Quand l'utiliser :
f est continue sur un intervalle
borné qui n'est pas un segment (
]a,b[,
]a,b],
[a,b[), et la question est «
f est-elle uniformément continue sur cet intervalle ? ». Aucune suite n'est nécessaire : tout se lit aux extrémités manquantes.
1) Repérer les extrémités finies
exclues de l'intervalle, et calculer la limite de
f en chacune d'elles.
2) Si toutes ces limites sont finies, poser le prolongement
f~ : il vaut
f sur l'intervalle de départ et, à chaque extrémité ajoutée, la limite calculée en 1). Justifier que
f~ est continue en ces points (c'est exactement la définition du prolongement par continuité), puis écrire «
f~ est continue sur le segment
[a,b], donc uniformément continue sur
[a,b] d'après le théorème de Heine ».
3) Redescendre à
f : « soit
ε>0, et soit
δ le réel donné par la continuité uniforme de
f~ ; deux points de l'intervalle de départ sont en particulier deux points de
[a,b], et
f coïncide avec
f~ sur l'intervalle de départ, donc le même
δ convient pour
f ». Une restriction d'une fonction uniformément continue est uniformément continue, avec le même
δ : c'est là que le travail se termine, pas au théorème de Heine.
4) Si une limite est infinie ou n'existe pas, conclure «
f n'est pas uniformément continue », par contraposée de la rédaction modèle précédente, dont l'argument vaut mot pour mot à toute extrémité finie : sur un intervalle borné, une fonction uniformément continue admet une limite finie à chaque extrémité. C'est ce qui condamne
x1 (limite
+∞ en
0) et
sinx1 (pas de limite en
0) sur
]0,1], sans construire deux suites.
5) Ne pas transposer à un intervalle non borné : sur
[0,+∞[,
x↦x est uniformément continue et n'a pas de limite finie en
+∞. Le critère ne parle que des extrémités
finies ; pour un intervalle non borné, c'est la méthode de découpage qui sert.