1) Une tautologie est vraie sur toutes les lignes de sa table ; pour montrer que
F n'en est pas une, il suffit d'exhiber une ligne où elle est fausse. Pour
P fausse,
Q fausse et
R vraie : non
R est fausse et «
P et
Q » est fausse, donc
F est fausse. Donc
F n'est pas une tautologie.
2) Soit
n un entier. D'après le tiers exclu,
n est multiple de
6 ou
n ne l'est pas ; on distingue ces deux cas.
Si
n n'est pas multiple de
6, le premier membre de l'assertion est vrai, donc l'assertion est vraie.
Si
n est multiple de
6, il existe un entier
k tel que
n=6k. Alors
n=2×3k avec
3k entier, donc
n est pair ; et
n=3×2k avec
2k entier, donc
n est multiple de
3. Le second membre est vrai, donc l'assertion est vraie.
Dans les deux cas, l'assertion est vraie. L'entier
n étant quelconque, elle est vraie pour tout entier
n.
3) Soit
n un entier.
Si
R est vraie, alors «
P et
Q » est vraie : c'est le second cas de la question 2).
Supposons «
P et
Q » vraie. Comme
n est multiple de
3, il existe un entier
b tel que
n=3b. Si
b était impair,
n serait le produit des deux entiers impairs
3 et
b, donc impair, ce qui contredirait «
n est pair ». Donc
b est pair : il existe un entier
c tel que
b=2c, et alors
n=6c. Ainsi
R est vraie.
Chacune des deux assertions entraîne donc l'autre : si l'une est vraie, l'autre aussi ; si l'une est fausse, l'autre ne peut pas être vraie, sans quoi la première le serait. Ainsi
R et «
P et
Q » ont la même valeur de vérité.
L'entier
n étant quelconque,
R et «
P et
Q » ont la même valeur de vérité pour tout entier
n.
En revanche, les formes
R et «
P et
Q » ne sont pas logiquement équivalentes : pour
P vraie,
Q vraie et
R fausse, la première est fausse et la seconde vraie. La table traite
P,
Q et
R comme indépendantes et ignore le lien arithmétique qui les unit.
4) On désigne chaque ligne par les valeurs de
P,
Q,
R, dans cet ordre. D'après 3), une ligne ne peut correspondre à un entier que si
R et «
P et
Q » y ont la même valeur. Les lignes VVF («
P et
Q » vraie,
R fausse), VFV, FVV et FFV (
R vraie, «
P et
Q » fausse) ne correspondent donc à aucun entier. Les quatre autres sont réalisées : VVV par
n=6, VFF par
n=2, FVF par
n=3 et FFF par
n=1.
La forme
F est fausse exactement lorsque
R est vraie et «
P et
Q » fausse, c'est-à-dire sur les lignes VFV, FVV et FFV, qui ne correspondent à aucun entier. La réponse à 1) porte sur toutes les lignes de la table, celle de 2) sur les seules lignes réalisées par un entier : elles ne se contredisent pas.
À retenir : une tautologie est vraie par sa seule forme, et sa table suffit à le prouver ; une assertion qui n'est pas une tautologie peut rester vraie pour tout
n, mais c'est alors une démonstration mathématique, et non la table, qui l'établit.