Arbre pondéré, probabilités conditionnelles, formule des probabilités totales, loi binomiale : l'exercice de probabilités, question par question.
Au moins une question dans 19 sujets de bac sur 24 analysés · chapitres liés : Probabilités conditionnelles et variables aléatoires, Loi binomiale et somme de variables aléatoires, Concentration et loi des grands nombres
Pourquoi c'est partout
L'exercice de probabilités est l'un des plus réguliers du bac, et l'un des plus prévisibles : un arbre en partie A, une loi binomiale en partie B, parfois une somme de variables aléatoires.
Les questions se ressemblent d'un sujet à l'autre : construire l'arbre, calculer une probabilité d'intersection, une probabilité totale, puis remonter l'arbre « à rebours ». Ce qui fait la différence, c'est la traduction de l'énoncé en notations : savoir si « 30 % des malades » est une probabilité conditionnelle ou une intersection.
Ce qu'il faut savoir
Les règles de l'arbre pondéré
Règle 1 : la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut 1.
Règle 2 : la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités rencontrées.
Règle 3 : sur une branche du second niveau, on lit une probabilité conditionnelle : celle de l'évènement d'arrivée, sachant celui de départ.
Probabilité conditionnelle
La probabilité de BsachantA (avec P(A)=0) :
PA(B)=P(A)P(A∩B)
Retournée, elle donne la probabilité d'une intersection :
P(A∩B)=P(A)×PA(B)
Traduction : « parmi les A, 30% sont B » donne PA(B)=0,3. « 30% des individus sont A et B » donne P(A∩B)=0,3.
Probabilités totales et indépendance
Formule des probabilités totales : A et A forment une partition, donc
P(B)=P(A∩B)+P(A∩B)
Sur l'arbre, on additionne tous les chemins qui mènent à B.
Indépendance : A et B sont indépendants si P(A∩B)=P(A)×P(B), ce qui revient à PA(B)=P(B) (savoir A ne change rien à B).
Variable aléatoire et espérance
Une variable aléatoireX associe un nombre à chaque issue (un gain, un nombre de succès…). Sa loi est le tableau des valeurs xi et des probabilités pi (dont la somme vaut 1).
L'espérance est la moyenne des valeurs, pondérée par leurs probabilités :
E(X)=x1p1+x2p2+⋯+xnpn
On l'interprète comme une moyenne sur un grand nombre de répétitions (gain moyen par partie).
La loi binomiale (Terminale)
On répète n fois, de façon identique et indépendante, une épreuve à deux issues (succès de probabilité p, échec). Le nombre X de succès suit la loi binomiale B(n;p).
P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k
E(X)=np
V(X)=np(1−p)
L'écart type vaut donc σ(X)=np(1−p).
« Au moins un succès » : on passe par le contraire, P(X≥1)=1−P(X=0)=1−(1−p)n.
Variance, écart type et linéarité
La variance est la moyenne des carrés des écarts à l'espérance, pondérée par les probabilités :
V(X)=p1(x1−E(X))2+⋯+pn(xn−E(X))2
L'écart typeσ(X)=V(X), dans l'unité de X, mesure la dispersion autour de E(X). Pour calculer, on utilise souvent V(X)=E(X2)−E(X)2.
Transformation affine : E(aX+b)=aE(X)+b et V(aX+b)=a2V(X).
Linéarité de l'espérance : E(X+Y)=E(X)+E(Y), toujours, sans connaître la loi de X+Y. Pour la variance, V(X+Y)=V(X)+V(Y) seulement si X et Y sont indépendantes (Terminale).
Somme, moyenne et concentration (Terminale)
Pour un échantillon X1,…,Xn de variables indépendantes, de même loi que X, la somme Sn et la moyenne Mn=nSn vérifient :
E(Sn)=nE(X)
V(Sn)=nV(X)
E(Mn)=E(X)
V(Mn)=nV(X)
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour tout réel δ>0, P(∣X−E(X)∣≥δ)≤δ2V(X).
Inégalité de concentration : P(∣Mn−E(X)∣≥δ)≤nδ2V(X). Cette borne tend vers 0 quand n grandit : c'est la loi des grands nombres.
Les questions types
1
« Représenter la situation par un arbre pondéré »
Toujours la première question. L'arbre conditionne tout le reste.
1. Identifier l'ordre chronologique : le premier niveau est ce qu'on connaît « sans condition ».
2. Placer les probabilités de l'énoncé, puis compléter par 1−p sur chaque nœud.
3. Vérifier : les branches issues d'un même nœud somment à 1.
« Déterminer le plus petit entier k tel que P(X≤k)≥0,95 »
Terminale
Terminale. Loi binomiale : un stock, un nombre de places, un seuil d'alerte, lu dans les probabilités cumulées.
1. Afficher à la calculatrice les probabilités cumulées P(X≤k) de la loi B(n;p) pour plusieurs valeurs de k.
2. Repérer deux valeurs consécutives qui encadrent 0,95 : P(X≤k−1)<0,95≤P(X≤k).
3. Écrire ces deux probabilités, puis conclure par le plus petit k qui convient et l'interpréter dans le contexte.
