1) Rang
1. Pour tout réel positif
x1, on a
x1=(1x1)1, donc
P(1) est vraie.
Inégalité préalable. Soient
a et
b deux réels. On a
(2a+b)2−ab=4a2−2ab+b2=(2a−b)2≥0, donc
ab≤(2a+b)2.
Soit
n≥1 un entier tel que
P(n) soit vraie. Montrons
P(2n).
Soient
x1,…,x2n des réels positifs. Posons
a=nx1+⋯+xn et
b=nxn+1+⋯+x2n, qui sont des réels positifs.
Les réels
x1,…,x2n étant positifs, les produits
x1⋯xn et
xn+1⋯x2n sont positifs. De plus,
P(n) appliquée aux réels
x1,…,xn, puis aux réels
xn+1,…,x2n, donne
x1⋯xn≤an et
xn+1⋯x2n≤bn.
Ces inégalités portent sur des réels positifs, donc on peut les multiplier membre à membre :
x1⋯x2n≤anbn=(ab)n.
D'après l'inégalité préalable,
0≤ab≤(2a+b)2 ; comme la fonction
t↦tn est croissante sur
[0,+∞[, on en déduit
(ab)n≤(2a+b)2n.
Or
2a+b=2nx1+⋯+x2n, donc
x1⋯x2n≤(2nx1+⋯+x2n)2n.
Les réels positifs
x1,…,x2n étant quelconques,
P(2n) est vraie.
2) Soit
n≥2 un entier tel que
P(n) soit vraie. Montrons
P(n−1).
Soient
x1,…,xn−1 des réels positifs. Posons
c=n−1x1+⋯+xn−1, réel positif tel que
x1+⋯+xn−1=(n−1)c.
P(n) appliquée aux
n réels positifs
x1,…,xn−1,c donne
x1⋯xn−1×c≤(n(n−1)c+c)n=cn.
Premier cas :
c>0. En divisant par
c>0, on obtient
x1⋯xn−1≤cn−1.
Second cas :
c=0. Alors
x1+⋯+xn−1=0 ; une somme de réels positifs n'est nulle que si chacun d'eux est nul, donc
x1⋯xn−1=0=cn−1, puisque
n−1≥1.
Dans les deux cas,
x1⋯xn−1≤(n−1x1+⋯+xn−1)n−1. Les réels positifs
x1,…,xn−1 étant quelconques,
P(n−1) est vraie.
3) Étape 1 : les puissances de
2. Pour tout
k∈N, notons
Q(k) l'assertion :
P(2k) est vraie.
Initialisation. Comme
20=1,
Q(0) est l'assertion
P(1), vraie d'après 1).
Hérédité. Soit
k∈N tel que
Q(k) soit vraie. Montrons
Q(k+1). L'entier
2k vérifie
2k≥1 et
P(2k) est vraie, donc le résultat de 1) appliqué à l'entier
2k montre que
P(2×2k), c'est-à-dire
P(2k+1), est vraie :
Q(k+1) est vraie.
Par récurrence,
P(2k) est vraie pour tout
k∈N.
Étape 2 : la descente. Soit
n∈N∗. Montrons
P(n).
D'après la formule du binôme,
2n=∑j=0n(jn)≥(0n)+(1n)=1+n, puisque tous les termes de la somme sont positifs et que
n≥1 ; donc
n<2n.
Montrons par récurrence descendante que
P(m) est vraie pour tout
m∈[[n,2n]].
Initialisation au rang
2n. L'étape 1 appliquée à
k=n donne
P(2n).
Hérédité. Soit
m∈[[n+1,2n]] tel que
P(m) soit vraie. Montrons
P(m−1). Comme
n≥1, on a
m≥n+1≥2, donc le résultat de 2) appliqué à l'entier
m montre que
P(m−1) est vraie.
Par récurrence descendante,
P(m) est vraie pour tout
m∈[[n,2n]] ; en particulier,
P(n) est vraie.
Conclusion. L'entier
n étant quelconque dans
N∗,
P(n) est vraie pour tout entier
n≥1 : c'est l'inégalité arithmético-géométrique, écrite sans racine.
À retenir : le doublement ne produit que les puissances de
2 ; la marche arrière, démontrée à part, atteint chaque entier depuis une puissance de
2 située au-dessus de lui, avec une lettre de descente distincte de l'entier fixé.