1) Notons
G l'ensemble des élèves. Une répartition est un couple
(A,B) de parties de
G telles que
A∪B=G et
A∩B=∅ ; l'une des salles peut être vide. Pour une répartition
R, notons
E(R) le nombre de paires d'élèves brouillés placés dans la même salle : c'est un entier naturel. Pour un élève
s, notons
mR(s) le nombre d'élèves de sa salle brouillés avec lui et
nR(s) le nombre d'élèves de l'autre salle brouillés avec lui ; par hypothèse,
mR(s)+nR(s)≤3.
Processus : on part de la répartition
(G,∅). Tant qu'il existe un élève
s tel que
mR(s)≥2, on choisit un tel élève et on le fait changer de salle.
Effet d'une étape. Soient
R une répartition,
s un élève tel que
mR(s)≥2, et
R′ la répartition obtenue en faisant changer
s de salle. Une paire brouillée qui ne contient pas
s est réunie dans une même salle pour
R′ si et seulement si elle l'est pour
R. Les
mR(s) paires formées de
s et d'un élève de son ancienne salle cessent d'être comptées ; les
nR(s) paires formées de
s et d'un élève de sa nouvelle salle le deviennent. Donc
E(R′)=E(R)−mR(s)+nR(s).
Or
nR(s)≤3−mR(s), donc
E(R′)≤E(R)+3−2mR(s) ; comme
mR(s)≥2, on obtient
E(R′)≤E(R)−1.
Arrêt. Supposons par l'absurde que le processus ne s'arrête pas, et notons
Rk la répartition obtenue après
k étapes, pour tout
k∈N. D'après ce qui précède,
(E(Rk))k∈N est une suite strictement décroissante d'entiers naturels, ce qui est impossible. Donc le processus s'arrête.
Conclusion. Le processus s'arrête sur une répartition
R pour laquelle aucun élève ne vérifie
mR(s)≥2 : chaque élève est brouillé avec au plus un élève de sa salle, et cette répartition convient.
2) Posons
q=⌊d/2⌋, de sorte que
q≤2d<q+1. On reprend le processus en faisant changer de salle, tant que c'est possible, un élève
s tel que
mR(s)≥q+1. Pour un tel élève,
nR(s)≤d−mR(s), donc
E(R′)−E(R)=nR(s)−mR(s)≤d−2mR(s)≤d−2(q+1), qui est strictement négatif car
q+1>2d. La variation
E(R′)−E(R) est donc un entier strictement négatif, d'où
E(R′)≤E(R)−1. Le raisonnement de 1) prouve alors l'arrêt, et la répartition finale vérifie
mR(s)≤q pour tout élève
s. Pour
d=3, on a
q=1 et l'on retrouve 1).
3) L'ensemble des valeurs
E(R), lorsque
R parcourt les répartitions, est une partie de
N, non vide puisque
(G,∅) est une répartition ; elle admet donc un plus petit élément, atteint pour une certaine répartition
R∗. Supposons par l'absurde qu'un élève
s vérifie
mR∗(s)≥2. En le faisant changer de salle, on obtient d'après le calcul de 1) une répartition
R′ telle que
E(R′)≤E(R∗)−1<E(R∗), ce qui contredit la minimalité de
E(R∗). Donc chaque élève est brouillé avec au plus un élève de sa salle pour
R∗. Les deux rédactions reposent sur le même calcul ; la première fournit en outre une méthode pour construire la répartition.
À retenir : pour prouver l'existence d'un objet, on peut lancer un processus d'amélioration et démontrer qu'il s'arrête grâce à une quantité entière naturelle qui décroît strictement ; l'état d'arrêt est l'objet cherché.