1) D'après l'écriture de la négation d'une équivalence,
non(P⇔Q) équivaut à
(P et nonQ) ou (Q et nonP).
D'autre part, d'après l'écriture d'une équivalence comme « vraies ensemble ou fausses ensemble », appliquée aux assertions
nonP et
Q, l'assertion
(nonP)⇔Q équivaut à
(nonP et Q) ou (non(nonP) et nonQ).
Par double négation, elle équivaut à
(nonP et Q) ou (P et nonQ).
Par commutativité de « ou », elle équivaut à
(P et nonQ) ou (nonP et Q).
Par commutativité de « et », elle équivaut à
(P et nonQ) ou (Q et nonP).
Par transitivité de l'équivalence,
non(P⇔Q) et
(nonP)⇔Q sont logiquement équivalentes.
2) Commençons par une remarque. Soit
X une assertion. Par définition,
P⇔X est vraie exactement lorsque
P et
X ont la même valeur de vérité. Donc, si
P est vraie,
P⇔X a la même valeur de vérité que
X ; si
P est fausse,
P⇔X a la même valeur de vérité que
nonX.
Fixons les valeurs de vérité de
Q et de
R, et distinguons deux cas.
Premier cas :
P est vraie. D'après la remarque appliquée à l'assertion
Q⇔R, l'assertion
P⇔(Q⇔R) a la même valeur de vérité que
Q⇔R. D'après la remarque appliquée à
Q, l'assertion
P⇔Q a la même valeur de vérité que
Q ; remplacer une sous-assertion par une assertion de même valeur ne change pas la valeur de vérité, donc
(P⇔Q)⇔R a la même valeur de vérité que
Q⇔R. Les deux assertions ont donc la même valeur de vérité.
Second cas :
P est fausse. D'après la remarque,
P⇔(Q⇔R) a la même valeur de vérité que
non(Q⇔R). De même,
P⇔Q a la même valeur de vérité que
nonQ, donc
(P⇔Q)⇔R a la même valeur de vérité que
(nonQ)⇔R. Or, d'après 1) appliqué aux assertions
Q et
R, l'assertion
(nonQ)⇔R équivaut à
non(Q⇔R). Les deux assertions ont donc encore la même valeur de vérité.
Dans les deux cas, et quelles que soient les valeurs de
Q et de
R, les deux assertions ont la même valeur de vérité : elles sont logiquement équivalentes.
3) Fixons les valeurs de vérité de
P,
Q et
R, et notons
N le nombre d'assertions fausses parmi
Q et
R, qui vaut
0,
1 ou
2.
Premier cas :
P est vraie. D'après la remarque de 2),
P⇔(Q⇔R) a la même valeur de vérité que
Q⇔R, qui est vraie si et seulement si
Q et
R ont la même valeur, c'est-à-dire si et seulement si
N=0 ou
N=2. Comme
P est vraie, le nombre d'assertions fausses parmi
P,
Q et
R vaut
N ; il est pair si et seulement si
N=0 ou
N=2.
Second cas :
P est fausse. D'après la remarque de 2),
P⇔(Q⇔R) a la même valeur de vérité que
non(Q⇔R), qui est vraie si et seulement si
Q et
R ont des valeurs différentes, c'est-à-dire si et seulement si
N=1. Comme
P est fausse, le nombre d'assertions fausses parmi
P,
Q et
R vaut
N+1 ; il est pair si et seulement si
N=1.
Dans les deux cas,
P⇔(Q⇔R) est vraie si et seulement si le nombre d'assertions fausses parmi
P,
Q et
R est pair.
Prenons maintenant
P vraie,
Q et
R fausses. Comme
Q et
R sont fausses toutes deux,
Q⇔R est vraie ; comme
P est vraie,
P⇔(Q⇔R) est vraie, et d'après 2),
(P⇔Q)⇔R est vraie elle aussi. Pourtant
P,
Q et
R n'ont pas la même valeur de vérité. La lecture de l'étudiant est donc fausse, quelle que soit la place des parenthèses : pour dire que trois assertions ont la même valeur de vérité, on écrit «
P⇔Q et
Q⇔R ».
4) Distinguons trois cas, qui couvrent toutes les situations.
Premier cas :
R est vraie. L'implication
(P⇒Q)⇒R a une conclusion vraie, donc elle est vraie. L'implication
Q⇒R a une conclusion vraie, donc elle est vraie ; par suite,
P⇒(Q⇒R) a une conclusion vraie, donc elle est vraie. Les deux assertions ont la même valeur de vérité.
Deuxième cas :
R est fausse et
P est vraie. L'implication
P⇒Q, dont l'hypothèse est vraie, a la même valeur de vérité que sa conclusion
Q ; donc
(P⇒Q)⇒R a la même valeur de vérité que
Q⇒R. L'implication
P⇒(Q⇒R), dont l'hypothèse est vraie, a elle aussi la même valeur de vérité que sa conclusion
Q⇒R. Les deux assertions ont la même valeur de vérité.
Troisième cas :
R et
P sont fausses. L'implication
P⇒Q a une hypothèse fausse, donc elle est vraie ; l'implication
(P⇒Q)⇒R a donc une hypothèse vraie et une conclusion fausse : elle est fausse. L'implication
P⇒(Q⇒R) a une hypothèse fausse : elle est vraie. Les deux assertions ont des valeurs de vérité différentes.
Les deux premiers cas réunissent exactement les situations où
P et
R ne sont pas fausses toutes deux, et le troisième celles où elles le sont. Les deux assertions ont donc des valeurs de vérité différentes si et seulement si
P et
R sont fausses.
Montrons que
((P⇒Q)⇒R)⇒(P⇒(Q⇒R)) est toujours vraie. Si
P et
R ne sont pas fausses toutes deux, ses deux membres ont la même valeur de vérité : ou bien ils sont vrais, et sa conclusion est vraie, ou bien ils sont faux, et son hypothèse est fausse ; dans les deux cas, l'implication est vraie. Si
P et
R sont fausses, son hypothèse
(P⇒Q)⇒R est fausse d'après le troisième cas, donc l'implication est vraie.
Sa réciproque, en revanche, est fausse lorsque
P et
R sont fausses : son hypothèse
P⇒(Q⇒R) est alors vraie et sa conclusion
(P⇒Q)⇒R est fausse.
Ainsi, l'implication n'est pas associative au sens précis suivant : passer de
P⇒(Q⇒R) à
(P⇒Q)⇒R rend fausse une assertion vraie exactement lorsque
P et
R sont fausses, tandis que le passage inverse ne le fait jamais.
À retenir : pour comparer deux assertions composées sans dresser une table à huit lignes, on distingue quelques cas bien choisis, chacun tranché par la définition du connecteur principal ; l'équivalence est associative, l'implication ne l'est pas.