1) Posons
S0=0 et, pour tout
k∈{1,…,n},
Sk=a1+⋯+ak. Ce sont
n+1 entiers.
Pour tout
k∈{0,…,n}, notons
rk le reste de la division euclidienne de
Sk par
n ; on a
rk∈{0,1,…,n−1}.
Rangeons chaque
Sk dans le tiroir de son reste
rk : il y a
n tiroirs, et chaque somme est dans exactement un tiroir.
On range ainsi
n+1 sommes dans
n tiroirs, et
n+1>n.
D'après le principe des tiroirs, il existe deux indices distincts
p et
q de
{0,…,n} tels que
rp=rq ; quitte à les échanger, on suppose
p<q.
Par définition de la division euclidienne, il existe deux entiers
mp et
mq tels que
Sp=nmp+rp et
Sq=nmq+rq. Comme
rp=rq, on a
Sq−Sp=n(mq−mp), donc
n divise
Sq−Sp.
Or
Sq−Sp=ap+1+⋯+aq, car les termes
a1,…,ap figurent dans les deux sommes (il n'y en a aucun si
p=0).
Posons
i=p+1 et
j=q. Comme
0≤p<q≤n, on a
1≤i≤j≤n, et
n divise
ai+⋯+aj.
Il existe donc deux indices
i et
j tels que
1≤i≤j≤n et que
n divise
ai+ai+1+⋯+aj.
2) Prenons
a1=⋯=an−1=1. Soient
i et
j tels que
1≤i≤j≤n−1. Alors
ai+⋯+aj=j−i+1, entier compris entre
1 et
n−1. Un multiple strictement positif de
n vaut au moins
n, donc
n ne divise pas cette somme. Avec
n−1 termes, on ne dispose que des
n sommes
S0,…,Sn−1 pour
n tiroirs : le comptage ne permet plus d'appliquer le principe, et l'exemple montre qu'aucun autre argument ne sauverait la conclusion.
3) La preuve ne désigne ni
i ni
j : le principe des tiroirs affirme qu'un tiroir contient deux sommes sans dire lequel, et la conclusion reste une existence. Sur des entiers donnés, on trouverait les indices en calculant les
n+1 restes, mais la démonstration n'a pas à le faire.
La somme
S0 fournit le
(n+1)-ième objet : sans elle, il reste
n sommes pour
n tiroirs, et le comptage tombe. On peut alors conclure par une disjonction de cas. Premier cas : l'un des
Sk, avec
1≤k≤n, est divisible par
n ; alors
i=1 et
j=k conviennent. Second cas : aucun ne l'est ; les
n sommes
S1,…,Sn ont leur reste dans les
n−1 tiroirs non nuls, et
n>n−1 permet de conclure comme en 1). La somme
S0 fait cette disjonction à notre place : si elle partage son tiroir avec une autre somme, on retombe exactement sur le premier cas.
À retenir : le choix des objets fait la preuve ; ranger les sommes partielles,
S0 comprise, transforme « une somme de termes consécutifs » en « différence de deux objets d'un même tiroir », et la conclusion affirme l'existence des indices sans les nommer.