Au brouillon.Petits cas.
n=1 : l'équation s'écrit
x=x ; tout réel est solution. Cas dégénéré, à mettre à part.
n=2 :
x2−2x+1=(x−1)2=0 ; une seule solution,
x=1.
n=3 :
x3−3x+2=(x−1)2(x+2) ; deux solutions,
1 et
−2.
n=4 :
x4−4x+3=(x−1)2(x2+2x+3), et
x2+2x+3=(x+1)2+2>0 ; une seule solution.
Figure : la droite d'équation
y=nx−(n−1) passe par le point
(1,1) avec la pente
n ; c'est la tangente en
1 à la courbe de
x↦xn. Pour
n pair, la courbe a l'allure d'une parabole et reste au-dessus de cette tangente : un seul point commun. Pour
n impair, la courbe plonge vers
−∞ à gauche et recoupe la tangente une fois pour
x<−1.
Conjecture : pour
n=1, tout réel est solution ; pour
n pair,
(En) admet exactement une solution ; pour
n impair tel que
n≥3, exactement deux.
Stratégie : la factorisation par
(x−1)2 marche pour
n=2,3,4, mais pour
n quelconque le quotient devient long à écrire et à étudier. On change d'outil : étude des variations de
f(x)=xn−nx+n−1, dont la dérivée
n(xn−1−1) a un signe qui ne dépend que de la parité de
n−1.
Contrôle pour
n=5 :
f(−2)=−32+10+4=−18<0 et
f(−1)=8>0, conforme à la conjecture.
Sur la copie.Soit
n un entier tel que
n≥1.
Cas n=1. L'équation
(E1) s'écrit
x=x : tout réel en est solution, donc
(E1) admet une infinité de solutions.
Cas n≥2. Posons, pour tout réel
x,
f(x)=xn−nx+n−1 ; un réel
x est solution de
(En) si et seulement si
f(x)=0. On a
f(1)=1−n+n−1=0, donc
1 est solution.
La fonction
f est dérivable sur
R et, pour tout réel
x,
f′(x)=nxn−1−n=n(xn−1−1).
Sous-cas n pair. Alors
n−1 est impair, donc
x↦xn−1 est strictement croissante sur
R et vaut
1 en
1. Ainsi
f′(x)<0 pour
x<1 et
f′(x)>0 pour
x>1.
Donc
f est strictement décroissante sur
]−∞,1] et strictement croissante sur
[1,+∞[.
Par conséquent, pour tout réel
x<1,
f(x)>f(1)=0, et pour tout réel
x>1,
f(x)>f(1)=0.
Donc
1 est l'unique solution de
(En).
Sous-cas n impair, n≥3. Alors
n−1 est pair et non nul, donc pour tout réel
x,
xn−1=∣x∣n−1 ; comme
t↦tn−1 est strictement croissante sur
[0,+∞[ et vaut
1 en
1, on a
f′(x)>0 si
∣x∣>1 et
f′(x)<0 si
∣x∣<1.
Donc
f est strictement croissante sur
]−∞,−1], strictement décroissante sur
[−1,1] et strictement croissante sur
[1,+∞[.
Sur
]1,+∞[ : pour tout
x>1,
f(x)>f(1)=0, donc aucune solution.
Sur
[−1,1[ : pour tout
x de cet intervalle,
f(x)>f(1)=0 par stricte décroissance de
f sur
[−1,1], donc aucune solution.
Sur
]−∞,−1[ : on a
f(−1)=(−1)n+n+n−1=2n−2>0, car
n est impair et
n≥3. Pour tout réel
x=0,
f(x)=xn(1−xn−1n+xnn−1) ; la parenthèse tend vers
1 quand
x tend vers
−∞, et
limx→−∞xn=−∞ car
n est impair, donc
limx→−∞f(x)=−∞. La fonction
f est continue et strictement croissante sur
]−∞,−1] et
0∈]−∞,2n−2[ ; d'après le théorème de la bijection, l'équation
f(x)=0 admet exactement une solution dans
]−∞,−1[.
Donc
(En) admet exactement deux solutions :
1, et un réel strictement inférieur à
−1.
Conclusion :
(E1) admet une infinité de solutions (tout réel) ; pour
n pair,
(En) admet exactement une solution,
x=1 ; pour
n impair tel que
n≥3,
(En) admet exactement deux solutions réelles.
À retenir : les petits cas et la figure fixent la conjecture et isolent le cas limite
n=1 ; quand l'outil des petits cas (factoriser) ne se généralise pas, on en change, et la disjonction de cas suit la parité que le brouillon a révélée.