1) Sens direct. Supposons que
∀t∈E, (A ou P(t)), la variable muette étant nommée
t. Montrons que
A ou
∀x∈E, P(x).
Premier cas :
A est vraie. Alors «
A ou
∀x∈E, P(x) » est vraie.
Second cas :
A est fausse. Montrons que
∀x∈E, P(x).
Soit
x∈E. L'hypothèse appliquée à
t=x donne «
A ou
P(x) ». Or
A est fausse, donc
P(x) est vraie.
Ceci valant pour tout
x∈E, on a
∀x∈E, P(x), donc «
A ou
∀x∈E, P(x) » est vraie.
Dans les deux cas,
A ou
∀x∈E, P(x).
Sens réciproque. Supposons que
A ou
∀t∈E, P(t). Soit
x∈E. Montrons que
A ou
P(x).
Premier cas :
A est vraie. Alors «
A ou
P(x) » est vraie.
Second cas :
∀t∈E, P(t). Appliquée à
t=x, cette hypothèse donne
P(x), donc «
A ou
P(x) » est vraie.
Dans les deux cas, «
A ou
P(x) » est vraie. Ceci valant pour tout
x∈E, on a
∀x∈E, (A ou P(x)).
Les deux implications sont démontrées, donc les deux assertions sont équivalentes.
2) Sens direct : la disjonction de cas sur
A est faite une seule fois, avant « Soit
x∈E », et le cas «
A est fausse » sert ensuite pour tous les éléments
x. C'est légitime parce que la valeur de vérité de
A ne change pas quand
x varie.
Sens réciproque : dans le cas «
A est vraie », l'assertion
A a été supposée avant « Soit
x∈E », et l'on en tire «
A ou
P(x) » pour l'élément
x introduit ensuite. C'est légitime parce que
A ne parle pas de
x : c'est la même assertion pour chaque élément de
E. Si
A contenait
x, cette lettre désignerait dans l'hypothèse un objet déjà fixé, et « Soit
x∈E » introduirait un autre objet sous le même nom.
3) Sens direct. Prenons
E=R, le prédicat «
x≥0 » à la place de
A et «
x≤0 » pour
P(x).
Le membre de gauche s'écrit
∀x∈R, (x≥0 ou x≤0) ; la lettre
x du prédicat mis à la place de
A y est liée par le
∀ : c'est là qu'elle est capturée. Ce membre est une assertion vraie : soit
x∈R ; si
x<0, alors
x≤0, et sinon
x≥0.
Le membre de droite s'écrit «
x≥0 ou
∀t∈R, t≤0 » ; on y renomme la variable muette en
t pour ne pas la confondre avec la lettre libre
x de «
x≥0 », placée avant le quantificateur et donc hors de sa portée. Ce membre est ainsi un prédicat en
x.
Pour
x=−1, ce prédicat est faux :
−1≥0 est fausse, et
∀t∈R, t≤0 est fausse, car
1>0.
Ainsi, pour
x=−1, le membre de gauche est vrai et celui de droite est faux : le sens direct tombe.
Sens réciproque. Gardons «
x≥0 » à la place de
A et prenons «
x≥5 » pour
P(x).
Le membre de droite s'écrit «
x≥0 ou
∀t∈R, t≥5 » ; pour
x=1, il est vrai, puisque
1≥0.
Le membre de gauche,
∀x∈R, (x≥0 ou x≥5), est une assertion fausse : le réel
−1 vérifie
−1<0 et
−1<5.
Ainsi, pour
x=1, le membre de droite est vrai et celui de gauche est faux : le sens réciproque tombe.
Sortir du quantificateur un membre qui dépend de la variable libère cette variable, et l'équivalence tombe dans les deux sens ; le premier exemple retrouve le « pour tout » face au « ou », qui ne se distribue pas.