1) Procédons par analyse-synthèse.
Analyse. Soit
f∈Sλ. Soit
x∈R.
En appliquant
(Eλ) au réel
x, on obtient
f(x)+λf(−x)=x2.
En appliquant
(Eλ) au réel
−x, on obtient
f(−x)+λf(x)=x2.
En retranchant de la première égalité
λ fois la seconde, on obtient
(1−λ2)f(x)=(1−λ)x2.
Comme
λ∈/{−1,1}, les réels
1−λ et
1+λ sont non nuls, donc
1−λ2=(1−λ)(1+λ)=0, et
f(x)=(1−λ)(1+λ)(1−λ)x2=1+λx2.
Ceci valant pour tout réel
x : si
f∈Sλ, alors nécessairement
f est la fonction
x↦1+λx2.
Synthèse. Réciproquement, soit
g la fonction définie sur
R par
g(x)=1+λx2, qui a un sens car
1+λ=0. Soit
x∈R.
On a
g(x)+λg(−x)=1+λx2+1+λλx2=1+λ(1+λ)x2=x2.
Ceci valant pour tout réel
x,
g vérifie
(Eλ).
Conclusion. Pour
λ∈/{−1,1},
Sλ={x↦1+λx2}.
2) Pour
λ=−1, la condition s'écrit : pour tout réel
x,
f(x)−f(−x)=x2.
Analyse. Soit
f∈S−1. En appliquant la condition au réel
1, on obtient
f(1)−f(−1)=1 ; en l'appliquant au réel
−1, on obtient
f(−1)−f(1)=1. En additionnant ces deux égalités, on obtient
0=2, ce qui est absurde.
Ainsi, l'hypothèse «
f∈S−1 » mène à une contradiction : l'analyse ne laisse aucun candidat, et il n'y a pas de synthèse à mener.
Conclusion. S−1=∅ : aucune fonction ne vérifie la condition.
3) a) Pour
λ=1, la condition écrite en
−x s'écrit
f(−x)+f(x)=(−x)2=x2 : c'est exactement la condition écrite en
x. Les deux égalités étant identiques, toute combinaison se ramène à un multiple de l'une d'elles, et la relation
(1−λ2)f(x)=(1−λ)x2 devient
0=0. Ce n'est pas une contradiction mais une absence d'information : l'analyse doit exploiter la condition autrement.
b) Procédons par analyse-synthèse.
Analyse. Soit
f∈S1, et soit
h la fonction définie sur
R par
h(x)=f(x)−2x2. Soit
x∈R.
On a
h(x)+h(−x)=f(x)+f(−x)−2x2−2(−x)2=f(x)+f(−x)−x2.
Or
f(x)+f(−x)=x2 puisque
f∈S1, donc
h(x)+h(−x)=0, donc
h(−x)=−h(x).
Ceci valant pour tout réel
x,
h est impaire, et pour tout réel
x,
f(x)=2x2+h(x).
Ainsi, si
f∈S1, alors nécessairement il existe une fonction impaire
k:R→R telle que pour tout réel
x,
f(x)=2x2+k(x).
Synthèse. Réciproquement, soit
k:R→R une fonction impaire, et soit
g la fonction définie sur
R par
g(x)=2x2+k(x). Soit
x∈R.
Comme
k est impaire,
k(−x)=−k(x), donc
g(x)+g(−x)=2x2+k(x)+2x2−k(x)=x2.
Ceci valant pour tout réel
x,
g vérifie
(E1), et ce pour toute fonction impaire
k.
Conclusion. S1 est l'ensemble des fonctions
x↦2x2+k(x), où
k décrit les fonctions impaires de
R dans
R ; il est infini, puisqu'il contient par exemple les fonctions
x↦2x2+mx pour tout réel
m.
c) En reportant
f(x)=ax2+bx+c dans
(E1), l'étudiant obtient
2ax2+2c=x2 pour tout réel
x ; en
x=0, il en tire
c=0, puis en
x=1,
a=21, tandis que
b reste quelconque. Il trouve les fonctions
x↦2x2+bx, avec
b∈R, qui conviennent bien. Mais sa démarche ajoute l'hypothèse «
f est polynomiale de degré au plus
2 », que l'énoncé ne donne pas : elle détermine les solutions de cette forme, sans prouver qu'il n'y en a pas d'autres. Or il y en a : la fonction
x↦x3 est impaire, donc
x↦2x2+x3 appartient à
S1, puisque
2x2+x3+2x2−x3=x2 pour tout réel
x.
4) Si
λ∈/{−1,1} : une unique solution ; l'analyse, qui ne laisse qu'un candidat, donne l'unicité, et la synthèse l'existence.
Si
λ=−1 : aucune solution ; c'est l'analyse seule qui répond, en aboutissant à une contradiction.
Si
λ=1 : une infinité de solutions ; l'analyse décrit une famille de candidats indexée par les fonctions impaires, et la synthèse établit qu'ils conviennent tous.
Un même schéma de calcul conduit donc à une, zéro ou une infinité de solutions : leur nombre ne se lit qu'à l'issue des deux phases, jamais sur la seule forme de la condition.