1) L'hérédité part d'une famille de
n réels de produit
1 et la complète par
xn+1=1. Elle n'atteint donc que les familles de
n+1 réels dont le dernier terme vaut
1. Or
P(n+1) porte sur toutes les familles de
n+1 réels strictement positifs de produit
1 : pour
n=1, la famille
(2,21) n'est pas obtenue. La conclusion écrite est juste pour les familles traitées, mais
P(n+1) n'est pas démontrée. Il faut partir d'une famille quelconque de taille
n+1.
2) Le produit
x1⋯xn vaut
xn+11, qui diffère de
1 dès que
xn+1=1. La sous-famille obtenue en retirant le dernier terme ne vérifie donc pas, en général, l'hypothèse de
P(n) : il faut fabriquer autrement un objet de taille
n.
3) La famille est quantifiée dans
P(n) ; c'est indispensable, car l'hérédité appliquera
P(n) à une famille qui n'est pas obtenue par simple retrait d'un terme.
Initialisation. Soit
x1 un réel strictement positif tel que la famille
(x1) soit de produit
1, c'est-à-dire
x1=1. Alors
x1≥1. Donc
P(1) est vraie.
Hérédité. Soit
n∈N∗ tel que
P(n) soit vraie. Montrons
P(n+1).
Soit
x1,…,xn+1 des réels strictement positifs tels que
x1⋯xn+1=1.
Si tous ces réels étaient strictement supérieurs à
1, leur produit serait strictement supérieur à
1. Il existe donc
i∈[[1,n+1]] tel que
xi≤1.
Les
n réels
xk, pour
k=i, ont pour produit
xi1, qui est supérieur ou égal à
1. S'ils étaient tous strictement inférieurs à
1, ce produit serait strictement inférieur à
1. Il existe donc
j=i tel que
xj≥1.
La somme et le produit ne dépendent pas de l'ordre des réels ; quitte à les renuméroter, on peut donc supposer
xn≤1 et
xn+1≥1.
Posons
yk=xk pour
k∈[[1,n−1]], et
yn=xnxn+1 (pour
n=1, seul
y1=x1x2 est défini et la somme
x1+⋯+xn−1 ci-dessous est vide).
Les réels
y1,…,yn sont strictement positifs, et
y1⋯yn=x1⋯xn+1=1.
D'après
P(n) appliquée aux
n réels
y1,…,yn, on a
y1+⋯+yn≥n, c'est-à-dire
x1+⋯+xn−1+xnxn+1≥n.
Par ailleurs,
1−xn≥0 et
xn+1−1≥0, donc
(1−xn)(xn+1−1)≥0. En développant,
xn+xn+1−1−xnxn+1≥0, c'est-à-dire
xn+xn+1≥1+xnxn+1.
En ajoutant membre à membre ces deux inégalités, puis en retranchant
xnxn+1 aux deux membres, on obtient
x1+⋯+xn+1≥n+1.
Les réels strictement positifs
x1,…,xn+1 de produit
1 étant quelconques,
P(n+1) est vraie.
Conclusion. Par récurrence,
P(n) est vraie pour tout
n∈N∗.
4) Soit
n∈N∗ et
a1,…,an des réels strictement positifs. Posons
g=(a1⋯an)1/n, réel strictement positif, et
xk=gak pour
k∈[[1,n]].
Les réels
x1,…,xn sont strictement positifs, et
x1⋯xn=gna1⋯an=1.
D'après
P(n) appliquée à ces
n réels,
ga1+⋯+gan≥n.
En multipliant par le réel strictement positif
ng, on obtient
na1+⋯+an≥g, ce qui est l'inégalité demandée.
La famille
(xk) est construite à partir des
ak : c'est parce que
P(n) vaut pour toute famille de produit
1 qu'elle s'applique à celle-ci.
À retenir : quand la sous-famille obtenue en retirant un terme ne vérifie plus les hypothèses de
P(n), on fabrique un autre objet de taille
n, ici en regroupant deux termes ; ce geste n'est permis que parce que la famille est quantifiée dans
P(n).