1) «
f est bornée sur
I » s'écrit
∃M∈R, ∀x∈I, ∣f(x)∣≤M. Sa négation s'écrit
∀M∈R, ∃x∈I, ∣f(x)∣>M.
Pour l'établir, on fixe un réel
M quelconque (« Soit
M∈R. »), on exhibe un réel
x, qui peut dépendre de
M, on vérifie que
x∈I, puis que
∣f(x)∣>M.
2) Pour chaque hypothèse, on écrit l'énoncé obtenu en la supprimant, et on le réfute par un objet qui vérifie les deux autres hypothèses sans vérifier la conclusion.
La fermeture est indispensable. Sans elle, (T) devient : « si
I est borné et si
f est continue sur
I, alors
f est bornée sur
I ». Montrons que cet énoncé est faux.
Posons
I=]0,1] et, pour tout
x∈I,
f(x)=x1.
L'intervalle
I est borné, car
I⊂[0,1] ; la fonction
f est continue sur
I, comme inverse d'une fonction continue qui ne s'y annule pas.
Soit
M∈R. Posons
x=∣M∣+11. Comme
∣M∣+1≥1, on a
0<x≤1, donc
x∈I, et
∣f(x)∣=∣M∣+1>∣M∣≥M.
Le réel
M étant quelconque,
f n'est pas bornée sur
I : l'énoncé privé de la fermeture est faux, donc la fermeture est indispensable.
Le caractère borné de l'intervalle est indispensable. Sans lui, (T) devient : « si
I est fermé et si
f est continue sur
I, alors
f est bornée sur
I ». Montrons que cet énoncé est faux.
Posons
I=[0,+∞[ et, pour tout
x∈I,
f(x)=x.
L'intervalle
I est fermé, car sa seule extrémité réelle,
0, lui appartient ; la fonction
f est continue sur
I.
Soit
M∈R. Posons
x=∣M∣+1. On a
x≥1, donc
x∈I, et
∣f(x)∣=∣M∣+1>M.
Le réel
M étant quelconque,
f n'est pas bornée sur
I : l'hypothèse «
I est borné » est indispensable.
La continuité est indispensable. Sans elle, (T) devient : « si
I est fermé et borné, alors toute fonction
f:I→R est bornée sur
I ». Montrons que cet énoncé est faux.
Posons
I=[0,1], qui est fermé et borné, et définissons
f:I→R par
f(0)=0 et
f(x)=x1 pour tout
x∈]0,1].
Soit
M∈R. Le réel
x=∣M∣+11 vérifie
0<x≤1, donc
x∈I et
∣f(x)∣=∣M∣+1>M.
Le réel
M étant quelconque,
f n'est pas bornée sur
[0,1] : la continuité est indispensable.
3) Ce qui est juste. La fonction
x↦x1 sur
]0,1] vérifie les hypothèses «
I est borné » et «
f est continue sur
I » sans vérifier la conclusion : elle prouve que la fermeture est indispensable, comme en question 2.
Ce qui est faux. Pour prouver que la continuité est indispensable, il faut un objet qui remplit les deux autres hypothèses, «
I est fermé » et «
I est borné », et qui met la conclusion en défaut. Or
]0,1] n'est pas fermé, et la fonction est continue : cet objet ne dit rien du rôle de la continuité. Un objet ne prouve l'indispensabilité que d'une hypothèse qu'il viole, à condition de respecter toutes les autres.
4) Non. Montrons qu'il existe une fonction définie sur
[0,1], bornée sur
[0,1] et non continue sur
[0,1].
Définissons
g:[0,1]→R par
g(0)=0 et
g(x)=1 pour tout
x∈]0,1].
Pour tout
x∈[0,1], on a
∣g(x)∣≤1, donc
g est bornée sur
[0,1].
Pour tout
x∈]0,1],
g(x)=1, donc
g(x) tend vers
1 quand
x tend vers
0 par valeurs positives. Comme
g(0)=0 et
0=1, la fonction
g n'est pas continue en
0, donc elle n'est pas continue sur
[0,1].
Cette réponse ne contredit pas la question 2. Dire que la continuité est indispensable dans (T), c'est dire que l'énoncé privé de la continuité est faux : il existe une fonction définie sur un intervalle fermé et borné qui n'y est pas bornée. Dire que la continuité serait nécessaire, ce serait affirmer que toute fonction bornée sur
[0,1] y est continue, ce que
g réfute. Les deux affirmations portent sur des énoncés différents, et la première n'entraîne pas la seconde.
À retenir : une hypothèse se montre indispensable par un objet qui la viole en respectant toutes les autres ; cela ne la rend pas nécessaire à la conclusion.