Exemples rédigés comme au bac
Exemple 1re
Dans une population, 5% des personnes sont atteintes d'une maladie. Un test de dépistage est positif pour 98% des personnes malades, et pour 4% des personnes non malades. On choisit une personne au hasard et on note M : « la personne est malade » et T : « le test est positif ».
1. Construire un arbre pondéré.
2. Calculer P(M∩T).
3. Montrer que P(T)=0,087.
4. Le test d'une personne est positif. Quelle est la probabilité qu'elle soit malade ? Commenter.
Rédaction
1.Traduction de l'énoncé : « 5% des personnes sont malades » donne P(M)=0,05. « Positif pour 98% des malades » est une probabilité sachantM : PM(T)=0,98. De même, PM(T)=0,04.
On complète chaque nœud par 1−p : P(M)=0,95, PM(T)=0,02, PM(T)=0,96.
2. On suit le chemin M puis T et on multiplie :
P(M∩T)=P(M)×PM(T)
P(M∩T)=0,05×0,98=0,049
3. Deux chemins mènent à T : en passant par M, ou par M. D'après la formule des probabilités totales :
P(T)=P(M∩T)+P(M∩T)
On calcule le second chemin : P(M∩T)=0,95×0,04=0,038. Donc :
P(T)=0,049+0,038=0,087
4. On cherche PT(M) : c'est l'inverse de ce que donne l'arbre. On revient à la définition :
PT(M)=P(T)P(M∩T)
PT(M)=0,0870,049≈0,563
Commentaire : même avec un test positif, la probabilité d'être malade n'est que d'environ 56%. La maladie est rare (5%), donc les « faux positifs » parmi les nombreuses personnes saines pèsent lourd : un test positif doit être confirmé par un second examen.
Exemple Terminale
Un QCM comporte 10 questions indépendantes, avec 4 réponses proposées dont une seule est juste. Un élève répond entièrement au hasard. On note X le nombre de bonnes réponses.
1. Justifier que X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
2. Calculer P(X=3) et P(X≥1), arrondies au millième.
3. Calculer E(X) et l'interpréter.
4. Combien de questions faudrait-il pour que la probabilité d'avoir au moins une bonne réponse dépasse 0,99 ?
Rédaction
1. Chaque question est une épreuve à deux issues : succès « réponse juste », de probabilité p=41=0,25, ou échec. Elle est répétée 10 fois de façon identique et indépendante. X compte le nombre de succès : X suit la loi binomiale B(10;0,25).
2. On applique la formule avec n=10, k=3, p=0,25 et 1−p=0,75 :
P(X=3)=(310)×0,253×0,757
(310)=120 (à la calculatrice, ou 3×2×110×9×8), donc P(X=3)≈0,250.
Au moins une bonne réponse : on passe par l'évènement contraire, « aucune bonne réponse », c'est-à-dire X=0.
P(X≥1)=1−P(X=0)=1−0,7510
0,7510≈0,056, donc P(X≥1)≈0,944.
3.E(X)=np=10×0,25=2,5.
Interprétation : en répondant au hasard, un élève obtient en moyenne 2,5 bonnes réponses sur 10 (moyenne sur un grand nombre d'élèves dans la même situation).
4. Avec n questions, P(X≥1)=1−0,75n. On cherche le plus petit n tel que :
1−0,75n≥0,99
0,75n≤0,01
On applique ln, croissante :
nln(0,75)≤ln(0,01)
ln(0,75)<0 (car 0,75<1) : en divisant, le sens s'inverse.
n≥ln(0,75)ln(0,01)≈16,01
Il faut donc au moins 17 questions. Vérification : 0,7516≈0,01002>0,01 et 0,7517≈0,0075≤0,01.
Pièges classiques
Confondre PA(B) et P(A∩B) : « 98% des malades » est conditionnel, « 4,9% des gens sont malades et positifs » est une intersection.
Confondre PA(B) et PB(A) : l'arbre donne l'un, l'énoncé demande souvent l'autre.
Oublier un chemin dans la formule des probabilités totales : lister tous les chemins qui mènent à l'évènement.
Justifier une loi binomiale sans les mots « identique » et « indépendante », ou sans préciser n et p.
Calculer « au moins un » en additionnantP(X=1)+P(X=2)+… : passer par le contraire est plus rapide et plus sûr.
Garder le sens de l'inégalité en divisant par ln(0,75), qui est négatif.
Additionner des variances sans indépendance : V(X+X)=V(2X)=4V(X), et non 2V(X).
Avant de rendre la copie
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Chaque donnée de l'énoncé est traduite en notation (P(A), PA(B) ou P(A∩B)).
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Les branches de chaque nœud de l'arbre somment à 1.
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La formule utilisée est écrite avant le calcul (intersection, probabilités totales, conditionnelle).
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La loi binomiale est justifiée avec ses deux paramètres.
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Les résultats sont arrondis comme demandé, et interprétés quand l'énoncé le demande.