou
B⊂A.
Supposons d'abord
A⊂B. Alors
A∪B=B, donc
P(A∪B)=P(B). Par ailleurs, toute partie de
A est une partie de
B par transitivité de l'inclusion, donc
P(A)⊂P(B), et
P(A)∪P(B)=P(B). Les deux membres valent
P(B) : ils sont égaux. Le cas
B⊂A se traite de la même façon en échangeant les lettres.
Réciproquement, supposons qu'aucune des deux inclusions n'ait lieu. De
A⊂B on tire un élément
a∈A tel que
a∈/B, et de
B⊂A un élément
b∈B tel que
b∈/A. Posons
X={a,b}. Ses deux éléments appartiennent à
A∪B, donc
X⊂A∪B et
X∈P(A∪B). Mais
b∈X et
b∈/A, donc
X⊂A ; et
a∈X et
a∈/B, donc
X⊂B. Ainsi
X∈/P(A)∪P(B), et les deux membres diffèrent.
Par contraposée, l'égalité entraîne «
A⊂B ou
B⊂A », ce qui achève la démonstration de l'équivalence.
À retenir : une disjonction de cas ouverte sur un élément fixé doit se refermer sur une conclusion unique avant que l'on ne repasse aux ensembles. Le contre-exemple le dit en deux éléments :
a et
b tombent dans deux cas différents, et aucune des deux parties ne les accueille tous les deux.