1)
∀a∈A, ∃x∈A, x<a. On a nié « il existe
a∈A tel que, pour tout
x∈A,
a≤x » : chaque quantificateur est échangé, dans le même ordre, et
a≤x devient
x<a, deux entiers étant toujours comparables. La partie vide vérifie cette assertion, faute d'élément.
2) Initialisation. Supposons par l'absurde que
0∈A. Tout élément
x de
A est un entier naturel, donc
0≤x ; ainsi
0 appartient à
A et minore
A : c'est un plus petit élément de
A, ce qui contredit l'hypothèse. Donc
0∈/A, c'est-à-dire que
P(0) est vraie.
Hérédité. Soit
n∈N tel que
P(n) soit vraie. Montrons
P(n+1).
D'après
P(n), aucun entier
k tel que
0≤k≤n n'appartient à
A ; il reste à montrer que
n+1∈/A.
Supposons par l'absurde que
n+1∈A. Soit
x∈A. C'est un entier naturel, et il n'est égal à aucun des entiers
0,1,…,n d'après
P(n) ; donc
x≥n+1.
Ainsi
n+1 appartient à
A et minore
A : c'est un plus petit élément de
A, ce qui contredit l'hypothèse.
Donc
n+1∈/A, et
P(n+1) est vraie.
Conclusion. D'après le principe de récurrence,
P(n) est vraie pour tout
n∈N.
Montrons que
A est vide. Supposons par l'absurde qu'il existe
x∈A. Comme
x∈N, l'assertion
P(x) est vraie, et elle affirme en particulier que
x∈/A : c'est absurde. Donc
A=∅.
3) On a démontré, pour toute partie
A de
N : si
A n'admet pas de plus petit élément, alors
A est vide. Cette implication est la contraposée de « si
A est non vide, alors
A admet un plus petit élément », qui lui est équivalente. On a donc établi le principe du plus petit élément par un raisonnement par contraposée.
4) Soit
n tel que
Q(n) soit vraie, et supposons
n+1∈A. Pour contredire l'hypothèse, il faudrait montrer que
n+1 minore
A, donc qu'aucun entier
k≤n n'appartient à
A. Or
Q(n) ne renseigne que sur le seul entier
n : elle n'écarte pas, par exemple,
n−1∈A, et l'hérédité ne peut pas se démontrer à partir d'elle. L'assertion
P(n) contient toute l'information sur les rangs
0,1,…,n, qui est exactement celle que réclame l'hérédité : c'est le mécanisme d'une récurrence forte, écrite comme une récurrence simple.
5) C'est le passage «
x est un entier naturel égal à aucun des entiers
0,1,…,n, donc
x≥n+1 ». Il repose sur le fait qu'aucun entier naturel n'est strictement compris entre
n et
n+1 : en avançant d'un rang à la fois, on passe en revue tous les éléments possibles de
A. La dernière étape de la question 2, « comme
x∈N, l'assertion
P(x) est vraie », utilise elle aussi que
x est entier, puisque pour un rationnel
x l'assertion
P(x) n'a pas de sens, faute de rang ; mais c'est l'hérédité qui cède la première.
Pour la partie
{p1:p∈N∗}, l'initialisation passe, puisque
0 n'en fait pas partie. Dès
n=0, en revanche, l'hérédité échoue :
1 appartient bien à la partie, et d'après
P(0) aucun de ses éléments n'est nul, mais cela n'entraîne pas qu'ils soient tous au moins égaux à
1, puisque
21 en fait partie et que
21<1. Ainsi
1 ne minore pas la partie, aucune contradiction n'apparaît, et
P(1) est d'ailleurs fausse.