1)
12=8+3+1=F4+F2+F0 ;
20=13+5+2=F5+F3+F1 ;
33=21+8+3+1=F6+F4+F2+F0. À chaque étape, on retire le plus grand terme possible : c'est le procédé que la récurrence de la question 3) rend rigoureux.
2) Notons
E={j∈N∣Fj⩽N}. Comme
F0=1⩽N, on a
0∈E. Si
j⩾N, alors
Fj⩾j+1>N, donc
j∈/E :
E est majoré par
N−1. Partie non vide et majorée de
N,
E admet un plus grand élément
m. Comme
m+1∈/E, on a
N<Fm+1.
Supposons
N>Fm. Si l'on avait
m=0, on aurait
N<F1=2, donc
N⩽1=F0, ce qui contredit
N>Fm. Donc
m⩾1, et la relation de définition au rang
m−1∈N donne
Fm+1=Fm+Fm−1. Donc
N−Fm<Fm+1−Fm=Fm−1.
La condition
m⩾1 n'est pas un détail : pour
m=0, le terme
Fm−1 n'existe pas.
3) Pour tout entier
n⩾1, notons
P(n) : «
n est une somme de termes de
(Fj) d'indices lacunaires ».
Montrons par récurrence forte que
P(n) est vraie pour tout
n⩾1.
Initialisation. 1=F0 est une somme à un seul terme, donc
P(1) est vraie.
Hérédité. Soit
n⩾1 tel que
P(k) soit vraie pour tout
k∈[[1,n]]. Montrons
P(n+1).
D'après 2) appliquée à
N=n+1, notons
m le plus grand entier tel que
Fm⩽n+1.
Premier cas :
n+1=Fm. C'est une somme à un seul terme, donc
P(n+1) est vraie, sans recours à l'hypothèse de récurrence.
Second cas :
n+1>Fm. D'après 2),
m⩾1 et
n+1−Fm<Fm−1. Posons
r=n+1−Fm.
On a
r⩾1 car
n+1>Fm, et
r⩽n car
Fm⩾1. Donc
r∈[[1,n]].
Par hypothèse de récurrence appliquée au rang
r, il existe un entier
s⩾1 et une liste lacunaire
j1<⋯<js tels que
r=Fj1+⋯+Fjs.
Tous les termes étant positifs,
Fjs⩽r<Fm−1. Si l'on avait
js⩾m−1, la croissance de la suite donnerait
Fjs⩾Fm−1 ; donc
js⩽m−2, c'est-à-dire
m−js⩾2.
Ainsi
n+1=Fj1+⋯+Fjs+Fm, avec
j1<⋯<js<m, et deux indices voisins de cette liste diffèrent d'au moins
2 : la liste est lacunaire et
P(n+1) est vraie.
Dans les deux cas,
P(n+1) est vraie.
Conclusion. Par récurrence forte, tout entier
n⩾1 est une somme de termes de
(Fj) d'indices lacunaires.
4) Le rang appelé est
r=n+1−Fm, qui n'est en général pas
n : pour
n+1=12, on a
m=4 et
r=4, et
P(11) ne dit rien de
4. Une hypothèse réduite à
P(n) ne fournit donc pas
P(r).
Pour tout
n⩾1, notons
Q(n) : « pour tout
k∈[[1,n]],
k est une somme de termes de
(Fj) d'indices lacunaires ».
Q(1) équivaut à
P(1). Si
Q(n) est vraie, elle donne
P(r) puisque
r∈[[1,n]] ; l'argument de 3) fournit alors
P(n+1), et
Q(n) et
P(n+1) donnent
Q(n+1). Par récurrence simple,
Q(n) est vraie pour tout
n⩾1, et elle donne
P(n) puisque
n∈[[1,n]].
À retenir : on encadre le reste
r des deux côtés avant l'appel, on traite à part le reste nul, et l'on vérifie que la relation de définition s'applique à l'indice utilisé.