1) Supposons par l'absurde qu'il existe trois entiers
m,
k et
k′ tels que
m=4k+1 et
m=4k′+3. Alors
4k+1=4k′+3, donc
4(k−k′)=2, puis
2(k−k′)=1 avec
k−k′∈Z : l'entier
1 serait pair, ce qui est impossible. L'hypothèse est donc fausse : aucun entier n'est à la fois de la forme
4k+1 et de la forme
4k+3.
Soit
m un entier impair : il existe
j∈Z tel que
m=2j+1. Si
j est pair, il existe
k∈Z tel que
j=2k, et
m=4k+1. Si
j est impair, il existe
k∈Z tel que
j=2k+1, et
m=4k+3. Dans les deux cas,
m est de l'une des deux formes.
2) Soient
m et
m′ deux entiers de la forme
4k+1 : il existe
k,k′∈Z tels que
m=4k+1 et
m′=4k′+1. Alors
mm′=16kk′+4k+4k′+1=4(4kk′+k+k′)+1, avec
4kk′+k+k′∈Z : l'entier
mm′ est de la forme
4k+1.
3) Diagnostic. Notons
P l'assertion «
N est de la forme
4k+3 » et
Q l'assertion «
N admet un diviseur premier de la forme
4k+3 ». La rédaction part de
¬Q et des données (
N≥2,
N impair) et aboutit à «
N est de la forme
4k+1 », c'est-à-dire, d'après 1), à
¬P. L'hypothèse
P n'intervient qu'à la dernière ligne, pour être contredite : c'est une contraposée déguisée, que l'on rédige comme telle.
Montrons la contraposée : si
N n'admet aucun diviseur premier de la forme
4k+3, alors
N n'est pas de la forme
4k+3.
Supposons que
N n'admette aucun diviseur premier de la forme
4k+3.
Comme
N≥2, il existe des nombres premiers
q1,…,qr tels que
N=q1q2⋯qr.
Soit
j∈{1,…,r}. Si
qj était pair, son multiple
N serait pair ; comme
N est impair,
qj est impair. D'après 1),
qj est de la forme
4k+1 ou de la forme
4k+3 ; étant un diviseur premier de
N, il n'est pas, par hypothèse, de la forme
4k+3 ; il est donc de la forme
4k+1.
Ceci valant pour tout
j∈{1,…,r}, les facteurs
q1,…,qr sont tous de la forme
4k+1.
D'après 2), le produit
N=q1q2⋯qr est de la forme
4k+1, donc, d'après 1), il n'est pas de la forme
4k+3.
La contraposée est établie : si
N est de la forme
4k+3, alors
N admet un diviseur premier de la forme
4k+3.
4) Supposons par l'absurde que l'ensemble des nombres premiers de la forme
4k+3 soit fini.
Il est non vide, puisque
3=4×0+3 est premier ; notons
n≥1 son nombre d'éléments et
p1,…,pn ses éléments.
Posons
N=4p1p2⋯pn−1. On a
N=4(p1p2⋯pn−1)+3 avec
p1p2⋯pn−1∈Z, donc
N est de la forme
4k+3 ; il est impair, puisque
N=2(2(p1p2⋯pn−1)+1)+1. De plus, chaque
pi est supérieur ou égal à
3, donc
N≥4×3−1=11, et en particulier
N≥2.
D'après 3),
N admet un diviseur premier
p de la forme
4k+3.
Le nombre
p appartient donc à l'ensemble des nombres premiers de la forme
4k+3 : il existe
i∈{1,…,n} tel que
p=pi.
Ainsi
p divise
4p1p2⋯pn ; comme
p divise aussi
N, il divise la différence
4p1p2⋯pn−N=1.
Un entier naturel qui divise
1 vaut
1, donc
p=1, ce qui contredit
p≥2, vrai pour tout nombre premier.
L'hypothèse est donc fausse : il existe une infinité de nombres premiers de la forme
4k+3.
Ici l'hypothèse de l'absurde travaille avant la contradiction : c'est elle qui fournit la liste
p1,…,pn avec laquelle on construit
N, et c'est encore elle qui garantit que le diviseur
p figure dans cette liste. Elle ne sert pas seulement à être contredite : l'absurde est justifié.
5) Il faudrait l'analogue de 3) : « tout entier de la forme
4k+1 admet un diviseur premier de la forme
4k+1 ». Cet énoncé est faux :
21=4×5+1 est de la forme
4k+1, et ses diviseurs premiers
3 et
7 sont de la forme
4k+3. La preuve de 3) ne se transpose pas : elle utilisait que des facteurs tous de la forme
4k+1 donnent un produit de la forme
4k+1, alors qu'ici il faudrait que des facteurs tous de la forme
4k+3 donnent un produit de la forme
4k+3, ce qui est faux puisque
(4k+3)(4k′+3)=4(4kk′+3k+3k′+2)+1.
L'exemple est celui du raisonnement lui-même : si la liste se réduisait à
5, on obtiendrait
4×5+1=21, qui n'a aucun diviseur premier de la forme
4k+1. L'étape qui devait mener à la contradiction n'est pas justifiée, et le raisonnement s'arrête. Le résultat est pourtant vrai, mais sa démonstration élémentaire utilise un autre entier,
4(p1p2⋯pn)2+1, et un lemme plus fin.