1) Pour tout entier
n⩾n0, notons
Q(n) la proposition : pour tout
k∈{0,1,…,p−1},
P(n+k) est vraie. Autrement dit,
P(n),P(n+1),…,P(n+p−1) sont vraies.
Montrons par récurrence simple que
Q(n) est vraie pour tout entier
n⩾n0.
Initialisation.
Q(n0) affirme que
P(n0),…,P(n0+p−1) sont vraies : c'est exactement (H1). Donc
Q(n0) est vraie.
Hérédité. Soit
n⩾n0 un entier tel que
Q(n) soit vraie. Montrons
Q(n+1), c'est-à-dire que
P(n+1+k) est vraie pour tout
k∈{0,1,…,p−1}.
Soit
k∈{0,1,…,p−1}. Deux cas se présentent, qui couvrent toutes les valeurs de
k (si
p=1, seul le second existe).
Premier cas :
k⩽p−2. Alors
k+1∈{1,…,p−1}, donc
P(n+(k+1)) figure dans
Q(n) : elle est vraie.
Second cas :
k=p−1. Alors
n+1+k=n+p. Comme
n⩾n0 et que
P(n),…,P(n+p−1) sont vraies d'après
Q(n), l'hypothèse (H2) appliquée à cet entier
n montre que
P(n+p) est vraie.
Ainsi
P(n+1+k) est vraie pour tout
k∈{0,1,…,p−1}, donc
Q(n+1) est vraie.
Conclusion.
Q(n0) est vraie et, pour tout entier
n⩾n0,
Q(n) entraîne
Q(n+1) ; par récurrence simple,
Q(n) est vraie pour tout entier
n⩾n0. En particulier, en prenant
k=0,
P(n) est vraie pour tout entier
n⩾n0.
2) Pour tout
n∈N, notons
P(n) la proposition :
n=j.
Rangs initiaux. Pour tout
k∈{0,1,…,p−1} distinct de
j,
P(k) est vraie. En revanche
P(j) est fausse, donc
P n'est pas vraie pour tout
n∈N.
Vérifions (H2). Soit
n∈N tel que
P(n),P(n+1),…,P(n+p−1) soient vraies. Montrons que
P(n+p) est vraie, c'est-à-dire que
n+p=j.
Comme
n⩾0 et
j⩽p−1, on a
n+p⩾p>p−1⩾j, donc
n+p=j :
P(n+p) est vraie, et (H2) est vérifiée.
L'hypothèse sur les rangs
n à
n+p−1 n'a d'ailleurs pas servi : le seul rang où
P est fausse,
j, est inférieur à
p, si bien que
P(n+p) est vraie pour tout
n∈N.
Conclusion. Pour chaque rang
j, cette propriété satisfait l'hérédité d'ordre
p et toutes les initialisations sauf celle du rang
j, sans être vraie partout. Aucune des
p initialisations ne peut donc être omise : une récurrence d'ordre
p exige les
p rangs consécutifs
P(n0),…,P(n0+p−1). Pour
p=2 et
j=1, c'est l'initialisation aux seuls rangs
0 et
2 qui est mise en défaut.
3) Analyse. Soient
λ et
μ deux réels tels que, pour tout
n∈N,
un=λ2n+μ(−1)n. Aux rangs
0 et
1, on obtient
λ+μ=u0 et
2λ−μ=u1.
En ajoutant ces deux égalités,
3λ=u0+u1, donc
λ=3u0+u1, puis
μ=u0−λ=32u0−u1. Seul ce couple peut convenir ; il reste à vérifier qu'il convient.
Synthèse. Posons
λ=3u0+u1 et
μ=32u0−u1, réels fixés dans toute la suite. Pour tout
n∈N, notons
P(n) la proposition :
un=λ2n+μ(−1)n. Montrons par récurrence double que
P(n) est vraie pour tout
n∈N.
Initialisation.
λ20+μ(−1)0=λ+μ=3u0+u1+2u0−u1=u0, donc
P(0) est vraie.
λ21+μ(−1)1=2λ−μ=32u0+2u1−2u0+u1=u1, donc
P(1) est vraie.
Ainsi
P(0) et
P(1) sont vraies.
Hérédité. Soit
n∈N tel que
P(n) et
P(n+1) soient vraies. Montrons que
P(n+2) est vraie, c'est-à-dire que
un+2=λ2n+2+μ(−1)n+2.
Par hypothèse sur la suite,
un+2=un+1+2un.
D'après
P(n+1),
un+1=λ2n+1+μ(−1)n+1 ; d'après
P(n),
un=λ2n+μ(−1)n.
Donc
un+2=λ2n+1+μ(−1)n+1+2λ2n+2μ(−1)n.
Or
λ2n+1+2λ2n=2λ2n+1=λ2n+2, et
μ(−1)n+1+2μ(−1)n=−μ(−1)n+2μ(−1)n=μ(−1)n=μ(−1)n+2.
Donc
un+2=λ2n+2+μ(−1)n+2 ; ainsi
P(n+2) est vraie.
Conclusion.
P(0) et
P(1) sont vraies et, pour tout
n∈N,
P(n) et
P(n+1) entraînent
P(n+2) ; par récurrence double, cas
p=2 de la question 1),
P(n) est vraie pour tout
n∈N. Les réels
λ et
μ ainsi posés conviennent, ce qui prouve l'existence demandée.
À retenir : une récurrence d'ordre
p se ramène à une récurrence simple sur les
p derniers rangs, ses
p initialisations sont toutes indispensables, et deux constantes se déterminent par analyse sur les deux rangs de départ, la récurrence double assurant la synthèse.