1)
Choix du raisonnement. L'hypothèse «
2n−1 est premier » affirme qu'aucune factorisation n'existe : elle ne fournit aucune écriture exploitable. En revanche, «
n n'est pas premier » fournit une écriture
n=ab, et «
2n−1 n'est pas premier » demande d'exhiber un diviseur : on raisonne par contraposée, en conservant l'hypothèse de cadre
n≥2.
Rédaction.Soit
n∈N tel que
n≥2.
Comme
n≥2, la négation de «
n est premier » est «
n admet un diviseur
a tel que
2≤a≤n−1 ».
Raisonnons par contraposée, l'entier
n restant supérieur ou égal à
2 : montrons que si
n n'est pas premier, alors
2n−1 n'est pas premier.
Supposons
n non premier : il existe des entiers
a et
b tels que
n=ab et
2≤a≤n−1.
Comme
n>0 et
a>0, on a
b=an>0, donc
b≥1.
En appliquant l'identité admise au réel
q=2a et à l'entier
b, on obtient
2n−1=(2a)b−1=(2a−1)(1+2a+22a+⋯+2(b−1)a).
Posons
d=2a−1. Le second facteur est une somme de puissances de
2 d'exposants entiers naturels, donc un entier :
d divise
2n−1.
Comme
a≥2, on a
d≥22−1=3.
Comme
a≤n−1, on a
d≤2n−1−1 ; or
2n−2n−1=2n−1≥1, donc
2n−1−1≤2n−2, et
d≤2n−2.
Ainsi,
2n−1 admet un diviseur
d tel que
3≤d≤2n−2, distinct de
1 et de
2n−1 :
2n−1 n'est pas premier.
Nous avons démontré la contraposée, donc si
2n−1 est premier, alors
n est premier.
2) D'après 1), appliqué à l'entier
91, qui vérifie
91≥2 : si
291−1 est premier, alors
91 est premier.
Or
91=7×13, donc
7 est un diviseur de
91 tel que
2≤7≤90 :
91 n'est pas premier.
Donc, par contraposée,
291−1 n'est pas premier.
Aucun calcul sur
291−1 n'a été nécessaire : la conclusion négative découle de la contraposée d'un résultat établi.
3) Réciproque : pour tout entier
n≥2, si
n est premier, alors
2n−1 est premier.
C'est un énoncé universel : un contre-exemple suffit à le réfuter.
L'entier
11 est premier, car aucun entier compris entre
2 et
10 ne le divise.
Pourtant
211−1=23×89, donc
23 est un diviseur de
211−1 tel que
2≤23≤2046 :
211−1 n'est pas premier.
L'entier
n=11 vérifie
n≥2, «
n est premier » et «
2n−1 n'est pas premier » : la réciproque est fausse, alors que l'énoncé de 1) est vrai. Une implication et sa réciproque sont deux énoncés distincts.
4) L'étudiant part du résultat « si
2n−1 est premier, alors
n est premier », constate que son hypothèse est fausse pour
n=11 et en déduit que sa conclusion est fausse. Il utilise « si non
P, alors non
Q », c'est-à-dire la contraposée de la réciproque, qui équivaut à la réciproque et que 3) vient de réfuter ; sa conclusion est d'ailleurs fausse.
Sur un entier
n≥2 tel que
2n−1 n'est pas premier, le résultat de 1) ne permet de
rien conclure :
n=4 donne
24−1=15=3×5 avec
4 non premier, et
n=11 donne
211−1 non premier avec
11 premier. Le résultat ne s'utilise par contraposée que lorsque sa conclusion «
n est premier » est fausse, comme en 2).