1) Soit
n∈N.
Si
n est pair, soit
m∈N tel que
n=2m ; alors
n2=4m2, et
q=m2 convient.
Si
n est impair, soit
m∈N tel que
n=2m+1 ; alors
n2=4(m2+m)+1, et
q=m2+m convient.
2) Soient
k∈N∗ et
(x,y,z)∈N3 tels que
x2+y2+z2=2kxyz et
(x,y,z)=(0,0,0).
Notons
p le nombre de coordonnées impaires parmi
x,
y et
z. En additionnant les trois écritures fournies par 1), on obtient
Q∈N tel que
x2+y2+z2=4Q+p.
Comme
k⩾1, l'entier
2kxyz=2×2k−1xyz est pair. Donc
4Q+p est pair, puis
p est pair :
p=0 ou
p=2.
Supposons par l'absurde que
p=2. Une seule coordonnée est alors paire, donc le produit
xyz est pair : soit
t∈N tel que
xyz=2t. Alors
2kxyz=2k+1t=4×2k−1t, où
2k−1t est un entier car
k⩾1 : le membre de droite est multiple de
4. Or
x2+y2+z2=4Q+2 n'est pas multiple de
4 : contradiction. Donc
p=0, et
x,
y et
z sont pairs.
Soient
x1,y1,z1∈N tels que
x=2x1,
y=2y1 et
z=2z1. En remplaçant,
4(x12+y12+z12)=2k×8x1y1z1, donc
x12+y12+z12=2k+1x1y1z1 : le triplet
(x1,y1,z1) est une solution de
(Ek+1).
Enfin, l'une des coordonnées
x,
y,
z est non nulle, donc la coordonnée correspondante de
(x1,y1,z1), qui en est la moitié, l'est aussi :
(x1,y1,z1)=(0,0,0).
3) Une descente sur
(E1) demanderait, à partir de toute solution de
(E1) autre que
(0,0,0), une solution de
(E1) autre que
(0,0,0) de quantité plus petite. Or 2) fournit une solution de
(E2), et une solution de
(E2) autre que
(0,0,0) n'est jamais solution de
(E1) : si elle l'était, on aurait
2x1y1z1=4x1y1z1, donc
x1y1z1=0, puis
x12+y12+z12=0, et le triplet serait nul.
Le résultat ne se réapplique donc pas à une solution de la même équation, et la suite des solutions ne se prolonge pas au-delà d'un rang. La propriété qui se transmet est plus large : « être une solution autre que
(0,0,0) de l'une des équations
(Ek), avec
k∈N∗ ». C'est elle qu'on fait descendre, comme on renforce la propriété d'une récurrence dont l'hérédité ne passe pas.
4) Notons
S l'ensemble des entiers
x+y+z, où
k parcourt
N∗ et
(x,y,z) parcourt les solutions de
(Ek) autres que
(0,0,0). Chaque élément de
S est une somme d'entiers naturels dont l'un au moins est non nul :
S est une partie de
N∗.
Supposons par l'absurde que
S soit non vide. C'est une partie non vide de
N : elle admet un plus petit élément
m. Soient
k∈N∗ et
(x,y,z) une solution de
(Ek) autre que
(0,0,0) telle que
x+y+z=m.
D'après 2),
(x/2,y/2,z/2) est une solution de
(Ek+1) autre que
(0,0,0), avec
k+1∈N∗ ; donc
m/2∈S.
Comme
m>0, on a
0<m/2<m : l'entier
m/2 est un élément de
S strictement plus petit que
m, ce qui contredit la minimalité de
m. Donc
S est vide.
En particulier, pour
k=1 : l'équation
x2+y2+z2=2xyz n'a pas de solution dans
N3 autre que
(0,0,0).
5) L'hypothèse
k⩾1 sert deux fois dans 2) : pour affirmer que
2kxyz est pair, et pour écrire
2k+1t=4×2k−1t avec
2k−1t entier.
Pour
(E0), on a
32+32+32=27=3×3×3 : le triplet
(3,3,3) est une solution de
(E0) autre que
(0,0,0), à coordonnées impaires, et la conclusion de 2) est fausse pour
k=0.
Une famille contenant
k=0 n'aurait donc pas la propriété de descente, et l'énoncé correspondant serait faux. Comme la construction fait passer de
k à
k+1, une famille qui commence à
k=1 reste tout entière dans le domaine où 2) s'applique.
À retenir : quand la construction ne ramène pas à la même équation, on ne force pas la conclusion ; on élargit l'ensemble des objets qui descendent jusqu'à ce qu'il soit stable par la construction, puis on vérifie à quelle ligne sert chaque hypothèse de la famille.